Want to make creations as awesome as this one?

Exposition présentée au musée Raymond Poincaré de Sampigny du 13 juin 2020 au 1er novembre 2022. Venez vite la découvrir sur place !

Transcript

LES ENFANTS
DU CLOS

EXPOSITION

MUSÉE RAYMOND
POINCA RÉ

SAMPIGNY

13.06.2020

01.11.2022

La Fondation Poincaré

L'enfance au Clos

L'éducation au Clos

La fin de la Fondation

Remerciements

Au photomaton, vers 1966, collection particulière

Au photomaton, vers 1966, collection particulière

La Fondation Poincaré

Sampigny, Le Clos, musée Poincaré, 1920 (RP 90.1355)

Cette demeure de Sampigny,
achevée en 1913, fut la résidence secondaire de Raymond et Henriette
Poincaré.

Henriette et Raymond Poincaré dans le parc à Sampigny, musée Poincaré, 1920 (RP 92.1504)

Après la Première Guerre mondiale, ils aident à la reconstruction et œuvrent pour l’instruction et la santé des familles.

Une fondation est un établissement créé par voie de donation ou de legs, d’intérêt public et/ou d’utilité sociale.

Les Poincaré ont souhaité créer une fondation, gérée par le Département et non pas léguer leur maison à une œuvre de bienfaisance religieuse. Ce choix s’explique sans doute par leurs idées laïques et également par le fait que Raymond Poincaré fut toujours impliqué dans la vie locale (point de départ de sa carrière politique) : il fut élu conseiller général dès 1886, réélu encore l’année de sa mort en 1934, et président du Conseil général de la Meuse en 1910 et en 1920.

Les Poincaré sont à l’origine ou parrainent plusieurs œuvres, organisations religieuses ou laïques ayant pour mission de venir en aide à certaines catégories de personnes.

Les pouponnières, aussi appelées « Consultation de nourrissons », bénéficient notamment de leur générosité.


Pouponnière de Sampigny, construite dans les années 1920, dont Henriette Poincaré est la présidente :

Le couple passe ici de nombreux étés et entretient un lien particulier avec les habitants de ce petit village meusien.

La Fondation Poincaré

Dans son testament du 23 septembre 1933, Raymond Poincaré écrit :

Dans un premier temps, Raymond Poincaré avait fait d’Henriette, son épouse, sa légataire universelle. Le lendemain de la rédaction de son testament, il le modifie sur la volonté de sa femme qui souhaite avant tout œuvrer pour le bien des enfants orphelins.

Le Clos - Sampigny, musée Poincaré, 1931 (RP 89.1286)

Il lègue donc sa propriété au Département de la Meuse, chargé de réaliser ce projet.

« J’avais fait précédemment un testament où je l’instituais [Henriette Poincaré] elle-même légataire universelle de toute ma propriété. C’est elle qui m’a prié de renoncer à cette idée et de laisser mes biens au Département pour créer un orphelinat. Je tiens du moins à ce que de son vivant elle conserve nos revenus actuels. Nous avons toujours mis tout en commun. Elle est comme moi sollicitée de toutes parts. Elle a des secours à donner, des œuvres à entretenir. Il est bien juste qu’elle garde les ressources nécessaires ».

La protection de l'enfance n'est pas un principe nouveau au début du XXe siècle.

La IIIe République (1870-1939) a mis en place une série de mesures pour protéger les enfants victimes de mauvais traitements. La loi du 24 juillet 1889 traite pour la première fois de l’abandon moral des enfants, de la maltraitance et prononce la

« déchéance de la puissance paternelle » (terme utilisé jusqu’en 1970).

« Je désire qu'il soit installé dans ma propriété du Clos à Sampigny un orphelinat pour douze garçons originaires de la Meuse et de préférence du canton de Pierrefitte ».

La Fondation Poincaré

La Fondation Poincaré ouvre ses portes en 1947.

Les revenus provenant du legs Poincaré permettent de dégager un budget de fonctionnement afin d’accueillir quinze jeunes garçons.

Finalement, plus de 140 garçons, orphelins ou abandonnés, ont été accueillis et élevés dans ces lieux, entre 1947 et 1981.

Extrait du bulletin officiel du Département de la Meuse, Archives départementales de la Meuse, juillet 1947, 2254 W 18

Le premier directeur de la Fondation est George Vachet, instituteur à la retraite de l’école de Void. Celui-ci, aidé de sa femme, nommée « surveillante-chef », d’une surveillante-lingère et d’une cuisinière, joue le rôle de parent auprès des enfants placés.

L'enfance
au Clos

Au Clos, les enfants étudient beaucoup. La vie est rythmée par les temps d’étude avec l’instituteur du village, ou au Clos avec le directeur, et des travaux dirigés dans le jardin de la propriété.

Extrait du journal scolaire « Le Clos »

Les enfants disposent généralement de leur jeudi après-midi, après avoir assisté aux leçons de catéchisme de la matinée.

« De service » avec la cuisinière, cuisine de la Fondation, 1967, coll. particulière

Par son testament, Raymond Poincaré avait demandé à ce que les garçons accueillis au Clos fassent des études, afin d’augmenter leur chance de réussite :

« Ils suivront l’enseignement de l’école de Sampigny jusqu’à l’obtention de leur certificat d’études. Ils seront ensuite placés dans la région ou dans une région voisine pour faire, selon leur aptitude, un apprentissage, soit agricole, soit industriel, dont les frais, s’il en est, incomberont à l’Œuvre. Les gains obtenus par leur travail seront déposés à la caisse d’Épargne sur des livrets individuels au nom des apprentis ».

Pour respecter son vœu, l’administration fait de cette résidence durant les premières années (1947-1960) un foyer pour pupilles méritants, sorte de maison d’excellence de l’Assistance.

« Un jeudi après-midi nous sommes allés aux escargots dans les bois. Nous avons mis nos imperméables, nos bottes de caoutchouc. Nous avons emporté un panier à salade pour ramener les escargots. Dans les bois nous avons coupé des baguettes pour chercher dans les orties. Le grand Claude en a trouvé deux. Les autres sont rentrés bredouilles. Dommage qu’il n’ait pas plu cet après-midi là. »

B. G.

L'enfance
au Clos

Les enfants disposent d'autres moments de loisirs.

Un jeune garçon du Clos jouant avec un avion, vers 1968,
coll. particulière

Le dimanche, ils assistent à la messe le matin et vont au cinéma l’après-midi.

Le jeu de croquet des Poincaré est encore en place et une table de ping-pong est offerte aux enfants.

Les enfants dans le parc, en blouses grises, photo prise d'un des dortoirs, 1968, coll. particulière

Le parc du Clos sert de cour de récréation et le bois abrite rapidement plusieurs cabanes.

L'enfance
au Clos

Le Clos était un espace fermé, les entrées et les sorties étaient surveillées et les enfants ne pouvaient avoir de contact avec des personnes étrangères.

« éclairs, tartelettes, brioches, millefeuilles, biscuits, kouglofs… Pluie de pâtisseries sur la Fondation »,

extrait du journal scolaire « Le Clos »,
1968, coll. particulière

Cependant, les habitants du village n’étaient pas insensibles au sort des « orphelins ».

La générosité des commerçants de Sampigny a marqué les esprits.

La boucherie Maupoix, années 1960,

coll. particulière

La boulangerie Kichtgès offrait chaque dimanche midi des pâtisseries pour les enfants et le personnel.

Chaque année, le fromager Colin offrait un cochon et M. Maupoix, boucher, venait au château le tuer et le préparer pour les enfants.

L'éducation
au Clos

Les enfants du Clos ont toujours eu un lien avec l’école de Sampigny.

A partir de 1947, année de l’ouverture de la Fondation Poincaré, vingt pupilles, désignés comme les plus méritants, rejoignent les enfants du village sur les bancs de l’école communale.

Sampigny - Les Écoles, 1906,

musée Poincaré, (RP 87.1010)

Les choses changent à partir de 1960, la Fondation devenant une école de perfectionnement avec internat, les pupilles ont désormais école à demeure.


L’admission à la Fondation Poincaré se fait sous couvert d’une série de tests scolaires et de tests servant à définir le Quotient Intellectuel (Q.I.) de l’enfant.

À partir de 1960, la Fondation est destinée à des pupilles présentant des retards scolaires. Pour qu’ils bénéficient d’un enseignement adapté, une école de perfectionnement avec internat est créée au sein du château. Le directeur de la Fondation fait désormais lui-même la classe.

Les couples Frisquet puis Maugain prennent la tête de l’établissement. Les enfants sont des « orphelins et le cas échant, des Pupilles de l’État, toujours originaires du département de la Meuse, retardés dans leur étude, à l’exclusion absolue des enfants idiots, imbéciles ou anormaux ».


Cependant, les liens avec l’école du village demeurent grâce à l’action de la mairesse qui demande à ce que les prix décernés aux élèves soient remis aux pupilles de la Fondation en même temps qu’aux enfants de l’école communale.

L'éducation
au Clos

Religieuse

Les enfants du Clos, se rendent au catéchisme le jeudi matin.

Photographie de communion, 1958, coll. particulière

Extrait du journal scolaire « Le Clos »,

1967, Archives départementales de la Meuse, 22 07 W11

A partir des années 1960 et la création de l’école de perfectionnement pour les enfants « inadaptés » au système scolaire, les leçons de catéchisme se font séparément pour les enfants du village et ceux qu’on appelle encore les « orphelins ».

Tous les ans, quelques jeunes pensionnaires font leur première communion ou leur communion solennelle.

Le jour de la communion était une journée très importante. La nourrice de l’enfant était invitée au Clos et un repas était donné avec les officiels : les conseillers généraux, l’exécuteur testamentaire.



« Ce fut l’occasion d’une grande fête à la Fondation. Après la cérémonie religieuse, nous nous retrouvâmes trente-cinq autour des tables installées dans la salle de jeux où un succulent repas nous fut servi.

Nous remercions nos invités d’avoir bien voulu être parmi nous pour ce grand jour. Comme tous les ans, les communiants ont reçu de nombreux cadeaux. Ils remercient encore toutes les personnes qui les ont gâtés ».

Sur cette photo, les quatre garçons de la Fondation portent le même costume qui leur a été prêté le temps de la cérémonie.

La fin de la
Fondation

En 1978, il ne reste que cinq enfants à Sampigny en raison des différentes orientations qu’a prise la politique de l’Enfance instaurée par le département.

Les classes de perfectionnement sont plus nombreuses sur le territoire et le maintien de l’enfant dans sa famille naturelle est, dans la mesure du possible, privilégiée.

Le Clos en 1986, © A. Martin

La Fondation est définitivement fermée en 1981.

L’orientation de la Fondation est une fois encore réenvisagée pour en faire un lieu d’accueil pour adolescentes. Cependant ce projet ne verra jamais le jour.

Le musée
Raymond Poincaré

En 1985, le conseil général de la Meuse décide de créer au Clos un musée consacré à Raymond Poincaré et d’y transférer également la Conservation départementale des Musées de la Meuse.

Depuis la création du musée, l’équipe de la Conservation est à la recherche du décor intérieur du Clos. Aucune photographie n’existe. Les témoignages et les documents d’archives nous apprennent qu’Henriette Poincaré avait légué ses meubles à ses nièces et à de nombreux Sampignolais. Le Clos n’est donc pas une maison-musée, témoin du mode de vie des Poincaré mais plutôt un lieu de rencontre sur l’histoire locale.

Muséographie de 1986, Archives du service Conservation et Valorisation du Patrimoine et des Musées de la Meuse.

Exposition sur la restauration des statues du jardin, 2010, Archives du service Conservation et Valorisation du Patrimoine et des Musées de la Meuse.

Exposition « les Années folles » en collaboration avec Franck Retournard du Conservatoire des arts textiles, 2015, Archives du service de la Conservation des Musées et du Patrimoine de la Meuse

Remerciements

Cette exposition est dédiée aux anciens de l’Assistance publique et de la D.D.A.S.S. et aux enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).


Elle est plus particulièrement un hommage à ceux que l’on appelait les « orphelins » à Sampigny.

Que soient ici remerciés chaleureusement Marc et Maryse Maugain, directeurs de la Fondation Poincaré de 1966 à 1981, leurs enfants et la monitrice Annie qui ont créé un cadre affectif et familial pour les enfants qui ont vécu un temps au Clos des Poincaré.

MERCI...

Aux enfants du Clos pour leurs témoignages et leurs photos.

Aux habitants de Sampigny d’hier et d’aujourd’hui pour leur générosité et leurs souvenirs.

Aux prêteurs.

À l'équipe scientifique.

Aux équipes du Département de la Meuse.

À ceux qui ont soutenu le projet.

Walter Beausert

Gaëtan Brasselet

Yvan Destenay

André Fleury

Jean-Claude Picard

Jean-Claude Thévenin

Roland Vigourd

Jean-Michel Vinçon

Jean-Claude Vinçon

Claude Walter

Roland Willocq

Jean et Liliane Azière

Sophie Czajka

Huguette Calmet et son fils Guy

Nicole Carchon

Marcelle Fields

Fabienne Haraut

Pierre et Maryse Maupoix

Bernard Moratille

Jeannette Pathural

Marie-Louise Picard

Colette Pivel

Argentine, Nelly et Serge Pizzoglio

François et Francette Vuillaume

Vincent et Isabelle Adelus

Fernand Lambert et l’association des Anciens et Anciennes Élèves des Écoles Normales

I.U.F.M.& ESPE de la Meuse

Peggy Guettman pour Tavernia

Le groupement archéologique de Stenay

Le musée de la Belle époque

Olivier Pivel

Franck Retournard

Jean-Marie et Marie-Christine Tonner

La commissaire d’exposition :

Mathilde Rivet


La Maison de la Solidarité de Saint-Mihiel :

Stéphanie Mielle

Claire Sandt


La Direction Enfance Famille :

Anne Becker

Claude Ferron


L’équipe et l’association du musée des nourrices et de l’Assistance publique (Alligny-en-Morvan, 58) :

François Bienaimé

Marion Blond

Martine Chalandre

Jean Pierre Cortet


Les enseignants :

Michel Legay (Institut Coopératif de l’École Moderne - ICEM – Pédagogie Freinet)

Marie-Laure Milot

Michel Nicolas


Les historiens :

Claire Ben Lakhdar-Kreuwen

Daniel Labarthe

Les Archives départementales de la Meuse :

Sylviane Delaby

Gérad Diwo

Didier Étienne

Vincent Lacorde

Lorraine Pitance

Perrine Vignolle


Le service Conservation départementale des musées de la Meuse :

Stéphanie Blondy

Éloïse Champlon

Mathilde Jacqueson (réalisation graphique de l'exposition virtuelle)

Christophe Kraber

Marie Lecasseur

Roger Petitcolin

Céline Pierre

Maëva Pierre

Bruno Rabineau


La Direction des finances et des affaires juridiques :

Fatoumata Fall


Le service achat et services :

Sylvie Nicolle

Thibaut Picard


Le service Communication :

Martin Bollaert

Marion Leclerc


Le Service GéoDécisionnel :

Laure Barbier

Alexandra Baillais

Marie-Thérèse Chavanne

Sarah Delawoëvre

Marion Garaudel

Marie-Cécile George

Jean-Pierre Harbulot

Michel Machum

Anne, Christine, Étienne et Monique Maugain

Annie Michaut

Marie Pintre

Françoise Poincaré

Clémence Vaillant

Monique Vautrin

Marie-Hélène Uzé-Vautrin

Danielle Voinot