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Désir de printemps

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UNE HISTOIRE à SUIVREAprès tout ce blanc,vient le vert,Le printemps vient après l'hiver.Après le grand froid le soleil,Après la neige vient le nid,Après le noir vient le réveil,L'histoire n'est jamais finiAprès tout ce blanc,vient le vert,Le printemps vient après l'hiver,Et après la pluie le beau temps.Claude Roy

PRINTEMPSUn petit œil tout jaune-c'est la primevère,la première.Un petit œil blanc très franc-c'est la pâquerette mignonnette.Un petit œil bleu,malicieux-c'est le myosotis tout fleuri.Un œil de satin quel malin !-c'est la violette qui me (anonyme)

Aux HirondellesAuguste LacaussadeDe l’aile effleurant mon visage,Volez, doux oiseaux de passage,Volez sans peur tout près de moi !Avec amour je vous salue ;Descendez du haut de la nue,Volez, et n’ayez nul effroi !Des mois d’or aux heures légères,Venez, rapides messagères,Venez, mes sœurs, je vous attends !Comme vous je hais la froidure,Comme vous j’aime la verdure,Comme vous j’aime le printemps !Vous qui des pays de l’auroreNous arrivez tièdes encore,Dites, les froids vont donc finir !Ah ! contez-nous de jeunes choses,Parlez-nous de nids et de roses,Parlez-nous d’un doux avenir !Parlez-moi de soleil et d’ondes,D’épis flottants, de plaines blondes,De jours dorés, d’horizons verts ;De la terre enfin réveillée,Qui se mourait froide et mouilléeSous le dais brumeux des hivers.L’hiver, c’est le deuil de la terre!Les arbres n’ont plus leur mystère ;Oiseaux et bardes sont sans toits ;Une bise à l’aile glacéeA nos fronts tarit la pensée,Tarit la sève au front des bois.Le ciel est gris, l’eau sans murmure,Et tout se meurt ; sur la natureS’étend le linceul des frimas.Heureux, alors, sur d’autres plages,Ceux qui vont chercher les feuillagesEt les beaux jours des beaux climats !O très heureuses hirondelles!Si comme vous j’avais des ailes,J’irais me baigner d’air vermeil ;Et, loin de moi laissant les ombres,Je fuirais toujours les cieux sombresPour toujours suivre le soleil !

Chère, voici le mois de maiThéodore de BanvilleChère, voici le mois de mai,Le mois du printemps parfuméQui, sous les branches,Fait vibrer des sons inconnus,Et couvre les seins demi-nusDe robes blanches.Voici la saison des doux nids,Le temps où les cieux rajeunisSont tout en flamme,Où déjà, tout le long du jour,Le doux rossignol de l’amourChante dans l’âme.Ah! de quels suaves rayonsSe dorent nos illusionsLes plus chéries,Et combien de charmants espoirsNous jettent dans l’ombre des soirsLeurs rêveries !Parmi nos rêves à tous deux,Beaux projets souvent hasardeuxQui sont les mêmes,Songes pleins d’amour et de foiQue tu dois avoir comme moi,Puisque tu m’aimes ;Il en est un seul plus aimé.Tel meurt un zéphyr embauméSur votre bouche,Telle, par une ardente nuit,De quelque Séraphin, sans bruit,L’aile vous touche.Camille, as-tu rêvé parfoisQu’à l’heure où s’éveillent les boisEt l’alouette,Où Roméo, vingt fois baisé,Enjambe le balcon briséDe Juliette,Nous partons tous les deux, tout seuls?Hors Paris, dans les grands tilleulsUn rayon joue ;L’air sent les lilas et le thym,La fraîche brise du matinBaise ta joue.Après avoir passé tout prèsDe vastes ombrages, plus fraisQu’une glacièreEt tout pleins de charmants abords,Nous allons nous asseoir aux bordsDe la rivière.L’eau frémit, le poisson changeantÉmaille la vague d’argentD’écailles blondes ;Le saule, arbre des tristes vœux,Pleure, et baigne ses longs cheveuxParmi les ondes.Tout est calme et silencieux.Étoiles que la terre aux cieuxA dérobées,On voit briller d’un éclat purLes corsages d’or et d’azurDes scarabées.Nos yeux s’enivrent, assouplis,A voir l’eau dérouler les plisDe sa ceinture.Je baise en pleurant tes genoux,Et nous sommes seuls, rien que nousEt la nature !Tout alors, les flots enchanteurs,L’arbre ému, les oiseaux chanteursEt les feuillées,Et les voix aux accords touchantsQue le silence dans les champsTient éveillées,La brise aux parfums caressants,Les horizons éblouissantsDe fantaisie,Les serments dans nos cœurs écrits,Tout en nous demande à grands crisLa Poésie.Nous sommes heureux sans froideur.Plus de bouderie ou d’humeurTriste ou chagrine ;Tu poses d’un air triomphantTa petite tête d’enfantSur ma poitrine ;Tu m’écoutes, et je te lis,Quoique ta bouche aux coins pâlisS’ouvre et soupire,Quelques stances d’Alighieri,Ronsard, le poëte chéri,Ou bien Shakspere.Mais je jette le livre ouvert,Tandis que ton regard se perdParmi les mousses,Et je préfère, en vrai jaloux,A nos poëtes les plus douxTes lèvres douces !Tiens, voici qu’un couple charmant,Comme nous jeune et bien aimant,Vient et regarde.Que de bonheur rien qu’à leurs pas !Ils passent et ne nous voient pas :Que Dieu les garde !Ce sont des frères, mon cher cœur,Que, comme nous, l’amour vainqueurFit l’un pour l’autre.Ah ! qu’ils soient heureux à leur tour !Embrassons-nous pour leur amourEt pour le nôtre !Chère, quel ineffable émoi,Sur ce rivage où près de moiTu te recueilles,De mêler d’amoureux sanglotsAux douces plaintes que les flotsDisent aux feuilles !Dis, quel bonheur d’être enlacésPar des bras forts, jamais lassés !Avec quels charmes,Après tous nos mortels exils,Je savoure au bout de tes cilsDe fraîches larmes !

Le printempsAmable TastuViens, charmante saison, jeunesse de l’année,Viens animer encore le luth des Troubadours,Des fleurs que tu fais naître accours environnée,Elles seront le prix de nos chansons d’amours.Voici venir le jour où la Reine des anges,Seule, au pied de la croix, répandit tant de pleurs,Qu’elle entende aujourd’hui l’hymne de nos louangesRedire aux saints autels ses sublimes douleurs.Cité de mes aïeux, Toulouse tant chérie,Sois à jamais l’orgueil, l’amour de tes enfants ;Qu’ils trouvent dans les murs de leur belle patrieLe sujet et le prix de leurs nobles accents !Poètes orgueilleux, caressez l’espéranceDe laisser après vous un renom immortel ;Le mien s’éteindra vite ; et le nom de ClémenceNe sera point connu du jeune Ménestrel.La rose du matin le soir jonche la terre;Avec indifférence on la voit se flétrir ;Et le vent de la nuit, de son aile légère,Disperse dans les airs son dernier souvenir.

Les quatre saisons – Le printempsCharles CrosAu printemps, c’est dans les bois nusQu’un jour nous nous sommes connus.Les bourgeons poussaient vapeur verte.L’amour fut une découverte.Grâce aux lilas, grâce aux muguets,De rêveurs nous devînmes gais.Sous la glycine et le cytise,Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?Nous n’aurions rien dit, réséda,Sans ton parfum qui nous aida.