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proget pedagogique des élèves du lycée Marguerite de navarre, autour de la migration.

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A la croisée des chemins : Alençon

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L'idée du projet était d'inviter les élèves à interviewer des personnes ayant migré en France.
Covid oblige, les élèves ont cherché dans leurs cercles proches : une(e) ami(e), un grand-père, une voisine, un(e) ami(e) de famille, leur médecin.

En sortant du stéréotype de la représentation du migrant fuyant la guerre ou la famine, la définition même du mot "migrant" a changé dans leurs esprits.

Leur travail est juste époustouflant et appelle à la réflexion sur nos propres manières de définir des humains cherchant simplement une vie meilleure aillleurs.

Bravo à toutes et tous !

Anne Charlotte Compan et Michael Bunel


Note d'intention

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Tarek est un médecin franco-syrien installé à Alençon depuis un peu plus de deux ans, après une dizaine d’années passées à se former à Lyon. Il a acquis la nationalité française récemment. Son parcours est alors particulier puisqu’il n’a pas fui la Syrie, mais a été contraint de rester en France à cause de la guerre en Syrie.

Son prénom a été modifié. En effet, il a accepté de partager son histoire mais souhaite garder l’anonymat pour des raisons professionnelles.

TAREK (Syrie)

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IVE (Italie)

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Production réalisée dans le cadre du projet "migrations" par Aïcha et Marwa après l'interview de leur grand-père Hassan, arrivé du Maroc en 1969.

Dans les pas d'ASSAN (Maroc)

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Ma maman, enseignante, accompagnant des EANA (élèves Allophones Nouvellement Arrivés) m’a présenté Madame Osmani. Cette femme, originaire du Kososvo, a fait ce long voyage jusqu’en France pour demander l’asile.

Mme OSMANI (Kosovo)

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Est-ce-que j’ai aimé ce projet ?    

Oui, nous avons bien aimé ce projet ; apprendre des choses sur un sujet aussi intéressant que la migration, travailler avec des professionnels de ce domaine, c’est vraiment une bonne expérience. Nous avons étudié des cas de migrations plus ou moins larges ; migration de masse, camps de réfugiés ou encore des personnes. On découvre toujours plus de nouvelles choses, d’une approche journalistique, personnelle et géopolitique.
                                                                                                                                                                                                                                 
Qu’est-ce-que ce projet m’a appris, qu’est-ce-que j’ai découvert ?       

Ce projet nous a apporté beaucoup , sur un point de vue journalistique comme sur les multiples connaissances acquises. Nous avons vu comment réaliser une interview, comment prendre de belles photos (par « belle » j’entends plus « marquantes ») journalistiques, etc. Sur un point de vue géopolitique nous avons également appris beaucoup de choses, comme les situations migratoires un peu partout dans le monde et les problèmes que cela suscite aujourd’hui.


Ce projet m’a-t’il permit de changer mon regard sur la migration ?

Ce projet n’a réellement changé notre regard sur la migration, il a seulement rendu les choses plus concrètes : plutôt que d’entendre des faits sur les migrants à la télévision, à la radio, nous avons été confrontés à des témoignages beaucoup plus personnels, plus intimes, ou nous nous focalisions sur des cas plus précis ( de personnes interviewées ). Cela rends beaucoup mieux compte de la triste réalité sur la migration ; les pertes des proches, les conditions de traversées et de voyages atroces, la difficulté de s’intégrer dans la société du pays d’accueil...

Marina Kavdaradze (nom d'emprunt) raconte dans cette interview son histoire. Originaire de Géorgie, elle nous décrit son parcours, le départ de son pays d'origine, son arrivée en France, les conditions de son arrivée sur le sol français et sa vie de maintenant. Vêtue d'un chemisier fleuri, elle parlait de son parcours dans un silence profond. Sa voix était la seule chose que l'on entendait. Elle n'était pas très à l'aise au début, parlait doucement et avec hésitation, mais au fur et à mesure, l'entretien est devenu fluide et nous avons réussi à finir avec facilité l'entretien. Après, elle nous a montré un souvenir qu'elle a acheté lorsqu'elle est retournée en Géorgie et nous avons pris le temps de discuter, plus en privé, de son parcours. Finalement, cette rencontre nous a permis de découvrir une personne humaine. Elle nous a transmis avec émotions son parcours et certains de ses souvenirs, preuves de sa force mais aussi de ses inquiétudes et soulignant également ses faiblesses. Grâce à cela nous avons pu passer outre les chiffres et nous rendre compte que derrières eux se trouvent de réelles personnes : des personnes comme vous et moi.

MARINA KAVDARADZE (Géorgie)

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« Je m’appelle Hamidou Bathily, j’ai 17 ans et demi, je viens du Mali. Je suis en France depuis 2018 et j’ai connu pire que ça, pire. »
J’ai à peine le temps de lui demander de se présenter qu’Hamidou commence à raconter. Il ne s’arrête que vingt minutes plus tard, après m’avoir expliqué son histoire en détails, sans pause ou presque. Il commence d’abord par me nommer les pays par lesquels il est passé pour venir en France et ce qu’il y a fait, mais revient finalement sur la cause de son départ...

HAMIDOU BATHILY (Mali)

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« Je m’appelle Hamidou Bathily, j’ai 17 ans et demi, je viens du Mali. Je suis en France depuis 2018 et j’ai connu pire que ça, pire. »


J’ai à peine le temps de lui demander de se présenter qu’Hamidou commence à raconter. Il ne s’arrête que vingt minutes plus tard, après m’avoir expliqué son histoire en détails, sans pause ou presque. Il commence d’abord par me nommer les pays par lesquels il est passé pour venir en France et ce qu’il y a fait, mais revient finalement sur la cause de son départ.


« On n’avait pas assez de nourriture. Ma mère, elle s’occupait de la cuisine, mon père il s’occupait des champs mais il n’y avait pas tout ce qu’il fallait. Depuis que je suis né, j’ai su que j’étais pauvre, j’ai travaillé, travaillé, travaillé... »
Il raconte ensuite qu’il a quitté sa famille en pleine nuit, sans prévenir ses parents, sachant qu’ils ne seraient pas d’accord. Son père voulait que toute la famille reste unie, quoi qu’il arrive. « Mais moi je voulais partir. Je voulais gagner ma vie et aussi être fort, pour retourner chez moi avec un peu d’argent, pour- si je pouvais- aider ma famille et donner du travail à tout le monde. »


A 14 ans, il quitte donc son village et rejoint Kayes à pied, grande ville au nord-ouest de Bamako, pour relier Dakar, au Sénégal, en bus. Il n’y reste pas et continue vers la Mauritanie, où il travaillera pendant 6 mois. « Je faisais de la pêche, je travaillais dur, je travaillais de 6h jusqu’à 20h parfois. Mais ils ne me payaient pas. Alors, un jour, je suis allé voir le patron et je lui dis : « Est-ce que vous pouvez me payer ? » mais il a répondu non. J’ai fait ça pendant 6 mois et ils m’ont payé qu’à partir du 3e mois ». C’est en Mauritanie qu’il rencontre Mamadou, qui deviendra son ami et avec qui il fera le trajet jusqu’en Espagne. Ils décident de quitter ensemble la Mauritanie et de partir pour l’Europe.
Pour se rendre au Maroc, Hamidou passe par le Sahara et s’y perd avec 45 autres personnes pendant 2 jours et 2 nuits. Quand je lui demande s’il a eu peur à un moment pendant son voyage, c’est du désert qu’il me parle. « J’ai eu très très peur. Parce que tu ne vois rien, tu ne vois que du sable, tu ne vois pas d’arbres, pas d’animaux. Tout ce qu’on avait apporté à manger était terminé. On ne dormait pas parce qu’il faisait trop froid la nuit. On ne savait pas quoi faire. Sur 45 personnes, il y a 10 personnes qui ont disparu dans le désert. »


Enfin sorti du désert, il marche pendant 2 semaines jusqu’à Casablanca, plus grande ville du Maroc. Il m’explique qu’il restait dans les rues pour mendier et demander à manger, gardant son argent gagné en Mauritanie pour l’Espagne. Il part ensuite pour le Nord de Maroc pour y rejoindre des centaines d’autres jeunes migrants dans les forêts au-dessus de Ceuta, enclave espagnole au Maroc. Il raconte être resté 6 mois dans la forêt. « On était beaucoup. Les policiers marocains voulaient pas qu’on parte en Europe et venaient tous les jours nous déloger pour qu’on parte de la forêt. Depuis 5h, il faut être debout là-bas. Tu ne peux pas dormir parce que les policiers viennent vers 7h. Ils nous tapent, ils reviennent le lendemain. S’ils t’attrapent, ils te tapent parfois presque à mort, ils te ramènent en ville et tu repars dans ton pays. C’est pire. » Après une pause, il ajoute « Actuellement on dit aux gens « Viens en France », mais ce n’est pas facile. »


Il est resté dans ces forêts parce qu’elles étaient près de la frontière avec l’Espagne, avec l’Europe et il savait que beaucoup d’entre eux passaient par là. Il m’explique que la frontière à Ceuta est composée d’une série de grillages très hauts, de 6 à 7 mètres, avec des barbelés et des lames, puis d’un grand trou et d’une deuxième série de grillages. Si l’on réussit à passer ces deux grillages, on est en Espagne. C’est une frontière que les migrants venant d’Afrique, le plus souvent des jeunes hommes, traversent régulièrement pendant la crise migratoire. Comme il me le raconte par la suite, leur technique est de courir à plusieurs centaines sur les grillages pour que les policiers soient débordés par le nombre et que certains arrivent à passer. C’est une question de chance. « Un jour, on est partis à 200 pour passer les grillages à Ceuta, il y en a 80 qui sont allés dans les barbelés, qui n’ont pas réussi. Il faut au moins mettre 4 vestes épaisses pour pas se faire mal, il faut faire attention aux lames. Dès que tu passes, t’es en Espagne. Si tu ne passes pas, si tu retombes de l’autre côté, tu te fais attraper par les policiers marocains. » Je lui demande si certains se sont blessés en escaladant.


AVERTISSEMENT : récit pouvant choquer (mots supprimés)

« Beaucoup, tout le temps. Moi-même j’ai les doigts cassés parce que j’ai sauté mais ça va. Mais mon ami il n’a pas réussi. J’ai réussi à passer, je voulais l’aider à passer mais il ne pouvait pas parce qu’il avait son doigt coincé dans les grillages. Le sang coulait, il n’avait pas assez de force, il n’a pas réussi à aller sur le deuxième grillage. Il est resté coincé dans la zone entre les deux grillages. Les policiers ne sont pas venus l’aider parce qu’ils se bagarraient avec d’autres qui passaient, personne n’a vu qu’il se vidait de son sang. Moi je voyais qu’il mourait devant moi, je ne pouvais rien faire. J’ai pleuré, j’ai crié mais tout le monde partait. » « Je l’ai laissé, je n’avais pas le choix, il fallait que je parte. »
(mots supprimés)


Alors il a suivi les autres personnes qui avaient réussi à passer et a pris un zodiac pour traverser le détroit de Gibraltar entre Ceuta et le Sud de l’Espagne. En montant dans cette embarcation, il savait que le maximum de personnes à bord était de 30, ils étaient 54. Il me le répète à plusieurs reprises : « Personne ne savait nager, on était tellement fatigués, 10 personnes se sont noyées sur 54. » Il explique avec calme que lui aussi a frôlé la mort : « Je voyais les hommes qui tombaient devant moi. Même-moi, je suis tombé dans l’eau et heureusement quelqu’un m’a aidé à remonter. »
Il finit enfin par arriver sur les côtes espagnoles. Là-bas, il est pris en charge par la Croix-Rouge avec d’autres migrants. Au bout d’une semaine, ils sont envoyés à différents endroits en Espagne. C’est ainsi que Hamidou arrive à Barcelone.

Depuis Barcelone, sur les conseils d’un Espagnol, il se rend en France. Il se retrouve dans le métro à Paris, perdu et sans savoir que faire ; il y reste 10 jours. « Le dixième jour, il y a quelqu’un qui vient me voir et me dit « Vous êtes là depuis 10 jours, sans vous laver, sans manger, il faut que vous partiez. Montez. » et je suis monté parce qu’au-dessus du métro, il y a la gare. » Sur le quai, il montre dans le premier train qui arrive, n’importe lequel. Il se cache aux toilettes quand le contrôleur passe et finit par descendre du train quand il voit qu’il ne bouge plus.
Plus d’un an après son départ du Mali, Hamidou arrive donc en gare d’Alençon. Il y reste 3 jours, sans rien manger de nouveau. « J’avais très mal au ventre. Quand je suis arrivé à Alençon, je ne savais pas que j’étais à Alençon, je n’avais rien, je n’avais pas un euro, je n’avais même pas un centime. » Il est repéré par un membre de la CIMADE alençonnaise qui l’emmène à l’hôpital pour qu’il soit soigné. Après quelques jours en famille d’accueil, il est redirigé vers la CIMADE, qui l’aide à faire ses papiers pour pouvoir aller au collège.


La première chose qu’Hamidou fait en arrivant en France, c’est de joindre sa mère, dont il n’a aucune nouvelle depuis un an. « Je l’appelle et je lui dis –Allô Maman c’est moi- et elle répond –C’est qui ? -. Je lui dis - C’est Hamidou- parce qu’elle ne savait pas si j’étais vivant, elle avait entendu que des migrants mouraient dans la mer et tout, ça faisait un an qu’on n’avait pas parlé. Elle me répond –Hamidou, quel Hamidou ? - et je lui dis – c’est moi, ton fils, Hamidou-. Elle s’est mise à pleurer, moi aussi et on a parlé. Ce jour-là, j’étais content mais pas trop parce que j’ai eu des nouvelles de ma mère, mais elle pleurait. C’était dur. » Maintenant il appelle sa mère et discute avec elle dès qu’il peut. Avec son père, c’est plus compliqué car il ne voulait pas qu’il parte.


Hamidou m’explique que c’est pour ça qu’il ne pouvait pas rester chez lui à ne rien faire, il voulait aider sa mère. « Je sais qu’il y a des gens qui disent que les Africains ils viennent en France, ils ne font rien, ils jouent, ils achètent des beaux vêtements mais moi je ne fais pas ça. Je n’achète pas des trucs comme ça parce que je sais que ma famille a besoin de moi, de mon argent. »


Grâce à l’aide de la CIMADE, il a pu aller au collège et apprendre à lire, première étape selon lui pour s’intégrer. A part quelques mois à l’école coranique, il n’était jamais allé à l’école. Hamidou insiste sur le fait que c’était difficile d’apprendre à lire et qu’il faut du courage pour apprendre une nouvelle langue, qu’il ne faut pas laisser tomber. « Mais les profs m’ont aidé. Une fois, tous les professeurs que j’avais au collège sont venus manger dans le restaurant où je travaille maintenant, ils sont venus me parler, ça m’a touché beaucoup. Ça m’avait tellement touché parce que je commençais à peine mon travail et avec le COVID c’était compliqué de venir au restaurant mais ils étaient venus quand même tous ensemble. J’étais tellement content. »


Il évoque ensuite d’autres personnes sur qui il a pu compter lors de son intégration à Alençon : ses familles d’accueil. « J’ai eu 5 familles d’accueil. Les familles chez qui j’étais étaient gentilles. Même maintenant, ils m’écrivent toujours. Des fois je les vois mais avec le COVID, comme ils sont âgés, c’est dangereux. Mais on peut se parler sur Messenger et WhatsApp. Et puis maintenant je suis occupé, je travaille, ce n’est pas comme avant. »


En effet, après un stage de 3e au restaurant Kaboul à Alençon, maintenant il y travaille en apprentissage pour préparer son CAP. « Je travaille et ça me plaît beaucoup, ça se passe bien, j’espère que ça va rester longtemps comme ça. Je suis heureux maintenant, je suis tellement content, tout ce que je voulais j’ai réussi. Je voulais être cuisinier, je suis cuisinier, je suis là je travaille, les collègues sont gentils, ma patronne c’est pareil. »


Ce travail lui permet de se préparer pour son rêve, qu’il m’explique en détail : « Mon rêve c’est d’abord de retourner voir mes parents et ma famille au Mali, quand j’aurais eu ma carte de séjour et la nationalité française après mes 18 ans. Et ensuite, c’est d’ouvrir un grand restaurant si je peux à Bamako ou à Kayes. Parce que je vois qu’on a du travail à faire là-bas, on n’a pas assez d’argent pour construire. Mais dès qu’on construit un restaurant, tu crées des magasins, tu donnes du travail aux gens. Et j’aimerais aussi revenir souvent ici. C’est ça, c’est tout ça mon rêve. »

Said, réfugié kosovar arrivé en France depuis 2015, raconte sa touchante et rude histoire. A travers un récit sur la réserve afin de préserver son intimité, nous découvrons à quel point il est difficile de quitter son pays pour démarrer une nouvelle vie.

SAID (Kosovo)

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Largohem nga vendi im*
*Quitter son pays



Né au Kosovo, Said a fui son pays en 2013. Ancien patron d’une entreprise de transports poids lourds, il vit aujourd’hui une vie heureuse au Mans.
Alors que la guerre éclate en 1998, lorsque la Serbie revendique des villes kosovares, les parents de Said l’envoient chez son frère en Suisse quelques mois pour le protéger. L’armistice est signé le 11 juillet 1999, et il revient dans son pays. Des années plus tard, Said fuit à nouveau son pays. Mais cette fois-ci, tout est différent. Des membres de la mafia s’en prennent à lui. Il se fait régulièrement agresser, ils lui réclament de l’argent, de plus en plus d’argent. Ils s’attaquent aussi aux camions de son entreprise. Pour Said, la situation devient insoutenable, la solution est de fuir.
Un long et rude trajet commence alors pour lui. Trois semaines pour pouvoir traverser de nombreux pays. « Avant de partir, on a pris des réserves dans un sac », puis Said est monté dans une camionnette dans laquelle se trouvaient d’autres migrants et un passeur pour les conduire. « Je n’ai aucun contact avec les personnes qui sont venues avec moi. Et le chauffeur me l’a dit « Ce n’est pas la peine que tu me connaisses et pas non plus la peine que je te connaisse. » Il était là juste pour l’argent. »
Durant le voyage, Said a traversé le Montenegro, la Bosnie, la Croatie, la Slovénie, l’Italie pour enfin arriver en France. « Pendant 3 semaines, on ne savait pas où on était. Je ne pouvais me fier qu’aux panneaux d’autoroutes pour comprendre où on se trouvait. » Avec les personnes qui l’accompagnaient, Said restait parfois 3 ou 4 jours dans des maisons. « En 3 semaines, je n’ai pu prendre que 2 douches. ». Said n’a jamais véritablement eu, lors de son itinéraire, de problèmes pour passer les frontières « On contournait toujours les frontières en passant par la forêt. Il y avait quelqu’un qui partait vérifier qu’il n’y avait pas la présence de la police. On marchait beaucoup, peut-être 3, 4 heures la nuit. C’était compliqué, jusqu’à ce que j’arrive en France.

L’arrivée sur le sol français a été un nouveau départ pour Said. S’arrêtant une première fois à Lyon puis une seconde au Mans où il réside encore aujourd’hui. « Je suis parti avec rien, pas même un téléphone. Je n’ai pas eu de contact avec mon frère resté au Kosovo pendant les 3 semaines. C’est seulement en arrivant en France que je l’ai appelé pour lui dire : ça y est, je suis en France, au Mans ». Mais ce recommencement est aussi synonyme d’obscurité « Au début, tu arrives en France, c’est dur tu ne connais personne et tu n’as pas de place en foyer. Alors j’ai demandé à des gens pour aller au bureau pour m’inscrire en asile. Ils m’ont trouvé des foyers pour dormir, ils nous donnaient de la nourriture. Puis je me suis fait des amis qui m’ont permis de vivre en appartement. » Pour s’intégrer, Said a fait preuve d’acharnement « Je ne parlais pas français en arrivant ici, mais j’étais motivé pour apprendre alors je suis allé aux cours de français pendant deux ans. »
La dernière étape de ce long voyage est d’obtenir un titre de séjour. « Je suis allé voir une dame qui me posait beaucoup de questions sur mon histoire. Parfois, elle me posait deux fois la même question, sûrement une façon de savoir si je mentais. J’ai fini par avoir mon titre de séjour avec le statut de réfugié politique. »
Aujourd’hui, et ce depuis 2017, Said vit avec sa compagne dans un bel appartement au Mans. Et quand on lui demande comment il se sent dans cette nouvelle vie, Said répond le sourire aux lèvres « J’ai pris mes habitudes ici, je m’y plais bien. Je suis heureux en France, plus qu’au Kosovo parce que c’était beaucoup trop dangereux. »



Je n’avais que très peu d’aprioris sur l’immigration en entamant ce projet. Seulement, je pensais que les réfugiés fuyaient leur pays afin d’échapper à une guerre qui leur coûterait la vie s’ils restaient une minute de plus. Mais en rencontrant Said, je me suis rendue compte que les raisons pouvaient être tout autre. Le simple fait de ne pas se sentir en sécurité est déjà une raison tout à fait valable pour quitter son pays.

Aujourd'hui, Garance et moi avons interrogé Angela. Angela est une élève du lycée Marguerite de Navarre à Alençon. Elle est en première générale. Celle-ci a quitté son pays d'origine qui est le Nigeria, suite à une insécurité liée à des conflits.

ANGELA (Nigeria)

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Bonjour, mon interview s’est déroulée par le biais d’instagram avec Ewann, je vous envoie la discussion:

EWANN (Chine)

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Mes questions:
1- quelles sont tes origines ?
2-dans ta famille, qui a migré ?
3-pourquoi ?
4- pourquoi en France ?
5-comment sont ils venus ?
6-des problèmes lors du voyage ?

Ses réponses:
1.Hmong, c’était un peuple qui vivait dans les montagnes chinoise ( mais on est pas des chinois )
2. Mes grands parents qui ont migré
3.ils ont migré à cause de la guerre, en gros ça c’est passer en Indochine française pendant la guerre du Vietnam.
La France et ses pays alliés se faisaient repousser petit à petit par les vietnamiens (qui eux voulaient leur indépendance),du coup les hmongs, qui sortent de nul part, ont décidé d’aider la France à combattre.
Après la guerre les hmongs sont considérés comme traite par les vietnamiens, genre y’en a qui disparaissaient en prison, d’autre été tué, ils étaient persécutés quoi, et du coup la France vont ramener une grande partie de la communauté hmong en France, en Guyane et au État unis.
4. En France pour les avoir aidé à combattre ( genre mon grand père )
5. Et du coup en avion
6. Du coup pas de problème pendant le vol mais certain sont restés abandonnés dans les forêts vietnamiennes.

Je lui ai demandé en plus si il gardait des traces de ses origines en France, et Ewann m’a parlé de leurs vêtements traditionnels et de certains plats.

Présentation :

Ce témoignage est celui de Zeyneb, une jeune fille de 17 ans originaire de Turquie.
Arrivée en France lors de son enfance elle nous raconte son parcours et sa vie aujourd'hui.


Ressenti :

Il y a encore quelques mois je pensais que la migration vers un autre pays était synonyme de souffrance, que le départ de son pays natal était forcèment douloureux.
Or dans le témoignage de Zeyneb par exemple la migration n'est pas accompagnée de malheur. Avec ce projet je me suis défait du stéréotype quitter son pays = déchirement.
Avec ce projet nous avons compris qu'il n'y a pas de migration type, les raisons du départ, le trajet pris, les conditions d'arrivée et le ressenti sont tous différents; il y a autant de migrations qu'il y a de migrant.e.s.

ZEYNED (Turquie)

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Zeyneb*est née et a grandi à Konya en Turquie. Je l’ai connue au collège où l’on a passé 4 ans ensemble. De nombreuses fois on a discuté de son pays natal dans lequel elle retourne chaque été, alors quand je lui ai demandé de me raconter son histoire plus en détail elle a accepté.


« Déjà c’est mon père qui est venu avant nous. » L’histoire commence comme ça : avec une formation de boucher et un visa en poche son père prend l’avion pour la France en 2008.


Ses parents ont besoin d’un nouveau départ, loin de la Turquie où son père a fait faillite plusieurs fois. Ils ont de la famille en France et leur situation financière en Turquie se complique alors «il est venu pour travailler. ». Zeyneb, du haut de ses 4 ans ne comprends pas tout mais l’appelle tous les jours en attendant de pouvoir le rejoindre. Elle m’explique que son père a pu venir en France grâce à une demande de son futur employeur « Il avait le droit de venir en France. » Pendant 2 ans il rentre tous les 6 mois en Turquie pour voir sa femme et sa fille « Je sais qu’il venait pendant les vacances de Noël parce qu’il me ramenait tout le temps des chocolats en forme de père noël. »


« Le jour où je suis venue en France je ne savais pas que je venais en France. » Elle a 6 ans, elle et sa mère sont à Istanbul avec sa famille. « On m’a dit que j’allais prendre l’avion et rejoindre mon père mais je n’avais pas compris que j’allais venir en France. » Dans le vol entre Istanbul et Paris elle se demande où elle va. « Je ne comprenais pas tout. C’était un peu flou ». Ses parents s’installent à Alençon, où son père travaille déjà. Au début cette nouvelle vie est compliquée, son père a des problèmes pour travailler et leur pays manque à ses parents, « C’était vraiment difficile pour eux, moi je ne me rendais pas compte. »


Après 3 mois de cours en Turquie elle entre en CP à Alençon. « Au début c’était dur un peu », s’adapter à cette nouvelle classe avec la barrière de la langue : « M’adapter aux élèves ; les enfants quand ils te parlent on dirait t’es un extraterrestre. » Dans sa classe son cousin l’aide à comprendre et lui traduit les mots et elle a une aide plusieurs fois par semaine « J’avais du soutien, du CP jusqu’au CE2 toutes les semaines j’avais 2/3h de plus pendant lesquelles j’apprenais la langue. » Au bout de 2 ans elle sait parler correctement français : « En CE1 je comprenais très bien le français et je commençais à parler plus normalement. » En CE2 elle change d’école et se retrouve la seule étrangère de sa classe. Ses camarades de classe l’intègrent rapidement mais des élèves plus âgés la prennent à parti : « J’étais harcelée par des CM2 ; ils me disaient : « Tu es turque, tu es musulmane, tu es différente. » En fait, c’est juste parce que j’étais différente d’eux. »


Aujourd’hui Zeyneb est au lycée et se projette dans l’avenir. « Dans un premier temps je veux être expert-comptable, inch’Allah, si je peux et dans un second temps j’ai envie de créer une marque de vêtements. » Ce projet fait le lien entre son pays d’origine et la France : « Je veux faire dessiner et produire mes vêtements en Turquie. » ainsi qu’entre ses deux cultures : « Je veux faire de tout, pour tous les styles, autant des crop top que des vêtements pour les femmes voilées, je ne connais aucune marque qui fait ça. » Son avenir elle le voit en France : « Depuis que je suis arrivée en France je me suis toujours sentie dans mon pays mais à un moment je ne me sentait pas d’ici ». C’était en octobre dernier, quand le gouvernement annonçait le projet de loi confortant les principes de la république. « A ce moment-là, j’avais pensé à devenir policière en Turquie, comme je parle français je pourrais travailler dans les aéroports. » Zeyneb ne porte pas le voile mais elle aimerait, « ma mère qui le porte se prend des remarques ». Le seul moment où elle ne se sent pas bien en France c’est « quand il y a des polémiques sur le voile, ça me dégoûte. »

Malgré tout elle veut rester en France où elle vit depuis 7 ans :

« Je ne me sens pas capable de refaire une vie là-bas, je n’ai plus aucun souvenir de quand j’y habitais. Quand je passe deux mois en Turquie la France me manque !»

Zeyneb se sent française et turque. « Les Français me voient comme turque et les turcs comme française : les deux me correspondent. » Elle n’a aucun mal quand en France on l’appelle « la Turque » ou l’inverse : « Quand en Turquie on m’appelle « la Française », je réponds : « Oui c’est moi, coucou ! ».


Je lui demande si elle aimerait faire passer un message à celles et ceux qui liront l’article, elle me répond du tac au tac « Pas un message mais une pensée : même si le gouvernement est raciste le peuple ne l’est pas du tout, mais il y a des exceptions, comme dans tous les pays, même en Turquie : j’ai l’impression que c’est deux mondes à part et j’aime trop, c’est grâce à ça que je me sens bien. »

*prénom d’emprunt


Sophia est née à Alençon, elle est en deuxième année de droit et elle va me raconter l’histoire de sa grand-mère et ses enfants.
Je connais Sophia depuis longtemps, mais je me rends compte que je ne connais rien de son histoire familiale. Elle me rassure sur ce point « pendant un moment je n’en parlais pas, je ne sais pas pourquoi ». Mais lorsque je lui ai demandé si elle voulait bien témoigner, elle a tout de suite accepté. Nous n’avons pas pu nous voir alors elle me livre son témoignage par téléphone. Elle a l’air à l’aise lorsqu’elle commence son récit...

SOPHIA (Afghanistan)

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Sophia est née à Alençon, elle est en deuxième année de droit et elle va me raconter l’histoire de sa grand-mère et ses enfants.
Je connais Sophia depuis longtemps, mais je me rends compte que je ne connais rien de son histoire familiale. Elle me rassure sur ce point « pendant un moment je n’en parlais pas, je ne sais pas pourquoi ». Mais lorsque je lui ai demandé si elle voulait bien témoigner, elle a tout de suite accepté. Nous n’avons pas pu nous voir alors elle me fait son témoignage par téléphone. Elle a l’air à l’aise lorsqu’elle commence son récit.

Elle me replace tout d’abord le contexte historique :
« 1979, Invasion soviétique en Afghanistan. », En effet, c’est le début d’une guerre qui durera neuf ans, conséquence de la guerre froide. Sa mère est née un an plus tôt.
Ensuite elle me présente les membres de sa famille. Lorsqu’ils vivaient en Afghanistan, sa grand-mère (Hawa ) était procureur et son grand-père préfet. Je sens une forme de fierté dans sa voix.
Sophia décide un peu plus tard de revenir sur l’enfance de sa grand-mère, afin de rendre plus facile la compréhension du témoignage :
Hawa était la seule fille de la fratrie. Elle me fait comprendre qu’elle était traitée comme une princesse. De ce côté de la famille, ils descendent de la royauté.
« Quand mon arrière-grand-mère est morte, ils ont fait une annonce à la télé au bled », elle me raconte cette anecdote en rigolant.
Elle avait fait ses études, mais elle ne savait pas faire beaucoup de choses à côté de ça, elle n’avait pas appris à se débrouiller toute seule. « Elle avait un chauffeur qui l’emmenait au travail et qui la ramenait »

Lors de l’invasion, toute personne représentant l’autorité publique était « en danger ».
« Il y avait des disparitions, […], ils ont été enterrés vivants dans des fosses communes, mon grand-père, il a disparu comme ça. »
Après la perte de son mari, la grand-mère de Sophia était trop en danger pour rester sur le territoire. Elle est donc partie avec ses quatre enfants.
« À pied, c’était comme ça c’était obligé, sinon tu te faisais repérer. »
Elle part donc à travers les montagnes du Peshawar, pour arriver au Pakistan.

Là-bas, sa grand-mère est devenue couturière, c’était son gagne-pain. Sophia semble impressionnée par son niveau de couture.
« Elle est très très forte à ça je te jure, un jour je te montrerai des robes qu’elle a cousu »
En fin d’interview, Sophia revient sur ces années au Pakistan en me racontant une anecdote :
« Le droit des femmes, fin voilà quoi… ma mère et ma tante elles étaient toutes petites, donc pour aller jouer avec les garçons dehors, ma grand-mère leur avait rasé la tête, elles avaient des coupes de mecs. Et elle leurs avait donnée des noms de garçons. Elles allaient jouer aux billes avec les mecs dehors. Ma mère elle s’appelait Raïs et ma tante s’appelait Ismaël. »
Puis, elle continue son récit. Après quelques années au Pakistan, sa grand-mère a obtenu un poste au service juridique de l’ambassade Iranienne. Puis elle a commencé à faire les papiers pour partir en Iran. « Mais elle avait un frère qui était parti jeune, à 18 ans, faire ses études en France. » Elle décide alors de le rejoindre. Ils font les démarches pour les visas et partent.


Ils arrivent à Alençon où leur priorité était d’apprendre la langue. Ils entretiennent toujours des rapports particuliers avec la CIMAD car ils les ont aidés lors de l’installation.
« Ils ont appris le français en un mois, je trouve ça spectaculaire, spe-cta-cu-laire ! »
Sophia perds d’un coup toute sa bonne humeur :
« De là, l’histoire s’est répétée »
Sophia fait référence à l’arrivée au Pakistan. Sa grand-mère n’a encore une fois pas eu l’opportunité de reprendre ses études pour être procureur en France.
« Elle devait survivre »
Alors, Sophia me raconte de qu’elle a ouvert une petite épicerie, grande rue. Et a ensuite, ouvert d’autres commerces.
« Mais elle n’a pas pu reprendre ses études, c’était pour ses enfants, t’es obligée de survivre au jour le jour. »

Finalement, Sophia vient à parler d’elle :
« Je pense que j’ai un passif avec ça, J’ai toujours voulu faire du droit […], ma grand-mère m’a directement influencée je pense. »
Je sens qu’elle réfléchit beaucoup, jusqu’à maintenant, elle parlait de manière assez détachée, mais je pense que son histoire la touche plus qu’il n’y parait. Elle me parle des guerres successives, de la fuite à cause de la chute du pays…
« Ce n’est pas pour rien que je suis en droit, je veux travailler dans les libertés, c’est un truc important. »
Pour illustrer ce concept, elle me raconte une anecdote :
« Ma grand-mère à Kaboul elle portait des mini-jupes et tout […], ça parait inconcevable aujourd’hui, même elle n’assume pas, parce qu’elle a pris de l’âge. »
ça l’amuse, je sens de l’admiration dans sa voix.
« Même si j’ai des désaccords avec eux par moment, vraiment c’est toutes des personnes incroyables par leur vécu. »

Je lui demande si sa famille retourne en Afghanistan ou au Pakistan. Elle me dit qu’ils y sont très peu retournés. Sa mère deux fois ; la première en 2014 « elle voulait voir d’où est-ce qu’elle venait » puis la seconde fois un an plus tard.
« Comme (au Pakistan) c’était de l’immigration légale, au départ ma grand-mère y retournait parce qu’elle s’était fait des amis là-bas, sinon non. »
Elle me raconte qu’entre les différentes guerres qui éclatent ou qui menacent le pays, ce n’est jamais le moment d’y aller.
Quand Sophia en parle à sa grand-mère, « bien-sûr il y a la nostalgie, mais elle a passé une plus grande partie de sa vie en France […], et puis le pays a changé, ce n’est pas le pays qu’elle a quitté. »
Je la remercie de m’avoir raconté son histoire.

Wilian est un immigré brésilien, arrivé en France en 2015 après son adoption par un couple français. Il vit à Cerisé, près d’Alençon et est scolarisé au Lycée Marguerite de Navarre.

WILLIAM (Brésil)

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La favela

Wilian est né à Rio de Janeiro et a vécu dans la favela avec sa mère jusqu’à ses 7 ans. Les services sociaux sont
venus le chercher lui et ses six frères et sœurs en raison de l’insécurité dans laquelle ils vivaient, même si il semble se
rappeler surtout de la vie libertaire qu’il menait étant petit.


« On était tout le temps dehors, on allait dans les rues ; la favela c’était notre maison » « Y’avait pas vraiment d’école et on faisait ce qu’on voulait dans la journée » L’enlèvement par les service sociaux de sa ville natale a donc été difficile, c’était la première étape d’un long processus avant son arrivée en France. Il est emmené ensuite dans un centre pour enfants défavorisés en attendant d’être transféré dans une famille d’accueil. Lui et ses deux frères restent dans la même famille d’accueil à Rio pendant 3 ans, jusqu’en 2015 où ils feront la rencontre de leur couple d’adoption et partiront pour la France le 25 février de la même année.



Premier contact avec la France : Wilian arrive en France à l’âge de 10 ans avec ses deux frères, d’abord à Paris puis se dirige vers Alençon et actuellement, leur lieu d’habitation. Wilian confie qu’il trouvait au début sa vie très réglé « On devait se coucher à l’heure qu’on nous disait » « En France, on ne pouvait pas regarder la télé le soir, alors qu’au Brésil il y avait une série qu’on regardait tout le temps, qui se finissait très tard et personne ne nous interdisait de regarder tous les épisodes. » Il trouve en premier lieu que tout est propre et dit qu’il avait l’impression d’être dans un pays riche. Il parle aussi du climat qui diffère évidemment de son pays d’origine. « Il y avait beaucoup de soleil en France mais ce n’était pas la même chaleur qu’au Brésil »
La première étape de son intégration en France était bien sur la langue, et ses premières expériences à l’école française était compliquées. Il dit qu’il ne suivait pas au début mais que petit à petit sa maîtresse le félicitait des meilleurs travaux qu’il faisait et très vite il s’est approprié la langue française aussi bien que le Portugais. Il ne considère pas son intégration en France comme ayant été difficile. Il s’est fait plein d’amis et s’est habitué très vite à sa nouvelle vie.



Un retour vers le Brésil ?
« Bien sûr que je veux retourner au Brésil, mais mes parents ne veulent pas, ils croient que je vais les abandonner et ça créé beaucoup de tensions entre nous ». C’est pour Wilian une évidence de retourner au moins une fois au Brésil, retrouver son pays d’enfance mais aussi sa famille. Sa grande sœur majeure a pu rester vivre à Rio chez sa tante. Il parle aussi, assez souvent de l’humour, l’ambiance du Brésil et la nourriture de là-bas qui lui manque et promet dès qu’il aura 18 ans, de prendre le premier avion pour Rio.



Depuis 2015, Wilian ne s’est jamais séparé de ce porte-clé toujours attaché à son sac.

L’adolescent a donc vécu une assez grande partie de sa vie au Brésil mais ne peut pas comparer la France et son pays d’origine. D’après lui la France lui a permis une certaine « richesse » qu’il n’aurait pas eu au Brésil, un savoir aussi, une éducation scolaire plus renforcée car sans la France il n’aurait jamais suivi un cursus scolaire normal et tous les liens qu’il a tissés en France avec ses amis. Il veut absolument retourner au Brésil mais se voit à l’avenir vivre en France. Il affectionne donc autant son pays natal que son pays d’adoption.



(Il voulait que cette interview soit anonyme donc je ne peux pas dire son nom et prénom)

C’est un homme de 40 ans. Son pays d’origine est la Turquie. Il migrera vers la France en passant par l’Allemagne.
A l’âge de 12 ans, après le décès de son père. Il arrête ses études pour pouvoir ramener de l’argent à sa famille car c’est une famille très nombreuse. Après 5 ans de maçonnerie, il décide d’aller en France pour avoir de mieux conditions de travail. Son périple pour rejoindre la France dure plus de 3 ans

KANKA (Turquie)

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« J’ai dû arrêter l’école après la mort de mon père, on était 10 frères et sœurs, un de mes frères étudiait en droit. Il était déjà mieux avancé que moi dans ses études étant donné que j’étais plus grand que mes autres frères, j’ai décidé de devenir maçon pour ramener de l’argent à la maison. Pour cela j’ai commencé une carrière dans la maçonnerie auprès de mon tonton et j’ai travaillé pendant 5 ans. Ensuite j’ai pris un visa d’Autriche pour étudier 3 mois une langue étrangère, comme j’étais étudiant c’était facile, j’ai dû payer à des passeurs 10 000 marks pour qu’il m’emmène en Autriche.

Les passeurs m’ont dit que pour passer la frontière, ils allaient me laisser près de la frontière et eux ils allaient passer sans moi. Il m’ont dit de marcher le long de la route jusqu'à ce que je vois la forêt puis de continuer ma route dans la forêt. J'ai commencé à marcher mais dans ma tête, je suis en train de penser comment je vais passer s'il y a des caméras et j’ai peur puisque j’ai que 17 ans. Je suis passé et j'ai marché 1 ou 2 kilomètres dans la forêt puis j'ai vu une voiture et du coup je me suis caché. Je suis sorti quand j'ai vu qu'il faisait les sélecteurs, mais en fait les passeurs avaient été arrêtés par la police. Ils ont commencé à partir avec la voiture et du coup j'ai cru qu'ils m'avaient oublié, je suis sorti et je leur ai fait signe. Ils sont revenus comme ils m’ont vue et puis deux grands policiers allemands sont descendus de la voiture. Ils m’ont menotté puis ils ont vu que j'avais un visa donc ils m'ont renvoyé en Autriche. J'étais à Vienne mais ils m'ont laissé à Innsbruck. Du coup je suis resté quelques jours dehors sur des bancs avant que les passeurs me rappellent et qu'ils reviennent pour me refaire passer en Allemagne. J’ai été mis dans le coffre de la voiture au moment du passage de la frontière.

Une fois arrivé, je suis resté dans les dortoirs de cette école pendant 15 jours pour préparer mon départ en Allemagne. Pendant ce temps j’ai pu trouver quelqu’un qui pouvait m’emmener en Allemagne pour 3000 marks. Je n’avais pas assez d’argent donc j’ai dû travailler.

Une fois le trajet fini, j’ai rejoint des personnes de ma famille vivant en Allemagne. J’ai demandé un identifiant mais les juges m’ont dit que je devais me marier pour l’avoir et ils m’ont donné un délai de 2 ans. Pendant ces 2 ans, j’ai payé difficilement mon trajet pour l’Allemagne.
Puis un jour, un de mes cousins partait en France, et ma sœur habitait en France donc je lui ai demandé de partir avec lui. Je suis resté un an chez ma sœur. Puis je me suis marié et eu un enfant ce qui m’a permis d’avoir un identifiant, j’ai ensuite eu mon permis. Ce qui m’a beaucoup encouragé à apprendre le Français, j’ai appris au fil des années puis j’ai passé des examens pour obtenir la nationalité française et je l’ai eue. Aujourd’hui, je travaille toujours dans la maçonnerie et je retourne voir ma famille en Turquie pendant les vacances ».

J’ai rencontré Salahaldin au Secours Populaire. Quand le projet d’interview s’est présenté, j’ai tout de suite pensé à lui, je savais qu’il nous ferait confiance, et j’ai eu raison. En raison de la crise sanitaire, nous n’avons pas eu l’occasion de le rencontrer, c’est pour cela que notre entretien n’est pas aussi complet que nous l’espérions. Les difficultés de communication étaient aussi un frein, mais nous sommes fières de vous présenter notre projet.

EDRIS SALAHALDIN (Soudan)

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Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Edris Salahaldin, j’ai 35 ans.


Quel est ton pays d’origine ?
Je viens du Soudan


Quand es-tu arrivé en France ? As-tu eu des aides en arrivant ?
Je suis arrivé en France le 6 janvier 2020


Pourquoi es-tu venu en France ?
Je suis venu en France pour fuir la guerre au Soudan, et les problèmes ethniques


Combien de temps a pris le voyage ?

Le voyage a duré une année


Quelles étaient les conditions du voyage (moyens de transport ?) ?
Je ne peux pas répondre


Est-ce que tu es venu avec de la famille ?
Non, seul


Est-ce que tu as eu peur de venir en France/ de quitter ton pays ?
En fait, je ne voulais pas forcément venir ici, juste fuir la guerre


As-tu de la famille dans ton pays ? Si oui, est ce qu’elle souhaite venir en France ?
J’ai perdu ma famille


Es-tu déjà retourné dans ton pays ? Voir ta famille ? souhaite-tu y aller ?
Non


As-tu un souvenir, une expérience à nous raconter ?
Non, ça fait mal et c’est triste…C’est dur


Est-ce que tu te plais en France ? Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Oui, je me sens en sécurité, et la paix. Je suis en procédure de demande d’asile avec mon assistante


Ressentis personnels:

Lison: «La personne que nous avons interviewé était avant tout un ami, je l’ai rencontré en tant que bénévole au Secours Populaire, je ne connaissais pas son histoire et je le remercie de nous avoir fait confiance et de nous avoir fait part de son expérience. J’ai pris conscience que tout le monde n’avait pas la chance de vivre une vie comme la notre».

Zouwena: «Je ne connaissais pas la personne mais j’ai trouvé son histoire très intéressante et elle m’a appris beaucoup de choses»



L’interview s’est déroulée à distance, on a pu échanger via les réseaux sociaux. L’inconvénient des réseaux sociaux c’est qu’on perd le côté physique qui est selon moi très important. Son témoignage était très bouleversant. Je pense que si elle me l’aurait dit en face, je serais encore plus touchée. J’aurais pu voir ses émotions et ça change tout. Honnêtement, je ne connaissais pas son histoire avant d’avoir réalisé ce travail. Je savais qu’elle avait enduré des moments difficiles mais je n’ai jamais cherché à creuser, je me disais que ça ne me regardait pas. Je suis super contente d’avoir eu le privilège qu’elle se confie à moi et qu’elle me fasse confiance. Interviewer une personne, ce n’est pas seulement lui poser des questions, c’est d’être surtout à l’écoute, attentif et de comprendre l’histoire d’autrui.

SARAH (Georgie)

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La Géorgie est un pays du Caucase de 3,7 millions d’habitants. Elle se situe entre l’Europe de l’Est et l’Asie Occidental. C’est un pays indépendant depuis 1991 après la chute de l’URSS. Le système politique de la Géorgie est la république démocratique. Une crise politique est survenue en Géorgie suite à l’arrestation d’un opposant au pouvoir en février 2021. Celui-ci préside le Mouvement national uni, une des principales forces politiques d'opposition au parti de la présidente. Le pouvoir opte pour la fermeté en arrêtant les opposants au pouvoir. Les chefs des partis d'opposition demandent la libération de tous les « prisonniers politiques ». Après ces évènements, des manifestations ont eu lieu dans la capital Tbilissi. Le système de santé géorgien a connu une baisse de la qualité des soins et des installations. Pour améliorer l’accès et la qualité des soins, en 2013, le gouvernement a lancé le « Programme gouvernemental de soins de santé universels », qui garantit un panier de services minimum à tous les citoyens n’ayant pas d’assurance publique ou privée. Pourtant, les frais à la charge des patients continuent de constituer un obstacle à l’accès aux soins.


J’ai décidé d’interviewer une jeune géorgienne, qui a quitté son pays pour venir en France. Pour préserver son anonymat, j’ai décidé de changer son nom, nous allons donc l’appeler Sarah. Bonjour Sarah, peux-tu te présenter et nous dire pourquoi ta famille et toi avez décidé de venir en France ?


Je m’appelle Sarah, j’ai 16 ans et je suis Géorgienne. Je suis venue en France avec ma mère, mon père et ma sœur. Toute ma famille en gros. On est venu en France car mon père était malade, il avait un cancer et on n’avait pas les moyens en Géorgie de payer les frais. Malheureusement, mon père est décédé en France il y a quelque mois. On est venu ici car on avait un ami français qu’on a rencontré en Géorgie quand il a appris notre situation il nous a conseillé de venir en France.
Comment s’est passé votre voyage avez-vous eu des difficultés, que ce soit pendant l’immigration et l’accueil en France ?
(supprimer « migration »)
Nous sommes venus en France par avion, nous n’avons eu aucun problème d’immigration. On a pu ramener quelques affaires personnelles, comme des tenues traditionnelles et aussi des photos. J’ai appris à parler français en arrivant en France. C’était dur en plus j’étais souvent critiquée à cause de mon accent par des gens de mon collège et du coup je n’arrivais pas à progresser. J’étais complexée, tout le monde pensait que j’étais timide. Alors que pas du tout, j’aime parler avec les gens. Ma mère recherche du travail mais c’est compliqué pour elle car elle ne maîtrise pas bien le français. Aujourd’hui je me sens plus intégrée en France, déjà je parle mieux le français, en plus j’ai réussi à me faire des amis, je vais au lycée. J’ai une vie normale comme tous les jeunes. Je ne suis pas retournée en Géorgie car nous n’avons pas les moyens.


Comment vis-tu l’appartenance à cette nouvelle culture ? Est-ce-que ton pays te manque ? As-tu des rêves ou des projets particuliers que tu aimerais réaliser dans la vie ?


Dans ma famille on parle toujours le Géorgien. Ça fait 3 ans qu’on est en France. Je n’ai pas eu trop de mal à m’intégrer dans la culture française. Il faut savoir qu’on fête les mêmes fêtes traditionnelles qu’en France, comme Pâques et Noël, sauf qu’on ne les fête pas le même jour. Par exemple Pâques en France c’est en avril, chez nous on le fête en mai. Noël en France c’est en décembre nous on le fête le 7 janvier. En Géorgie on utilise l’ancien calendrier religieux. Je n’ai pas beaucoup de souvenir de mon pays, mais je connais quelques musiques traditionnelles et des plats aussi. Mon pays me manque énormément car c’est là-bas que j’ai grandi et passé la plus grande partie de ma vie. C’est dommage que j’ai dû quitter mon pays parce qu’on n’avait pas les moyens pour y vivre ; J’aimerais tellement retourner dans mon pays, je veux revoir ma ville, mes amis, l’odeur aussi me manque... Je suis fière d’être Géorgienne. Mon pays a beaucoup de potentiel mais (supprimer le « ) les gens qui gouvernent la Géorgie ne savent pas comment l’utiliser. Dans la vie, j’aime l’art, la politique (même si je ne connais pas très bien la politique française). J’aimerais retourner en Géorgie mais je veux d’abord terminer mes études en France. J’aimerais devenir diplomate et travailler pour mon pays et la France. Je préfère mon pays, mais je suis très reconnaissante pour la France qui m’a beaucoup aidée en ayant donné des soins pour mon père qui en avait besoin.

Nous sommes deux élèves de seconde au lycée Marguerite De Navarre. Nous avons contacté l’association Coalia qui accompagne les réfugiés dans leur intégration en France. Ils nous ont mis en contact avec Erik un réfugié du Kazakhstan. Ce pays est situé en Asie Centrale. Le Kazakhstan à un système politique très autoritaire qui oblige les Kazakhs à ne pas sortir du cadre imposé. C’est donc pour cela qu’Erik ne peut pas retourner dans son pays.
Nous avons donc passé une après-midi avec lui pour prendre le temps de lui poser quelques questions sur sa situation et sa vie actuelle.

ERIK (Kazakhstan)

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Jade- On vous laisse vous présenter.
Erik- Je m’appelle Erik, je suis né en Août 1998. Je viens du Kazakhstan mais je suis Russe.


Jade- Vous êtes arrivé en France il y a longtemps ?
Erik- Depuis 2 ans déjà.

Louna- Est-ce que dans votre pays d’origine vous aviez un métier ?
Erik- Oui mais il faut beaucoup travailler si vous voulez bien gagner.

Jade- Pourquoi êtes-vous partis du Kazakhstan ?
Erik- En fait j’avais des problèmes avec le gouvernement, je suis d’abord venu en tant que touriste en France. Je voulais déménager, donc j’ai voulu voir comment ça se passait ici.

Louna- Vous avez voyagé seul ou avec quelqu’un de votre famille ?
Erik- Oui j’ai voyagé seul, je suis venu en avion. Le voyage s’est bien passé.

Louna- Vous avez réussi à vous adapter facilement à la vie ici ?
Erik- Oui. Je n’ai pas de problèmes mais quand je ne parlais pas français au début c’était compliqué.

Jade- Vous vous êtes dirigé vers quoi en arrivant à Alençon ?
Erik- Déjà j’ai appris seul le français avec mon téléphone, je suis allé quelques fois à des cours de français.

Louna- Vous travaillez en France ?
Erik- Non pas encore, je n’ai pas reçu la carte de séjour mais je fais du bénévolat.

Louna- Est-ce que vous regrettez d’être parti de votre pays d’origine ? Êtes-vous retourné là-bas depuis ?
Erik- Franchement, je voulais partir du Kazakhstan mais je ne voulais pas partir comme ça. Non je n’y suis pas retourné, je n’ai pas le droit même si j’ai ma famille qui est là-bas.

Jade- Vous avez des projets ? Comptez-vous rester en France ?
Erik- Je fais du sport, du bénévolat. Je suis cuisinier. Faire des bonnes actions mais je ne peux rien faire car je n’ai pas ma carte de séjour.

Jade- Avez-vous un message à faire passer aux jeunes ou aux Français ?
Erik- Peut-être que vous n’appréciez pas ce que vous avez. Vous pouvez faire beaucoup de choses. Quand on t’enlève ce que tu as tu t’en rends compte.


Dans le cadre d’un projet sur les réfugiés avec les journalistes Anne Charlotte et Michaël, j’ai décidé de m’intéresser à une période de l’histoire espagnole, et plus particulièrement à la guerre civile d’Espagne, qui a opposé les républicains aux nationalistes. La victoire de ses derniers a fait basculer le pays dans une dictature, dirigée par Franco pendant 36 ans jusqu’à sa mort en 1975.
Nous allons dépeindre le portrait de José, qui s’est exilé en France à sa sortie de prison, libéré après avoir été condamné pour meurtre. Son fils Francisco a bien voulu nous raconter son histoire.

JOSE et FRANSCESCO (Espagne)

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Bonjour Francisco, pour commencer, pourriez-vous nous décrire votre père ?

Mon père habitait dans un petit village de montagne près de Grenade, il était éleveur de taureaux avec ses parents. Sa famille tout comme lui était contre le régime franquiste et pendant son enfance mon père a vu mon grand-père se faire fusiller devant la porte de sa maison par les nationalistes espagnols. Mon père était partisan d’un grand révolutionnaire qui s’appelait Buenaventura Durruti.

Pourquoi votre père a été obligé de quitter l’Espagne ?

A cette époque-là, toutes les personnes contre le régime franquiste se faisaient arrêter et étaient mises en prison. Mon père s’est fait arrêter pour accusation de meurtre, un meurtre qu’il n’a pas commis, il a fait 8 ans de prison.
Au bout de 8 ans, il a été condamné à mort mais c’est grâce à l’une de ses tantes qui travaillait au gouvernement franquiste qu’il s’est retrouvé gracié et qu’il a eu l’obligation de quitter le territoire espagnol, il ne devait pas revenir sous peine de retourner en prison.
Entre temps, en prison, mon père s’est lié d’amitié avec une personne bien placée, une infirmière. Elle lui a remis les pièces d’identité d’une personne décédée, qui s’appelait Raphaël.

Comment a-t-il fait pour quitter le territoire ?

Pour pouvoir quitter l’Espagne il s’est engagé dans la légion étrangère, son bataillon est arrivé en France à Marseille et là il en a profité pour déserter avec deux autres espagnols. Il a eu la nationalité française quelque années après être arrivé en France, en donnant les papiers de l’infirmière.
Il s’appelait désormais Raphaël.

Comment a-t-il fait pour trouver du travail ? A-t-il continué la politique en France ?

Mon père n’a plus jamais fait de politique après être arrivé en France, il s’est mis à travailler pour gagner de l’argent et pour se nourrir, d’ailleurs il n’a pas eu de mal à trouver du travail, il a fait terrassier, maçon, chef d’équipe et chef de chantier dans la maçonnerie. Il s’est marié à 30 ans avec une jeune fille de Fyé (en France) et il a eu 6 enfants avec elle.

Est-il retourné en Espagne après la mort de Franco ?

Oui il y est retourné plusieurs fois avec sa femme et ses enfants. Mon père avait toujours une boule au ventre dès qu’il passait la frontière, persuadé d’être arrêté. Il a revu sa mère, ses oncles et tantes très tard, tous étaient convaincus qu’il était mort en prison.


Pour finir l’interview, est-ce que vous avez quelque chose de plus à nous dire ?
Mon père nous parlait peu de la guerre, et il ne souhaitait pas vivre dans le passé.


José ou plutôt Raphaël est décédé en juillet 2004 à l’âge de 90 ans.
Après la mort de Franco le 20 novembre 1975, le nouveau roi d’Espagne Juan Carlos Ier fait passer en quelque mois le pays dans le camp des démocraties, c’est la «transition démocratique»…

Julie LEMOINE 2G



Ça m’a fait très plaisir de découvrir l’histoire de mon arrière-grand-père, je n’ai pas eu la chance de le connaître et je n’ai pas non plus eu la chance de savoir un bout de son histoire vu qu’avec ma famille c’est un sujet tabou. Mais grâce à ce projet j’ai pu en savoir un peu plus sur lui donc je suis très contente. Mon grand-père aussi est très content d’avoir fait cette interview, étant jeune il ne parlait pas beaucoup avec son père car son père était souvent parti travailler et donc de parler de lui mais aussi de le connaître mieux lui a fait beaucoup de bien.



Nous avons beaucoup appris durant cette interview. En effet cette femme au parcours tumultueux et compliqué s’est livrée à nous, nous a fait part de sa tristesse et sa colère mais nous a montré sa force car selon nous son vécu l’a rendue guerrière. Elle est partie pour survivre en laissant toutes les personnes qu’elle aime derrière elle sans savoir si elle les réverrait. Devoir fuir pour pouvoir survivre seule doit être l’une des pires épreuves dans une vie. Mais par chance et détermination elle est arrivée au bout de son périple. Et quelques temps plus tard, son fils a pu la rejoindre et elle espérait pouvoir faire de même avec ses sœurs.
Durant l’interview, nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières. Le fait d’apprendre et d’écouter le parcours d’une personne inconnue nous a permis de nous rendre compte de la chance que nous avons de vivre dans un pays sécurisé. De plus, Freweyni était très émue de pouvoir partager son expérience et d’être écoutée.
Pour conclure, nous avons pris plaisir à faire cette interview et avons découvert que derrière chaque personne se trouvait un passé caché parfois difficile mais qui rend le présent et l’avenir différent.

FREWEYNI B. (Erythrée)

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Présentez-vous ? D’où venez-vous ?
Je m’appelle Freweyni B….. . J’ai 30 ans.
J’ai fui Asmara capitale de l’Erythrée, petit pays voisin de l’Ethiopie, en 2016 parce que ma vie était menacée.

Pourquoi êtes-vous partie ?
Mon pays est devenu indépendant de l’Ethiopie en 1993. Depuis cette date, il est gouverné d’une main de fer par le même chef d’Etat. C’est une dictature. Par exemple, hommes et femmes sont obligés d’entrer dans l’armée parfois pour toute la vie, pour un salaire mensuel de 20 €. Les partis politiques sont interdits, il n’y a pas de liberté de la presse, de nombreuses disparitions sont inexpliquées….) .

Quel était votre but ?
A la suite de la fuite de mon mari, j’ai été harcelée par des militaires. Ils ont alors incendié la maison de mes parents en pleine nuit. J’ai donc dû fuir mon pays en laissant mon fils de 3 ans à mes parents et à mes sœurs car je savais que ce qui m’attendait allait devenir très dangereux.

Avez-vous rencontré des difficultés pendant votre parcours ?
Mon père m’a donné 5 000 dollars pour me réfugier en Europe.
Je suis d’abord partie à pied au Soudan avec un passeur que connaissait un peu mon père, accompagnée de 4 autres personnes. J’ai marché pendant huit jours sous une chaleur extrême le jour. J’ai dormi dehors sous le froid à l’air libre. Cela m’a coûté 2 000 dollars.
Avec un autre passeur, moyennant 1 700 dollars, j’ai ensuite voyagé pendant douze jours en voiture vers la Libye où je suis restée un mois en me cachant le plus possible car la vie dans ce pays est très dangereuse (les viols, les enlèvements, les demandes de rançon sont monnaie courante).
De là, pour 2 200 dollars, j’ai pris un petit bateau puis un plus gros pour traverser la Méditerranée sur lequel s’entassaient environ 700 personnes. Deux jours et une nuit d’angoisse avec des vagues énormes et des noyades pour certains… Je suis arrivée en Sicile où j’ai été prise en charge par les autorités. Après 2 semaines je suis partie pour la France par le train. A Paris, j’ai dormi 1 nuit dans la rue, porte de la Chapelle Sans possibilité immédiate de trouver un camp d’hébergement, je suis partie ensuite à Calais dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre. J’y suis restée 2 semaines dans des conditions de vie épouvantables et ai renoncé à ce projet.

Vous a-t-on aidée à trouver un logement, un travail ?
Oui, au bout d’un an j’ai trouvé un travail dans une association pour l’insertion et l’emploi. La CIMADE et la Boite aux Lettres m’ont appris le Français. J’ai pu trouver refuge dans une première association : le CADA puis j’ai été logée par COALIA.

Vous sentez-vous maintenant en sécurité ?
Oui j’essaie maintenant de faire venir mes deux sœurs restées dans mon pays natal. Mon fils est arrivé il y a quelques jours à Alençon. Je suis reconnaissante envers la France de m’avoir accueillie et aux associations pour toute l’aide qu’elles m’ont apportée. Je suis maintenant en sécurité et je peux avoir des projets.


J’ai vraiment aimé réaliser ce projet, surtout qu’interviewer mon grand-père, c’était d’autant plus touchant. Je suis tellement reconnaissante qu’il ait bien voulu nous partager son histoire que je connaissais dans les grandes lignes seulement. Il a vécu des choses horribles à un si bas âge et grâce à cet interview j’en ai pris conscience.
L’interview s’est passée, c’était riche en émotions autant pour lui que pour moi et ma mère qui m’a accompagnée. J’ai passé un bon moment de partage avec mon grand-père et j’en suis fière.

GEORGES (Algérie)

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Présente toi :
« Bonjour, je m'appelle monsieur Plaza Georges, j'ai actuellement 68 ans »

-Quel est ton pays d'origine ?

« Mon pays d'origine c'est l'Algérie, je suis né là-bas. Je suis né exactement à Oran pas loin d'Alger, une ville très belle, refaite dans le style français, avec des vieilles comme à Paris. C'était une ville très ensoleillée et ombragée en même temps. »


-


-En quelle classe étais-tu ?« En Algérie ma classe comme j'avais 5 ans c'était le CP,
je suis parti quand j'avais 9 ans et on est arrivés en France en 1962,
à la fin de la guerre. »



-Pourquoi avez-vous quitté l'Algérie ?« Comme on était des pieds-noirs on était français alors il fallait absolument quitter l'Algérie parce que c'était une indépendance et c'était un territoire Algérien donc on n'avait plus rien à faire là-bas. On n’avait pas beaucoup de sous pour rentrer en France, c'est la Marine Nationale qui nous a rapatriés sur le porte avion La Fayette et on est arrivé à la base navale de Toulon en 1962, avec mes parents uniquement. »

-Comment s'est passé le départ ?« C'était le 12 juillet, il faisait très beau et on mangeait sur notre terrasse à la maison, puis on a vu une voiture arriver rapidement, c'était le neveu de ma mère qui a dit « dépêchez-vous, vous partez en France ». C’était un avantage par rapport à la Marine Nationale qui recrutait tous les Français donc on est parti aussitôt, on a tout laissé sur la table, on est parti avec ce qu'on avait c'est-à-dire rien. On est arrivé au port militaire, on a été mis dans des tentes pour dormir et préparer le départ et au moment de partir il y a eu un attentat sur la base aérienne de Mers-Elkebir, cette base était commandée par le général Salan. Le mouvement terroriste d’Algérie, le FLN, avait kidnappé la femme du général, enfin c'était un amiral, en disant « si vous ne nous donnez pas tous les ressortissants Français on tue votre femme ». Donc, l'amiral lui il a envoyé un commando, qui a récupéré sa femme et il nous a fait partir en France. »


-As-tu eu peur de quitter l'Algérie ?« On a eu peur par rapport à la rapidité à laquelle on est parti, on ne savait pas où l'on allait, après en France on n’avait pas de sous, on n’avait rien. Mon père, lui, il voulait rester dans le sud de la France, forcément on est pieds-noirs on voulait le soleil mais comme à l’époque il n'y avait pas beaucoup de travail la seule région française industrialisée c'était la Normandie, donc on y est venu et on y est resté d'ailleurs ».



-Comment s'est passée l'intégration en France ?
« Quand on est arrivé en France on a été parqué comme des animaux, ce n’étaient pas des ghettos mais ça n’en était pas loin. On était parqué dans des entrepôts, dans des cinémas, dans des gymnases et on vivait tous en communautés en attendant qu'on nous trouve quelque chose, donc on n’avait pas le choix, on était tous ensemble les jeunes, les vieux, les enfants, les adultes. On a vraiment souffert de ça, jusqu'à temps que mon père trouve du travail sur Alençon, on était à Père-Monchère (???) dans une salle de cinéma et après on a trouvé un appartement. Puis, on a commencé à s'intégrer dans la société pour être comme les autres mais on n’a jamais voulu de nous. A l'école, quand le maître posait une question et que j'avais la réponse, je levais le doigt et JAMAIS il m'interrogeait, j'étais au fond de la classe et il ne s'occupait pas de moi tout ça parce que il y avait une espèce de racisme, je peux dire que c'est du racisme, partout on l'on allait, on nous disait « ah sale pied noir ». Et c'est vrai qu'après avec le temps ça a commencé à diminuer et petit à petit ça a disparu par les changements de gouvernement, par l’intégration. »

-Est-ce que la langue du pays a été une difficulté pour toi ?
« La langue française a jamais été une difficulté pour moi pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais appris l'Arabe parce que nous les français on n’avait pas le droit d'apprendre l'Arabe, par contre les enfants arabes eux ils étaient obligés d'apprendre le Français. C'est pour ça que les Algériens parlent toujours le Français, enfin s’ils veulent maintenant ils ne sont plus obligés. Je pense que le gouvernement français avait imposé ces lois étant donné que c'était une colonie. »

-Est-tu retourné en Algérie ?
« Je n'y suis jamais retourné parce que j'ai été marqué par la guerre, mes parents non plus parce que mon père il avait une petite entreprise et quand il est arrivé en France il a tout perdu, on n’avait rien, on s'est reconstruit autant que bien. Quand j'étais enfant je voyais des cartes postales de la France, je voulais toujours y aller, j'en avais marre de l'Algérie tout gamin, j'en avais marre de voir toutes ces injustices, ces atrocités et moi je voulais venir en France. Pour moi la France c'était mon pays. »


-As-tu un souvenir à raconter ?« Quand j’étais petit, à Pâques, on avait une tradition, toute la famille se réunissait et on allait faire un pique-nique à côté des champs de blés. Je devais avoir 3 ans, et la tradition c'était de faire des cerfs-volants et un jour mon oncle, le frère de ma mère, et il avait fait un cerf-volant immense avec beaucoup de couleurs, il m'avait attaché la ficelle du cerf-volant autour de la taille, il y avait beaucoup de vent, donc le cerf-volant était parti… et moi avec ! Mon père m'a vu partir, alors ils m'ont tous couru après pour me rattraper et ça, ça m'est resté dans la tête. Puis on se mettait à manger, ma grand-mère avait une manie, c'était de faire de la paëlla, parce qu'elle était Madrinienne (Madrilène ?), elle faisait la paëlla au feu de bois et, après manger, les adultes (suppression d’un mot) faisaient une petite sieste et nous les enfants on retournait la poêle on mettait nos mains sur le noir et on badigeonnait les adultes avec quand il dormait, et on rigolait. J'avais un chien, qui s'appelait Rex, un Saint-Bernard, ils nous suivaient partout, mon père avait fait un chariot en bois et on allait se promener avec le chien et tout ça. D'ailleurs lui, il est resté sur le quai du port, il était vacciné mais les sanitaires ils ne voulait qu'on l’emmène, quand on est partis le chien il hurlait, il aboyait pas, il hurlait… »

-Je te laisse le mot de la fin…
« J'ai raconté mon périple avec grande joie, il y a eu de bons souvenirs, des très mauvais j'ai vu la guerre très jeune, j'ai vu des atrocités et ce que je souhaite à tous c'est de ne jamais connaître ce que j'ai connu quand j'avais cet âge, c'est la seule chose que je souhaite. »



Bonjour, je m’apelle Yang Ewann, j’ai 15 ans et j’étudie au lycée Navarre Leclerc. Pour un projet d’école sur la migration, j’ai décidé d’interviewer ma mère pour comprendre et faire connaitre l’histoire de notre culture jusqu’à notre migration en France.

YANG HOUA (Chine)

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Peux-tu te présenter ?

Bonjour je suis Yang Houa et j’ai 49 ans. Je vis en France depuis 46 ans, j’avais 3 ans lors de mon arrivée en France en 1975. Je suis d’origine Hmong, un peuple qui vient des montagnes chinoises, laotiennes et thaïlandaises, ce n’est pas une population très connue étant donné que nous ne sommes qu’environ 4 à 5 millions de Hmong dans le monde répartis aux quatre coins du globe.


Pour quelle raison as-tu migré ?

Nous avons migré à cause de la persécution de notre peuple lors de la guerre du Vietnam (de 1955 à 1975), et la guerre d’Indochine. Les Vietnamiens voulant leur indépendance combattent contre la France et les Etats-Unis en Indochine française. La France et ses pays alliés se faisaient de plus en plus repousser et les Hmongs, installés au Vietnam, au Laos et au Cambodge, en voyant cela décident d’aider la France à combattre en première ligne notamment grâce à nos grandes connaissances de la forêt et de la jungle. Les Vietnamiens, en apprenant cela, considèrent les Hmongs comme traitre, c’est pourquoi nous nous faisions persécuter, certains disparaissaient dans les prisons, d’autres se faisaient torturer voire même tuer. La France décide donc de ramener une grande partie du peuple Hmong en France, en Guyane française et aux Etats-Unis en reconnaissance de notre combat pour ce pays. C’est ainsi que nous sommes arrivés en France en 1975 après la guerre du Vietnam.


Comment s’est passé votre intégration en France ?

Nous avons bien été accueillis dans ce pays, les logements, l’accès au travail et à l’éducation nous étaient à disposition. Il n’y a pas vraiment eu de problèmes particuliers durant notre intégration si ce n’est l’apprentissage de la langue pour les plus anciens.

Photo de vêtements traditionnels Hmong. (► à mettre en légende de la photo sur la page de présentation)

Merci d’avoir pris le temps de lire son histoire et merci de nous avoir permis de faire connaitre l’histoire du peuple Hmong jusqu’à sa migration.

MANUEL MARTIN RODRIGUEZ (Espagne)

Voici le témoignage de mon grand-père maternel. Mes grands-parents maternels sont tous deux espagnols. Ma grand-mère est malheureusement décédée jeune à l’âge de 56 ans. Je n’avais alors que 3 ans et je l’ai donc peu connue. Elle était de nationalité espagnole mais née ainsi que ses parents à Tanger, au Maroc. Jusqu’à 1956, Tanger était un protectorat franco-espagnol. Ses parents, sa sœur et elle sont arrivés en mai 1962 en France, en même temps que les rapatriés d’Algérie. Mon grand-père Manuel Martin Gonzalez est né le 23 octobre 1948 à Fuentes de Oñoro, village frontalier avec le Portugal. Il est situé dans la province de Salamanque qui fait partie de la région de Castille et Léon. Ma mère est la première à être née en France.

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(Madagascar)

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De quel pays avez-vous migré ?
Madagascar

Quelles sont les raisons de cette migration ?
L’île allait être indépendante et ne plus être un territoire français (c’est une ancienne colonie française).
Mon grand-père travaillait pour un arsenal français, on lui a proposé un poste en France.

Comment êtes-vous venue en France ? (moyen de transport )
En avion.

Combien de temps a durée le trajet ?
Aujourd’hui le vol dure 12h (mais c’était certainement plus long à l’époque : dans les années 70)

Avec quels membres de votre famille votre maman a-t-elle migré ?
Ses parents et ses six frères et sœurs.

Votre maman a-t-elle eu des difficultés lors du trajet ?
Elle n’en a pas le souvenir, elle avait six ans. Mais elle dit que mon grand-père avait bien organisé le voyage.

Pourquoi avoir choisi la France à un autre pays ?
C’est là qu’on a proposé un travail à mon grand-père.

Quel âge votre maman avait lors de sa migration ?
Elle avait six ans.

Est-ce que ça a été simple de s’adapter dans un nouveau pays ?
Oui car elle était très jeune, mais ça a été un choc d’avoir aussi froid en descendant de l’avion : personne ne lui avait dit que c’était l’hiver en France et toute la famille est descendue de l’avion en short et en tee-shirt en plein mois de février !
Mon oncle qui est plus âgé raconte que ça a été plus difficile pour lui et que Madagascar lui a manqué toute sa vie : le soleil, la pêche, la vie simple…

NYANYA MARIE-BIJOU (RDC)

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Ton nom, prénom et âge Nyanya Marie-Bijou 35 ans
Quel est ton pays d’origine ? République Démocratique du Congo
Quel était ton métier dans ton pays d’origine ? Etudiante en marketing et management...

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Ton nom, prénom et âge
Nyanya Marie-Bijou 35 ans


Quel est ton pays d’origine ?
République Démocratique du Congo

Quel était ton métier dans ton pays d’origine ?
Etudiante en marketing et management

Pourquoi ce départ ?
Mon père m’a envoyée pour faire ma vie en France, il m’a offert cela pour la fin de mes études. La vie au Congo est compliquée : il n’y a aucun travail et le peu qu’il y a il faut être pistonné.

Quelles étaient les conditions du voyage (quel moyen de transport, seul ou accompagnée) ?
En avion, et oui j’étais toute seule sans famille.

As-tu eu peur de quitter ton pays ?
Je n’avais pas peur mais j’avais la tristesse de quitter mon père et ma famille.

Comment s’est passée l’intégration dans le pays d’accueil ?
J’ai été accueillie et hébergée par un oncle. Je suis ensuite allée dans un foyer d’accueil pour migrant.

La langue du pays d’accueil a-t-elle été une difficulté ?
Au Congo, on apprend le français à l’école donc je pouvais me débrouiller, mais ce n’est pas ma langue maternelle.

Es-tu retournée dans ton pays d’origine ?
Oui pour le deuil de mon père

As-tu un souvenir, une expérience que tu voudrais partager ?
Je n’ai pas d’idée

As-tu un message à faire passer à ceux qui verront l’interview ?
La grosse difficulté des immigrés est d’avoir des papiers pour pouvoir faire des formations et travailler. Le début est assez difficile mais ensuite la vie en France est bien meilleure que dans mon pays d’origine donc je ne regrette pas.