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Transcript

Orange, Vaucluse, 15 juin 1951

Un avion De Havilland "Vampire". Photo GFDL 1.2 Chris Finney

1951. Vincent Auriol
est président de la République, la France fait la guerre en Indochine et Edith Piaf chante « Padam
padam »…
Le 15 juin, en fin de matinée, deux pilotes de l’armée de l’air décollent de la base aérienne d’Orange-Caritat, dans le Vaucluse, installés dans leurs chasseurs à réaction De Havilland
« Vampire ».

Entre 10 et 20 km après avoir décollé en direction du nord, à 6 000 pieds d’altitude (environ 1,83 km de hauteur), l’un des pilotes aperçoit au nord-est un « engin bizarre », comme l’appelle son commandant dans le compte-rendu.

Dans la barre des Ecrins, juste au-dessus du massif du Pelvoux dans les Hautes-Alpes, à environ 10 000 pieds d’altitude, un objet sphérique ou circulaire, argenté et « très brillant », se tient, immobile. Il n’y a pas de fumée autour de lui.

Les chasseurs mettent alors le cap dans sa direction. Restant deux minutes encore sans bouger, « le quelque chose » commence alors à monter, tout en prenant une forme oblongue.

Les pilotes tentent de le rattraper, mais l’objet devient de plus en plus petit, semblant partir vers l’est. « Je le perds de vue à un moment pour le revoir ensuite sous la forme d’un point à l’horizon. Il est totalement perdu de vue au bout d’environ 6 minutes de poursuite », détaille l’un des pilotes.

Cette observation conjointe et similaire de la part des deux témoins, remonte auprès de l’Etat-major. Elle est prise au sérieux par la hiérarchie des pilotes, qui les considère comme de bons observateurs ainsi que « des gens pondérés et dont l’imagination n’est pas débordante ».

Le Geipan, qui ne sera constitué qu’en 1977, a rouvert le dossier en 2017. Mais le cas reste mystérieux. L’hypothèse du ballon stratosphérique observé de loin, qui aurait pu être envisagé, ne convient pas, du fait du déplacement rapide de l’objet après sa phase statique initiale.

Accès au dossier du Geipan

Extrait du rapport du Colonel de la base d'Orange à sa hiérarchie. Document Geipan

Saint-Geoirs, Isère,
25 novembre 1976

Extrait du PV de gendarmerie. Document Geipan

Ce 25 novembre 1976, il n’est pas plus de 6h30 du matin quand Monsieur C., cultivateur de fruits de 60 ans, part chasser la bécasse sur le territoire de la commune de Saint-Geoirs, en Isère, à un endroit qu’il connaît bien. Le temps est légèrement brumeux, le sexagénaire a quelques problèmes de vue (il ne voit que d’un œil depuis un accident de chasse), mais la visibilité est bonne.

Ce matin, on peut voir jusqu’aux coteaux de Sant-Michel-de-Saint-Geoirs. Vers 7h10, cet homme favorablement connu sur la commune, « sobre » selon les gendarmes, connait une drôle d’expérience : « Je te donne en mille ce que j’ai vu à l’affut…, racontera-t-il à sa femme en rentrant. J’ai certainement vu un Ovni ! ».

En effet, la rencontre est troublante, même si, confiera-t-il plus tard aux gendarmes, elle ne l’aura pas empêché de dormir le soir venu.

Extrait du PV de gendarmerie. Document Geipan

Ce matin donc, au loin, une lueur rouge scintille « avec des étincelles ». Le chasseur croit à un feu de cheminée. Mais le phénomène disparait. Notre homme se déplace, puis une lumière, « genre phare tournant des Ponts et Chaussées » réapparait, cette fois en se dirigeant vers lui, à 10 mètres du sol. Arrivé à 10 ou 15 mètres du témoin, le PAN change brusquement de direction, et se révèle sous un autre jour : un objet de forme allongée, « sorte de poisson ou de cigare, long de deux mètres environ et de 45 à 50 centimètres de diamètres ». La chose est incandescente et une lueur rouge se propage par intermittence sur son fuselage.
L’homme, qui croit être en présence d’un « engin secret de l’armée », aperçoit un petit hublot et des antennes à l’extrémité de l’appareil.
La chose « se déplace ensuite sans bruit en direction du Sud, s'immobilise puis repart et disparaît cachée par le paysage », rapporte le Geipan. La « rencontre » a duré 8 à 10 secondes.
Cinq jours plus tard, Monsieur C. retournera voir les gendarmes, se plaignant de douleurs à son œil valide.

Ce cas est classé D par le Geipan. Il est mystérieux donc, mais manque de consistance. L’histoire, bien que détaillée, n’étant rapportée que par une seule personne.

Aucun autre témoignage ne sera recueilli, aucune trace retrouvée par les gendarmes, venus enquêter sur les lieux, menés par le témoin. L’hypothèse la plus probable est celle d’un aéronef qui passait dans le coin, mêlé à des reflets du soleil sur la carlingue. Il faut dire que l’aéroport de Grenoble-Saint-Geoirs est à moins de 6 km à vol d’oiseau.
Mais voilà, la forme ne correspond pas, et la scène est silencieuse. Les gendarmes à l’époque ne trouveront pas non plus de passage d’hélicoptère à cet endroit, à ce moment.

Extrait du PV de gendarmerie. Document Geipan

Accès au dossier
du Geipan

Chabeuil, Drôme, 28 février 1978

Un objet qui se déplace à vive allure dans le ciel, sans un bruit, puis qui change de direction et disparait d’un coup… Voilà ce que deux témoins, circulant en voiture, ont vu, le 28 février 1978, à Chabeuil, dans la Drôme, entre 19h30 et 19h40.

Cette maman trentenaire et son fils d’une dizaine d’années ont pu observer pendant trois minutes un objet « de la grandeur d’une voiture » et sans forme catégorisée, à 150 mètres d’eux. La chose se déplace à vive allure, du nord vers le sud, dans un silence total. L’objet est de couleur orangé, presque de feu. Il s’arrête tout à coup, se stabilise, puis part lentement en direction opposée. Et disparait.

Aucune trace ne sera découverte sur les lieux, aucun autre témoignage ne sera rapporté. Le cas de Chabeuil reste « étrange à très étrange » aux yeux du Geipan, qui a réétudié le dossier en 2011.
Mais il semble manquer de données et de précisions pour être réactualisé en profondeur.

Accès au dossier du Geipan

Pranles, Ardèche,
21 juillet 1979

Ce 21 juillet 1979, la nuit est claire à Pranles, petit village ardéchois d’environ 360 âmes au nord-ouest de Privas. Dans leur ferme, un couple va se coucher. En fermant les volets, sur les coups de 23 heures, ce septuagénaire et sa femme aperçoivent, dans le ciel au sommet d’une crête en direction du serre de Pierloulet, une lueur jaune-orange stationnaire, d’où émane un faisceau bleu.
De manière circulaire, celui-ci semble ratisser le sol en contre-bas.
Le couple observe 10 minutes, puis va se coucher…

Mais dans la maison d’à côté, les voisins observent eux aussi le phénomène, depuis 22h45. Et l’homme de ce couple est particulièrement intrigué : à 55 ans, il est directeur d’un service justement rôdé aux analyses scientifiques dans le domaine de la lumière et de la couleur.

Et ce qu’il voit là, dans le ciel à plus de 2 km de chez lui, ne semble pas normal.

« Je constate que ce phénomène ne parait aucunement pouvoir correspondre (ni même s’approcher) à une émission lumineuse connue, par l’intensité même de sa lumière, par sa dynamique, par ses caractères chromatiques insolites, par son altitude, dans un contexte de visibilité parfaite et de silence absolu », décrit-il dans un rapport remis aux gendarmes et « remarquablement détaillé », de l’aveu du Geipan.

Que voit-il ? Comme ses voisins, un halo légèrement ovale, fixe dans le ciel à 100 ou 150 m du sol, de couleur jaune-orangé.

Il constate aussi, au centre, deux points d’une lumière blanche,
« particulièrement intense », et bien délimités du reste du halo.

Et puis ce faisceau bleuâtre qui tourne comme un phare, à 360°C, et illumine nettement le paysage à chaque passage.


Après 45 minutes d’observation, le témoin va chercher un appareil photo. Au moment où il le braque sur « le phénomène insolite », celui-ci connait une augmentation de luminosité « presque insoutenable et spectaculaire »… et disparait !

Seul un des points subsiste : sa lumière décroit en 2 à 3 secondes, il semble « partir en arrière ».

Puis le ciel redevient noir.

Schéma réalisé par le témoin de son observation. Document Geipan

Dans son rapport aux gendarmes, le témoin circonspect écarte plusieurs hypothèses : feux domestiques ou phares de véhicules, réverbération d’incendie ou de phénomènes météorologiques ou astrologiques, avion ou ballon-sonde… ces pistes ne trouvent pas grâce à ses yeux affutés.

Le Geipan, qui rouvre le dossier en 2019, penche plutôt pour un hélicoptère. Une hypothèse fiable à 30%, selon la classification du groupe de recherche. Faible donc.

Principal élément d’étrangeté, ce jet de lumière, qui pourrait être un projecteur.
Mais pourquoi et comment le faisceau serait-il bleu, « d’une couleur différente de celle de la source et tournerait sans cesse sans aucun objectif de surveillance ou éclairage » ?

Mystère….

Photographie des lieux approximatif d'apparition du PAN. Document Geipan

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du Geipan

Donzère, Drôme, 3 décembre 1980

Nous sommes le 3 décembre 1980 et M. X, un trentenaire, circule sur une route rurale de la commune de Donzère, dans la Drôme provençale, juste au nord de Pierrelatte. A 150 m devant lui, dans le ciel nocturne –il est 23 heures- notre témoin aperçoit un étrange objet, d’un vert fluoresçant. La chose est de forme circulaire, paraît faire 10 mètres de diamètres et 2 de haut.

L’homme s’arrête, sort de sa voiture et observe ce que l’on serait presque tenté de qualifier de soucoupe… L’objet reste stationnaire, à 10 mètres au-dessus du sol, dans un silence total. Puis, il se met à bouger et approche lentement du témoin. Celui-ci prend peur et rentre dans son véhicule. Il démarre et passe sous la chose… qui va désormais le suivre sur un kilomètre environ. D’un coup, l’Ovni va changer de direction et partir à grande vitesse dans le sens opposé. Le tout a duré entre 3 et 4 minutes.

A quelques kilomètres de là, sur la commune voisine des Granges-Gontardes, un quinquagénaire a lui aussi aperçut quelque chose dans le ciel, plus tôt dans la soirée, vers 21h30. L’homme décrit une lueur bleue, d’une taille de 20 cm et bougeant lentement. Intrigué par le phénomène, l’homme n’a pu livrer qu’un témoignage succinct, étant situé loin du phénomène.

Mis à jour en 2008, ce cas n’a pas livré tous ses secrets.

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Saint-Sauveur-de-Montagut, Ardèche, 26 novembre 1993

Non, ce n’était pas le soleil. Car le soleil ne quitte pas sa place dans le ciel subitement, en laissant une trainée derrière lui. Alors qu’a vu cette trentenaire habitant Saint-Sauveur-de-Montagut, en Ardèche, le 26 novembre 1993 ?

Il est 7h15 ce matin-là. Le ciel est dégagé, il n’y a pas de vent. Et de la fenêtre de sa chambre, à 500 mètres de là, Madame N. aperçoit par-delà les sapins une « boule lumineuse », de couleur jaune, immobile à 200 mètres du sol. Il semble « qu’elle se consumait », explique la témoin aux gendarmes, « c’est-à-dire qu’en divers endroits de cette boule, il y avait comme des éclats de lumière ».

Une heure plus tard, la boule s’est déplacée vers le sud « à une vitesse assez rapide », changeant de couleur et de forme (la témoin ne donne à ce sujet pas plus de précisions). Elle laisse une « trace noire » sur son passage, puis devient invisible à l’œil nu. La trentenaire a le temps de réaliser quelques images vidéo du phénomène, au moment où il est statique, puis quand il se meut.

Les gendarmes réaliseront une enquête, ne découvrant pas de traces au sol et écartant la possibilité d’engins aériens de passage ou de ballon-sonde. Ils concluent leur rapport par cette formule, qui ne sera pas d’avantage étayée par le Geipan, ni dans les années 90 ni lors de la mise à jour du dossier en 2007 : « La forme de l'objet et sa couleur ne permettent pas d'identifier la nature de ce phénomène lumineux ».

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du Geipan

Barret-de-Lioure, Drôme,
8 juillet
2008

« Je n’avais jamais observé, dans le ciel et de manière aussi précise, un objet volant de forme aussi inhabituelle. »
En 2008, le Geipan est contacté par Monsieur A., un astronome amateur intrigué par l’observation d’un Ovni.

Le 8 juillet, Monsieur A. s’est rendu avec un ami de son club d’astronomie, Monsieur B., au sommet de la montagne de Bergiès, à plus de 1300 mètres d’altitude, à Barret-de-Lioure, au sud-est de la Drôme.

Là-haut, contemplant le coucher du soleil (il est 21h30), ils aperçoivent un point brillant à l’horizon, dont l’éclat grandit puis décroit, trois fois, avant de disparaître.

Dessin par Monsieur A. de l'Ovni observé dans le chercheur de sa lunette astronomique. Document Geipan

Deux minutes plus tard, Monsieur B. localise le phénomène, qui a changé de position dans le ciel. Les deux compères utilisent alors le chercheur de leur lunette astronomique (sorte de jumelles moins puissantes que la lunette mais au champ de vision plus large) et pointent le phénomène lumineux.

Le PAN se déplace, lentement, vers le sud, puis disparaît pour de bon.

Monsieur A. écrit : « Il s’agissait d’un objet de forme ovoïde (deux assiettes posées l’une sur l’autre) et d’une couleur gris acier. Une excroissance arrondie était visible sur la partie supérieure.
Une démarcation évidente de teinte semblait séparer les deux ''assiettes'', la partie inférieure étant plus claire. »
Le témoin ajoute, dans son mail au Geipan, que c’est « sans le moindre doute de ma part, ainsi que pour Monsieur B., qu’il s’agissait d’un objet matériel ».

Le double-témoignage, venant d’observateurs coutumiers du ciel, est pris au sérieux par le Geipan.
Mais cette « rencontre » reste inexpliquée à ce jour.

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du Geipan

Montchaboud, Isère, 26 juillet 2012

Le ciel est limpide en ce début de nuit du 26 juillet 2012. Les étoiles sont de sortie, seuls quelques nuages s’accrochent au-dessous de l’Alpe du Grand Serre. Depuis le balcon de sa maison de Montchaboud, ce nonagénaire aime observer la Voie lactée.

D’ici, il surplombe Vizille et possède un panorama qui va de Chamrousse à l’est, au Vercors à l’ouest. A son bel âge, l’homme reste
« d’une grande vivacité d’esprit » et possède un bon sens de la vision.

Mais ce soir-là, à 22h20, notre amateur d’astronomie va voir, pendant une poignée de secondes, un phénomène que personne n’a encore su expliquer.

Croquis par le témoin de son observation. Document Geipan

Au sud, semblant émerger de derrière le Grand Serre, une boule
« vaporeuse », aux bords « diffus », apparaît. Grise argentée, elle est d’un diamètre de peu supérieur à la lune, mais bien moins lumineuse que celle-ci. Ses bords « semblent diffuser des gaz en petites
volutes ».
Le phénomène se déplace dans le ciel en direction du nord, rapidement. Il passe au-dessus de Vizille et après 6 secondes, disparaît de la vue du témoin, caché par sa propre maison.
Au moment où la chose passe à la verticale au-dessus du nonagénaire, celui-ci discerne des points lumineux en dessous d’elle, ainsi que « plusieurs petits jets de trainée à l'arrière ».

Le phénomène peut faire penser à un dégazage de véhicule spatial, d’un astéroïde ou d’une comète. Mais notre PAN est trop rapide et ne coïncide pas avec le passage connu de tels objets. Serait-ce quelque chose porté par le vent ? Celui-ci était faible et dans la direction opposée. Une boule de foudre ? Non plus, le phénomène ici est moins lumineux et la météo ne s’y prête pas…
Une à une, les différentes hypothèses du Geipan se heurtent à de forts arguments en leur défaveur.

Reste, pour l’unique témoin, des souvenirs faits d’émotions contradictoires. « Je suis perplexe, cela ne correspond à aucunes de mes connaissances », écrira-t-il au moment d’interpréter ce qu’il a vu.

Avant d’ajouter : « J’ai toujours espéré voir un PAN, je suis comblé ! »

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du Geipan