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La Commune de Paris
1871

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Bibliothèque Universitaire
Lettres, SHS, STAPS, Sciences

Les femmes
et la Commune

Les écrivains
et la Commune

Les artistes
et la Commune

La Commune
de 1871
qu'est-ce que c'est ?

L'avant :
Le contexte
social

L'après :
barricades
et incendies

L'avant : le contexte social

À Paris, la mixité sociale dans les quartiers, de règle depuis le Moyen Âge, a presque disparu sous le Second Empire avec les travaux du préfet Haussmann. Ces travaux, effectués de 1853 à 1870, ont accentué la ségrégation sociale dans la ville. Avec les expulsions et les hausses considérables des loyers dans le centre ville, les ouvriers se concentrent dans les quartiers de Belleville, Montmartre, La Villette ou des Batignolles.
Les conditions de vie des ouvriers sont particulièrement dures et Haussmann note que plus de la moitié des Parisiens vivent dans une pauvreté voisine de l'indigence. Certains romans du 19ème siècle donnent un aperçu de la vie des ouvriers, comme "Les misérables" de Victor Hugo.
L'historien Jacques Rougerie dans "La commune de 1871" voit dans l'insurrection des Parisiens une conséquence de la révolution haussmannienne, et interprète la Commune comme une tentative de réappropriation populaire de l'espace urbain.

À ce contexte social vient s’ajouter la guerre franco-prussienne. Déclenchée en juillet 1870, elle provoque la chute du Second Empire de Napoléon III et l’avènement de la 3ème République.
Après quatre mois de siège, les Parisiens se sentent humiliés par l'armistice et n'acceptent pas que le gouvernement vienne récupérer "leurs" canons. Nous sommes le 18 mars 1871, c’est le début de la Commune.

La Commune de 1871 : qu'est-ce que c'est ?

5 minutes pour tout comprendre de la Commune

Il y a 150 ans Paris vivait une insurrection.
Du 18 mars au 28 mai 1871, les Parisiens se sont soulevés contre le gouvernement d’alors (réfugié à Versailles). Ils ont proclamé la Commune de Paris, une organisation de type libertaire, basée sur la démocratie directe, qui a tenté de mettre en place de nombreuses réformes sociales.

Véritable guerre civile, la Commune prend fin au terme d'une Semaine sanglante. Les communards sont alors massacrés, pourchassés et condamnés en nombre par les versaillais.

Depuis plusieurs années, de nombreuses recherches explorent cette période assez méconnue de notre histoire, en se basant notamment sur des témoignages, les documents officiels de la Commune et les photographies prises à l'époque.

Certaines œuvres de fiction tentent aussi de faire revivre cet évènement, que ce soit à travers des films comme "La Commune : Paris 1871" de Peter Watkins, ou des bandes dessinées telles que "Le cri du peuple" de Tardi et Vautrin, ou plus récemment "Les damnés de la Commune" de Raphaël Meyssan.

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Les artistes et la Commune

La Commune de Paris a sans doute été trop brève et trop mouvementée pour avoir pu susciter des créations artistiques même si des peintres l'illustrent pendant les évènements comme Manet, ou plus tard comme Maximilien Luce.

Des artistes ont néanmoins pris part à cette révolte comme le peintre Gustave Courbet qui préside la Fédération des artistes.
La photographie, en plein développement en cette fin de siècle, gardera en mémoire les nombreuses barricades et communards célèbres. Cependant le plus célèbre photographe de l'époque, Nadar, ferme son atelier.

La création artistique la plus marquante de la Commune reste la chanson de Jean-Baptiste Clément, "le Temps des cerises", une chanson qui court toujours les rues aujourd'hui.

Nadar

"Le temps des cerises"

La Fédération des artistes

Gustave
Courbet


Lithographie "Guerre civile" d'Édouard Manet, 1871.


Lithographie "Barricade" d'Édouard Manet, 1871.



Tableau de Maximilien Luce, "Une rue dans Paris en mai 1871", 1903-1905

Si Nadar reste connu pour ses portraits de contemporains célèbres (Baudelaire, Zola, etc.), le photographe aux convictions humanistes et républicaines, méfiant envers la société bourgeoise, soutient que les gens de la Commune représentent le droit et la justice. Même s’il désapprouve les excès de la Commune, Nadar cache et protège de nombreux proscrits notamment Jules Bergeret.

Nadar se rend même à Versailles pour rencontrer Thiers et échange avec lui ce surprenant dialogue :
"Vous n’êtes pas fusillé ? Lui demande Thiers.
– Mais non, merci.
– Qu’y a-t’il ?
– J’ai chez moi le général Bergeret et sa femme..."
Et Nadar obtient alors un accord tacite qui facilitera l’exil de Bergeret.

Nadar écrira ses souvenirs de cette période en 1882 dans "Sous l’incendie".




Jules Bergeret. Membre du Comité central de la Garde Nationale et délégué à la guerre, il s’exilera à Londres puis à New York où il meurt en 1905.



À 51 ans, Gustave Courbet est un peintre réaliste en pleine gloire en 1871. Opposant à Napoléon III, ami de Proudhon, il ne pouvait rester insensible à la Commune. Sincère idéaliste, pour lui "l’honneur est dans les actes et dans le mobile des actes".


Conseiller municipal, nommé délégué aux Beaux-Arts, il devient président de la Fédération des artistes pendant la Commune.

Il est arrêté le 7 juin, emprisonné 6 mois et condamné à 500 francs d’amende le 2 septembre 1871, pour complicité de la destruction de la colonne Vendôme. Il n’avait pourtant pas signé le décret de renversement puisqu’il n’était pas encore au gouvernement et voulait la déplacer aux Invalides. Après plusieurs procès, il sera condamné à payer la reconstruction de la colonne (300 000 francs).

Il s’exilera en Suisse, en 1873, où il mourra en 1877.




Gustave Courbet, "Autoportrait à Sainte-Pélagie", vers 1872.



À l’appel de Gustave Courbet, 400 artistes (architectes, peintres, sculpteurs, dessinateurs) se réunissent le 13 avril 1871 à l’école de médecine afin de fonder la Fédération des artistes de Paris.

Les artistes décrètent alors "l’égalité des droits entre les métiers d’art, la libre expansion de l’art dégagé de toute tutelle gouvernementale et de tous privilèges".
Cette Fédération souhaite la régénération de l’avenir par l’enseignement des arts dès l’école primaire. La Fédération entendait mettre fin à l’académisme et aussi protéger les trésors des musées.

Courbet sera entouré du sculpteur Dalou, l'assesseur de cette fédération, et de l'architecte Boileau,
le secrétaire.




Jules Dalou. Contraint à l’exil, il s’installe à Londres et revient en 1879 à la faveur de l’amnistie.
Son "Triomphe de la République" trône aujourd’hui au centre de la place de la nation.



Louis-Charles Boileau sera le futur architecte de l’hôtel Lutetia et du Bon Marché.



Sur une musique d’Antoine Renard, cette romance, écrite par Jean-Baptiste Clément en 1868, chante les amours printanières et les peines de cœur. À cette fraîcheur originelle, on peut ajouter une seconde interprétation. C’est en effet après le retour des communards proscrits que cette chanson déjà populaire prend une signification singulière.

Membre de la garde nationale pendant le siège de Paris, Jean-Baptiste Clément, élu au Conseil de la Commune, combat sur les barricades pendant la Semaine sanglante. Il se rappellera de ce combat quand il dédiera cette chanson à Louise, une vaillante ambulancière présente sur les barricades le 28 mai 1871.
Poète et prolétaire, condamné à mort par contumace, il fuit en Belgique puis à Londres. Il revient à Paris après l’amnistie générale.

"Le temps des cerises" deviendra un classique des chansons populaires, et sera reprise tout au long du 20ème siècle, d’Yves Montand à Juliette Gréco.

Le temps des cerises


Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur.
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles,
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Évitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte,
Et Dame Fortune, en m'étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.











Jean-Baptiste Clément


En 1871, les écrivains sont presque unanimement hostiles à la Commune de Paris. Ils sont choqués par la violence de l’évènement
et leurs réactions traduisent la peur qu’elle leur inspire.

Peu de textes littéraires ont été écrits en réaction à la Commune. Les écrivains se sont surtout exprimés au travers de leur correspondance, d’articles de presse, d’œuvres polémiques ou de journaux personnels.

Le recueil "1871 : La Commune de Paris" compilé par Nicole Priollaud est un florilège de ces réactions rédigées à chaud.

Ces écrits sont souvent les reflets d’une bourgeoisie attachée à l’ordre et sûre de sa supériorité sur les masses populaires. Ils caricaturent les communards en barbares ignorants et en criminels, la Commune en sommet de l’ivrognerie et de l’orgie, menée par des débauchés ambitieux et paresseux.

Dans "Les écrivains contre la Commune", Paul Lidsky étudie ces écrits anticommunards - de Théophile Gautier à Alexandre Dumas, en passant par Flaubert ou encore George Sand - "révélateurs des écrivains eux-mêmes et de la classe sociale auprès de laquelle ils se sont rangés".

Les écrivains et la Commune

Contre

Pour

Parmi les textes hostiles,
"les convulsions de Paris"
de Maxime Du Camp est considéré comme la bible de la littérature anticommunarde. Cette histoire de l’évènement
a valu à son auteur d’être élu à l’Académie française en 1880. Du Camp la conclut par un résumé cinglant de la Commune.

Émile Zola est l'un des rares écrivains à avoir utilisé la Commune de Paris comme matériau littéraire. Il a intégré l’évènement dans sa nouvelle "Jacques Damour", ou encore dans
son roman "La débâcle". Publié en 1892,
ce roman est l’avant-dernier tome de la série des Rougon-Macquart. Les personnages de Zola sont plongés dans la guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de Paris qui s’en suit. Alors que le gouvernement français a signé l’Armistice et que les Prussiens entrent dans la capitale après quatre mois de siège, Zola décrit l’état d’esprit du peuple de Paris comme prémices de l’insurrection parisienne.

Alphonse Daudet, quant à lui, publie en 1873 "Les contes du lundi", dans lesquels plusieurs textes évoquent la Commune de Paris, notamment "La bataille du Père Lachaise". Cette bataille est l’acte final de la Commune de Paris, les derniers communards retranchés dans le cimetière du Père Lachaise
y sont massacrés par les versaillais
le 27 mai 1871. Dans son conte, Daudet minimise l’évènement et décrit les communards comme des ivrognes débauchés.

"Je la vois dans un groupe de sept à huit cents individus passionnés, réfléchis, rongés par l’ambition, méprisant le peuple au nom duquel ils parlent, haïssant les riches qu’ils envient, et prêts à tout pour être célèbres, pour être obéis, pour être dictateurs. Ce sont de petits bourgeois déclassés, des ouvriers désespérés de n’être point patrons, des patrons exaspérés de n’avoir point fait fortune ; ce sont des journalistes sans journaux, des médecins sans clientèle, des maîtres d’écoles sans élèves."

"Dans cette population, détraquée par des mois d’angoisse et de famine, tombée désormais à une oisiveté pleine de cauchemars, ravagée de soupçons, devant les fantômes qu’elle se créait, l’insurrection poussait ainsi naturellement, s’organisait au plein jour. C’était une de ces crises morales, qu’on a pu observer à la suite de tous les grands sièges, l’excès du patriotisme déçu, qui, après avoir vainement enflammé les âmes, se change en un aveugle besoin de vengeance et de destruction."

"C’était pourtant un ramassis de bien vilain monde, ces artilleurs de la Commune. Des canonniers d’occasion, qui ne songeaient qu’à siffler leurs trois francs cinquante de haute paye… Il fallait voir la vie qu’ils menaient dans ce cimetière ! Ils couchaient à tas dans les caveaux, chez Morny, chez Favronne, ce beau tombeau Favronne où la nourrice de l’empereur est enterrée. Ils mettaient leur vin au frais dans le tombeau Champeaux, où il y a une fontaine ; puis ils faisaient venir des femmes. Et toute la nuit ça buvait, ça godaillait. Ah ! je vous réponds que nos morts en ont entendu de drôles."

Rares sont les écrivains favorables à la Commune.
Le plus célèbre est bien sûr Jules Vallès, qui a lui-même pris une part active dans l’insurrection. Il a notamment écrit une pièce de théâtre intitulée "La Commune de Paris",
et un roman autobiographique publié en 1886,
"L'insurgé", dans lequel il raconte la participation de Jacques Vingtras (double littéraire de Vallès) à la Commune de Paris. À la fin du roman, caché chez son ancienne logeuse depuis le dernier jour de la Semaine sanglante, et alors que les communards sont traqués à travers tout Paris, il croit sa fin proche et ne regrette rien.

Les poètes Rimbaud et Verlaine ont aussi écrit des textes qui traduisent leur adhésion à la Commune de Paris. Verlaine a notamment écrit un poème
en hommage à la plus célèbre des communards,
"Ballade en l’honneur de Louise Michel", publié
en 1888 dans son recueil "Amour".

"Je suis en paix avec moi-même.
Je sais, maintenant, à force d’y avoir pensé dans le silence, l’œil fixé à l’horizon sur le poteau de Satory — notre crucifix à nous ! — je sais que les fureurs des foules sont crimes d’honnêtes gens, et je ne suis plus inquiet pour ma mémoire, enfumée et encaillotée de sang.
Elle sera lavée par le temps, et mon nom restera affiché dans l’atelier des guerres sociales comme celui d’un ouvrier qui ne fut pas fainéant.
Mes rancunes sont mortes — j’ai eu mon jour."

BALLADE EN L’HONNEUR DE LOUISE MICHEL

Madame et Pauline Roland,
Charlotte, Théroigne, Lucile,
Presque Jeanne d’Arc, étoilant
Le front de la foule imbécile,
Nom des cieux, cœur divin qu’exile
Cette espèce de moins que rien
France bourgeoise au dos facile,
Louise Michel est très bien.

Elle aime le Pauvre âpre et franc
Ou timide, elle est la faucille
Dans le blé mûr pour le pain blanc
Du Pauvre, et la sainte Cécile
Et la Muse rauque et gracile
Du Pauvre et son ange gardien
À ce simple, à cet indocile.
Louise Michel est très bien.

Gouvernements de maltalent,
Mégathérium ou bacille,
Soldat brut, robin insolent,
Ou quelque compromis fragile,
Géant de boue aux pieds d’argile,
Tout cela son courroux chrétien
L’écrase d’un mépris agile.
Louise Michel est très bien.

ENVOI

Citoyenne ! votre évangile
On meurt pour ! c’est l’Honneur ! et bien
Loin des Taxil et des Bazile,
Louise Michel est très bien.

La Commune, une révolution sans les femmes.

Pendant longtemps l’histoire a assez peu reconnu l’engagement actif des femmes dans la Commune. Jacques Rougerie dans la "Nouvelle encyclopédie politique et historique des femmes" s’interroge même sur la place de cet évènement dans "l’interminable quête des femmes pour leur droit".

L’historiographie récente les replace de plus en plus comme actrices à part entière dans cette brève révolution.
Dans "L’histoire féminine de la France" Yannick Ripa expose cette brèche qu’a constitué la Commune dans l’affirmation des droits des femmes à l’éducation, à l’activité politique, à la participation à la vie civile face à la "misogynie meurtrière" d’un Dumas fils. Cette parenthèse sera vite refermée.

Des écrits féminins et féministes de cette période existent et sont autant d’ouvrages qui témoignent d’une revendication forte d’égalité et de liberté des femmes qui entre en résonnance avec celle d’aujourd’hui.

Les femmes et la Commune

Adèle Paulina Mekarska, dite Paule Mink, est une femme de lettres, journaliste et oratrice socialiste, communarde et féministe.
Lors de la Commune de Paris, elle ouvre une école professionnelle gratuite à l’église Saint-Pierre de Montmartre et anime le Club de la victoire qui se réunit à l'église de Saint-Sulpice rive gauche. Elle intervient aussi dans diverses réunions d'autres quartiers de Paris et participe en outre à l'organisation d'un corps d'ambulances. Elle collabore au journal "Paris libre" de Pierre Vésinier et fait partie du Comité de vigilance de Montmartre, avec Louise Michel, présidé par Sophie Poirier.

Propagandiste énergique, elle anime des clubs révolutionnaires aussi bien à Paris qu'en province : c'est là qu'elle se trouve, envoyée en mission par la Commune, pendant la Semaine sanglante.
Elle parvient ainsi à échapper à la répression et s’enfuit en Suisse. Elle est condamnée par contumace à être déportée en Nouvelle- Calédonie. Elle ne reviendra en France qu’à la proclamation de l’amnistie des communards en 1880.

Élisabeth Dmitrieff, née Elizaveta Loukinitchna Koucheleva, est une femme politique et une militante féministe russe. Elle est l'une des actrices majeures de la Commune de Paris en 1871.


Envoyée à Paris par Karl Marx en tant que représentante du Conseil général de l'Internationale, elle arrive le 28 mars 1871. Elle rencontre des membres du gouvernement révolutionnaire et des ouvrières et, le 11 avril 1871, lance l'"Appel aux citoyennes de Paris", pour que les femmes s'engagent activement dans les combats. Cet appel entraîne la fondation de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, qu'Élisabeth Dmitrieff crée avec Nathalie Lemel le 11 avril 1871.

Elle prend part aux combats de rue, sur les barricades du faubourg Saint-Antoine, pendant la Semaine sanglante, soignant les blessés et tout particulièrement Léo Frankel. Blessée sur les barricades, elle s'enfuit avec ce dernier, échappant ainsi aux tueries organisées par les versaillais. Tous deux parviennent en Suisse fin juin. Après quelques mois à Genève, elle regagne seule la Russie en octobre 1871.

Victorine Brocher est une communarde, conférencière et journaliste anarchiste. Elle est connue pour avoir rédigé ses mémoires détaillant sa participation à la Commune de Paris. Elle est l'une des premières Françaises à être membre de l'Association internationale des travailleurs. Durant le siège de Paris pendant la guerre contre la Prusse, elle est cantinière du 17e bataillon.

En mars 1871 elle participe à la proclamation de la Commune de Paris. Elle prend part à la défense des remparts. Également ambulancière, elle est notamment active durant la bataille du fort d'Issy, où elle se bat et secourt les blessés. Dès les débuts elle prend des notes sur le déroulé des évènements.


Lors de la Semaine sanglante elle reste jusqu'à la fin des combats et est sauvée in extremis par ses camarades, qui sont eux, tous fusillés. Victorine se cache pendant un an après avoir été "jugée" et condamnée à mort sur l'accusation d'avoir incendié la Cour des comptes. Elle réussit à s'enfuir à Genève.

Victorine Brocher écrit ses mémoires intitulés « Souvenirs d'une morte vivante » en 1909.

Louise Michel est une institutrice, écrivaine, militante anarchiste, franc-maçonne française, aux idées féministes et l’une des figures majeures de la Commune de Paris.


Elle prend une part active à la lutte armée pendant la Commune, notamment au cours de la défense des canons de la garde nationale sur la butte Montmartre et lors des batailles de Clamart, Issy-les-Moulineaux et Neuilly contre les troupes versaillaises. Elle sert également comme ambulancière. Lors de la Semaine sanglante, elle participe aux combats de rue. Le 24 mai elle se rend pour faire libérer sa mère. Elle est détenue au camp de Satory puis emprisonnée à Versailles. Lors de son procès elle revendique les crimes et délits dont on l'accuse et réclame la mort au tribunal.

Déportée en Nouvelle-Calédonie où elle restera sept ans, elle fait la connaissance de Nathalie Lemel, elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise Michel devient anarchiste. Elle obtient une remise de peine en décembre 1879 et rentre à Paris en décembre 1880.

Elle continue son activité militante tout au long de sa vie et publie de nombreux ouvrages de souvenirs mais aussi de fiction.

Victoire Léodile Béra, dite André Léo, est une romancière, journaliste militante féministe entre socialisme et anarchisme, française, membre de la Première Internationale.


Pendant la guerre avec la Prusse, elle milite au sein du Comité de vigilance de Montmartre et, le 18 septembre 1870, elle est arrêtée avec Louise Michel lors d'une manifestation réprimée par l'armée.
Elle fonde le journal "La République des travailleurs" et participe à la Commune de Paris. Membre du Comité des citoyennes du 17e arrondissement, elle collabore alors à l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés.
Parvenue à échapper à la répression de la Semaine sanglante en se cachant chez son amie Lucienne Prins, elle s'exile en Suisse, où elle vit avec le syndicaliste Benoît Malon, rencontré avant la Commune.

André Léo rentre en France après l'amnistie de 1880 et collabore épisodiquement à la presse socialiste.

Elle laisse une œuvre considérable : de nombreux romans, contes et essais, des dizaines d’articles et de textes politiques. Ses écrits, notamment ses ouvrages féministes, expriment maintes idées qui gardent, encore aujourd'hui, toute leur actualité.

L'après : barricades et incendies

Barricades

Incendies

Les destructions provoquées par la Commune de Paris sont très nombreuses.


Les communards ont érigé de nombreuses barricades dans la capitale, en éventrant parfois la chaussée pour utiliser les pavés . Il faut dire que les Parisiens ont l'habitude de dresser des barricades depuis le 19ème siècle, comme le montre les actes du colloque "La barricade" et le livre de Pierre-Louis Basse et Carole Bitoun ""Aux armes citoyens" : barricades et manifestations de rue en France de 1871 à nos jours".

La violence des combats a fait beaucoup de dégâts. On retient surtout les destructions des communards comme celle de la colonne Vendôme,
et surtout les incendies qu'ils ont allumés pour retarder l'avancée des troupes versaillaises lors de la semaine sanglante et qui ont détruit de nombreux bâtiments publics emblématiques, tels que le Palais des Tuileries, ou encore l'Hôtel de ville .

Commencée sur la butte Montmartre, à l'emplacement de l'actuel Sacré-Cœur, et terminée au Cimetière du Père Lachaise et dans l’Est de Paris, la Commune de 1871 a laissé de nombreuses traces dans la ville, comme en témoigne l’ouvrage d’Anne Thoraval "Promenades sur les lieux de l'histoire : d'Henri IV à Mai 68, les rues de Paris racontent l'histoire de France".

Barricades (non exhaustif)

La colonne Vendôme


Angle de la place de la Concorde et de la rue de Rivoli



Rue Castiglione (arrière et avant de la barricade)

Rue de la Paix


Rue des Amandiers

Chaussée Ménilmontant

Rue d'Allemagne

Rue de Flandre

Rue de la Chapelle

Boulevard Voltaire

Passage Raoul

Faubourg Saint-Antoine

Angle de la place de l'Hôtel de ville et de la rue de Rivoli


Rue Sedaine

Rue de la Bonne

Rue Saint-Sébastien

Rue Victoria


Rue Royale


Incendies (non exhaustif)

Le Palais des Tuileries


L'Hôtel de ville de Paris


Les docks de la Vilette

Le Palais-Royal


Le Conseil d'État et le Palais de la Légion d'honneur


Le Palais de justice


Le Ministère des finances


Le théâtre de la porte Saint-Martin


Les greniers d'abondance