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musée personnel de Julien Sorel

guide de visite :

Inspirations littéraires (pages 3 à 8)expressions musicales (pages 9 à 14)empreinte statuaire (page 15)objet précieux (page 17)

NB : toutes les références sont tirées du livre édité par Le livre de Poche et préfacé par Victor Del Litto

inspirations littéraires

«L'action de savoir par cœur la Bible, et encore en latin, avait frappé les habitants de Verrières d'une admiration qui durera peut-être un siècle.»

Lorsque ce passage arrive, Julien est précepteur pour M. de Rênal, le maire de Verrières, et fait briller ses connaissances en pouvant réciter la Bible en latin après seulement trois vers énoncés. Il est alors impossible d'imaginer M. Sorel sans Bible, lui qui est destiné à de grands exploits. Il est très intéressant de mettre en avant la Bible car, du temps de l'auteur, la France était un pays tès chrétien, l'Etat et la religion étaient liés. Je pense qu'il faut voir à travers cet oeuvre une coutume du temps mais aussi un lien, une aide qui peut nous permettre de mieux comprendre les mœurs de l'époque. En réalité, lorsque Stendhal faisait de Julien quelqu'un de doué pour la religion de son contemporain, aujourd'hui il nous aide à mieux comprendre la façon d'agir de son temps, il nous explique presque 'les chroniques' partout en France. Puisque lire la Bible peut nous aider à comprendre les usses et coutumes du temps, nous montre le roman, il nous démontre également qu'il est difficile de comprendre d'autres sociétés sans s'intéresser à leur religion et à la place qu'elle occupe dans leurs société. En réalité, grâce à son roman, Stendhal nous explique qu'il est impossible de comprendre l'autre sans connaître sa foi, c'est une invitation à l'ouverture d'esprit, un refus d'ethnocentrisme, un relativisme culturel qui fonde la pensée et qui devient nécessaire dans un monde cosmopolite comme aujourd'hui.

Livre I, Chapitre XIII, page 92

«Il se répétait avec colère ce vers de Corneille, que Mme Derville lui avait appris quelques jours auparavant: …............................................ L'amour Fait les égalités et ne les cherche pas . »

A cet instant du récit, julien a avoué sa faute d'aimer à Mme de Rênal et cette dernière se retrouve confuse car elle désire qu'il demeure précepteur de ses trois fils et ne voit en lui qu'un ami. M. Sorel ayant fait un voyage quelques jours auparavant afin de se retrouver lui-même s'est vu offrir un travail mieux payé par son ami Fouqué et ne sait plus s'il doit rester avec la femme qu'il aime et pêcher ou bien partir avec son ami. Lorsque Mme de Rênal, après une gaucherie de Julien, lui rappelle qu'elle lui est supérieure, il s'énerve et se récite ce vers. Il est intéressant de parler de ce de vers, et de manière générale de cet auteur puisque la religion interdit ces ouvrages, elle condamne ces écrivains profanes. Pourtant, bien qu'il aime Mme de Rênal, c'est au près de Mme Derville qu'il apprend ce vers. Tout cela montre combien il est important de s'intéresser à la culture de ses semblables, même si l'on est en désaccord avec eux sur certains points. Julien, en apprenant ceci, se fait curieux du monde qui l'entoure et avide de savoir, même profane. On peut voir ici une invitation au relativisme culturel encore une fois, valeur importante pour Julien. Il est difficile alors d'imaginer Julien Sorel sans quelques écrits de Corneille car, comme pour la personne qu'il aime et son amie, il devient une référence.

Livre I, chapitre XIV, page 98

«Julien songeait à se rappeler les phrases d'un volume dépareillé de la Nouvelle Héloïse, qu'il avait trouvé à Vergy.»

Cette scène arrive lorsque Julien arrive à Besançon. Il décide dans un premier temps d'aller dans un café pour la première fois de sa vie. Mme de Rênal lui en avait tant parlé et cet endroit était rempli de rêves pour lui. En arrivant, il voit une jeune femme très jolie qu'il essaye de séduire, seulement, la seule façon qu'il a trouvé est de réciter quelques vers qu'il aime, ici de la Nouvelle Héloïse. Il répètera ce procédé avec Mathilde dans le livre II chapitre XI page 332 et chapitre XVI page 363. Ce livre, écrit sous forme de lettres, raconte les amours entre Héloïse et Abélard. Ce qui a fait sa renommée n'est pas tant l'intérêt de l'action sinon l'éclat du style et les épisodes qu'il renferme. Il est intéressant de noter que La Nouvelle Héloïse est écrit par Jean-Jacques Rousseau qui a plusieurs fois, durant sa vie, dû changer de résidence à cause de ses écrits, considérés comme profanes et créant ainsi une discorde profonde avec l'Eglise. Le fait de lire un auteur profane pourrait condamner Julien à l'ignominie mais il prend tout de même ce plaisir coupable. Cet ouvrage, plusieurs fois cité par Julien pour transmettre ses transports, est donc essentiel et vient bâtir sa vie sentimentale.

Livre I, chapitre XXIV, page 182

«Mais à la fin d'une séance, où il avait été question des Pères de l'Eglise, un examinateur adroit, après avoir interrogé Julien sur saint Jérôme et sa passion pour Cicéron, vint à parler d'Horace, de Virgile et des autres auteurs profanes.»

Cet extrait se situe lorsque Julien est au séminaire et passe ses examens pour savoir le poste qu'il peut occuper en fonction de ses connaissances, son raisonnement et son dévouement à la religion. Ici, son examinateur l'interroge sur des écrits et écrivains considérés comme profanes. Julien sait répondre car il aime ces écrits et il s'y intéresse lorsqu'il le peut. On peut voir qu'Horace est évoqué plus tard dans le chapitre XXX du livre II page 233. Horace est une pièce de théâtre tragique écrite par Corneille qui se déroule dans la Rome Antique et qui s'amuse à opposer l'amour à la patrie. C'est une pièce où l'amour occupe une place centrale et qui est considérée comme profane par l'Eglise. Virgile a quant à lui écrit les Bucoliques, les Géorgiques et surtout l'Enéide. Ses écrits propageront des références et des idéaux d'esthétique en Europe parmi les lettrés. Il est intéressant de relier ces ouvrages à Julien car, bien qu'ils soient prohibés par l'Eglise à cause des croyances et des rites différents, ils sont une sorte de cours d'Histoire pour les personnes bien-nées dans ces temps. Il est également difficile de nier que Julien a beaucoup d'admiration pour Napoléon Ier qui est souvent comparé à Jules César grâce à leur mérite en tant que généraux et gouvernants, ce qui peut expliquer l'attrait de Julien pour ce temps et ces écrits.

Livre I, chapitre XXIX, page 218

«Napoléon avait volé des millions en Italie, sans quoi il eût été arrêté tout court par la pauvreté, comme Pichegru. La Fayette seul n'a jamais volé.»

A cet instant, Julien est au bal de M. de Retz et parle avec le comte Altamira. Ensemble, ils réfléchissent à la façon de grandir, de s'élever, de briller dans la société. Julien vient fondé son raisonnement sur son héros: Napoléon, et observe que de tous les noms que retient l'Histoire, seul La Fayette est resté droit, ne s'est pas dérobé à ses valeurs, selon Julien. Il est donc intéressant de relier cette admiration qu'il a pour ses grands noms à travers des ouvrages, qu'il affectionne tout particulièrement. Le premier ouvrage raconte comment la France est devenue un grand empire grâce à Napoléon, retraçant plusieurs grandes batailles et stratégies. Le second raconte comment La Fayette a fait son second voyage pour les Etat-Unis sur l'Hermionne, un navire de guerre aujourd'hui encore légendaire. Il est facile de supposer que de toute sa bibliothèque, de tous les ouvrages qu'il a lu, ces deux là fassent partie de ses préférés car, si Julien rêve de devenir quelqu'un d'important, c'est avant tout grâce à eux. On peut supposer qu'il devait malgré tout cacher ces ouvrages, de peur d'être rejeté de l'hôtel de la Mole, ce qui expliquerait pourquoi l'auteur ne mentionne pas ces livres qui sont pourtant identitaires pour Julien.

Livre II, chapitre IX, page 318

expressions musicales

Après avoir passé plus d'un an dans un séminaire loin de Mme de Rênal, Julien vient la retrouver à Verrières dans la nuit pour que ces retrouvailles ne soient sues de personne excepté eux ( l'abbé Chélan lui avait prohibé ces revoyures ). Seulement, lorsque M. Sorel arrive dans la chambre de Mme de Rênal, cette dernière le repousse tandis que lui vivait dans l'attente de la revoir. J'ai choisi cette chanson car elle marque les sentiments forts éprouvés par Julien sur l'instant. En effet, le premier couplet vient exactement transcrire les sentiments du protagoniste: «So close, no matter how far / Couldn't be much more from the heart / Forever, trust in who we are / And nothing else matters», en français: Si proches, peu import la distance / Nous ne pouvions pas être ( plus proches ) dans les cœurs / Pour toujours, ( nous ) cro[yons] en qui nous sommes / Et plus rien d'autre ne compte». On observe en effet dans cette retrouvaille que Julien rencontre Mme de Rênal comme s'il l'avait vu récement et en est toujours aussi proche, comme dans la chanson. Les autres couplets ont une idée directrice similaire, en revanche, le refrain contraste avec le roman et pourtant, à mes yeux, reflète de manière idoine la pensée de Julien: «Never care for what they say / Never care for games they play / Never care for what they do / Never care for what they know», soit une volonté de vivre la relation pleinement, sans que le regard des autres ne l'impacte, et ce malgré les us et coutumes du temps.

«Je viens vous voir après quatorze mois d'une cruelle séparation.»

Livre I, chapitreXXX , page 236

«Plusieurs fois l'idée du suicide s'offrit à lui; cette image était pleine de charmes, c'était comme un repos délicieux, c'était le verre d'eau glacée offert au misérable qui, dans le désert, meurt de soif et de chaleur.»

A ce moment du récit, Julien éprouve des sentiments d'amour très forts pour Mlle de la Mole, seulement, cette derière qui, dans un premier temps lui a avoué tous ses transports, s'est par la suite rétractée et éprouve du mépris pou lui, le «torture» en lui racontant ses autres histoires d'amour mais finit par retrouver des sentiments dont elle ne lui a pas encore fait part. Julien est alors en train de souffrir le martyre à la vue de Mathilde et, le marquis de la Mole, dont il est le secrétaire, lui ordonne de ne pas voyager pour pouvoir le consulter à toute heure.

J'ai trouvé intéressant d'assimiler cette chanson à M. Sorel à cet instant car, en lisant ce passage, je voyais le héros, comme dans la chanson, en train d'observer le monde qui l'entoure, de ne pas le comprendre ni en faire partie, d'avoir comme résolution la mort. Ainsi, je prends du plaisir à relire ce passage au rythme de la chanson car les deux se confondent parfaitement.

Livre II, chapitre XIX , page 382

A ce moment du roman, Julien a réussi après un stratagème élaboré à rendre Mathilde remplie de transports à son égard. Seulement, Mlle de la Mole a déjà eu des sentiments pour M. Sorel qui, trois jours plus tard, avaiet disparu. Il est alors sur ses gardes et n'ose pas réellement montrer toute l'affection qu'il a pour Mathilde. J'ai choisi d'associer cette chanson car l'artiste fait à travers ce clip et ses paroles son coming-out, alors qu'il s'était promis, plus jeune, d'emporter le secret de sa sexualité avec lui, dans sa tombe. En réalisant cette chanson et ce clip, il a renoncé à l'idée d'être comme les autres lui demandent et devient lui-même. Ce dilemme est quelque peu semblable ici, on observe Julien oublier celui qu'il doit être pour accepter les avances de Mathilde et, peu de temps après, redevient celui qu'il convient d'être. Bien qu'encore aujourd'hui, l'artiste soit apeuré par la situation, il a décidé de l'assuméer et l'on peut percevoir ce raisonnement tout au long du roman mais il se dévoile, s'accentue lors de ce passage: passage clef pour Julien.

« Julien l'embrassa, mais à l'instant la main de fer du devoir saisit son cœur. '' Si elle voit combien je l'adore, je la perds. '' Et, avant de quitter ses bras, il avait repris toute la dignité qui convient à un homme.»

Livre II, chapitre XXXI, page 453

«Julien sauta à bas du fiacre et courut à sa chaise de poste arrêtée au bout de la rue.»

Lors de cet extrait, Julien vient de lire une lettre écrite par la main de Mme de Rênal elle-même, qui dénonce au marquis de la Mole la manière d'agir de Julien là où il est précepteur: il n'est qu'intérressé par le pouvoir et séduit la femme la plus puissante de la maison pour avoir toutes les grâces, s'enrichir, … il n'a aucun sentiment, …. soit de quoi souiller ce que Julien a de plus cher: son honneur. A cette terrible lecture, Julien quitte Mathilde en direction de Verrières, la tête pleine d'idées noires que l'on ne peut deviner. Il est, à mon avis, très intéressant de relier ce passage à cette chanson pour plusieurs aspects. Tout d'abord, tout au long du roman Julien vit sa vie pleinement, intensément ce qui, en quelque sorte, le relie au mouvement grunge et son icône: Kurt Cobain. D'autre part, Julien et Kurt Cobain partagent ce sentiment de tristesse dans cet extrait et cette chanson ( la chanson est souvent assimilé aux premiers signes de l'envie de suicide de Kurt Cobain ) qui les prend si violemment que ceux qu'ils font ( Julien ) ou chantent (Kurt Cobain) est incompréhensible de premier abord. De surcroît, ils ont tous les deux cet aura qui les guide et nous indique, même sans connaître leur devenir, l'éclairage de leur futur, ici obscur : pour Julien, quitter sa femme ( source de bonheur ) et partir sans rien dire; pour Kurt Cobain, la musique au rythme lent, aux paroles dénuées de sens et à la gamme mineure.

Livre II, chapitreXXXV , page 479

Dans le dernier chapitre du roman, Julien est prêt à confronte sa mort inéluctable. Il éprouve plusieurs sentiments. Ici, il met un accent important sur ce qui se passe après la mort. Pour rappel, à un certain moment, Julien était destiné à devenir prêtre, la religion lui conformait alors comment ce passage se déroulerait: ou bien le paradis, ou le bien l'enfer. Il semble ici interroger autre chose, ce qui frappe le lecteur. Il parle peut-être de fantôme? D'esprit? Ou bien peut-être l'impossibilité de changer de monde, de ne pas pouvoir retrouver l'ange de sa vie ( Mme de Rênal ) au paradis. Lors de cette lecture, nous voyons un message de la part de Julien qui s'adapte à chaque lecteur. Pour ma part, j'ai vu la chanson qui est ici associée et tout ce qu'elle sous-entend. La chanson parle de la perte d'un être cher et de l'impossibilité de le revoir. Elle est pour moi symbolique de ce passage car elle aborde deux aspects: une possible retrouvaille et la vie sans cet être. La possible retrouvaille s'interroge sur le changement durant la séparation: connaître le nom, être le/la même, aider, …. ce qui dans le roman peut-être interprété comme un clin d'oeil à la fin du livre I quand Mme de Rênal ne reconnaît plus Julien ou aux transports entre Mathilde et Julien qui changent très souvent. D'autre part,la réalité et la vie sans l'être aimé est décrite comme une épreuve difficile, personnelle, quotidienne et ce deuil se conclue par une retrouvaille impossible et le bonheur pour l'autre. Dans le roman, ceci peut s'interpréter comme le refus du marquis de la Mole d'assister au mariage de sa fille.

«Qui sait? Peut-être avons-nous encore des sensations après notre mort, disait-il un jour à Fouqué.»

Livre II, chapitre XXXXV, page 540

empreinte statuaire

«Son âme était navrée, et avant de passer la montagne, tant qu'il put voir le clocher de l'église de Verrières, souvent il se retourna.»

Ce moment est très important pour Julien, il quitte Verrières, sa terre depuis toujours, sans savoir quand il va revenir. En partant pour le séminaire, il laisse une part de lui à Verrières. Cette sculpture, réalisée par quelqu'un qui a été forcé d'émigrer, montre combien il est difficile de quitter ses terres et qu'en emportant tout ce qui fait notre identité on perd tout de même une part de soi ( d'où la sculpture qui ne montre un homme qu'en partie ). On peut voir que Julien et la sculpture ne font qu'un, comme si Julien allait vivre le reste de sa vie immobilisé et en morceaux.

Livre I, chapitre XXIII, page 178

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pièce maîtresse

«Une heure après, un laquais remit une lettre à Julien; c'était tout simplement une déclaration d'amour»

À cet instant, Julein reçoit une lettre d'amour de la part de Mathilde et devient fou de joie. Je pense que cette lettre, cette déclaration est l'objet, ou du moins un des objets, le plus précieux aux yeux de Julien car grâce à elle, il s'est senti pour la prermière fois de sa vie grand, comme si par cette lecture il était anobli. Cet objet est si important dans sa vie, si marquant qu'il est impossible qu'il ne l'ait pas toujours près de lui.

Livre II, chapitre XIII, page 344