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Lycée Jean Macé LANETSER

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Le printemps des poètes 2021

Lycée Jean Macé- LANESTER -

INDEX

1.Le travail de l'option breton

2.Le travail des élèves d'option latin

3.La rencontre avec Nimrod

4.Le travail des étudiants de BTS

OpératioN COUDRIER

Le désir dans les rues de ma ville

EnBreton

01

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An nevez hanv, Naig Rozmor

Le printemps est là, Mets tes chaussures légères, Nous irons dans les prés Cueillir les chatons Nous cueillerons aussi les fleurs de muguet Qui formeront des bouquets Pour en faire des cadeaux.

Yann Ber Piriou

Sous-Flouradenn da ziweuzDa frond am beuzLa caresse de tes lèvresTon parfum me submerge

Enlatin

02

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A Lesbie, Catulle (84 avant J.-C. — vers 54 avant J.-C.)

Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.(Traduction de Charles Héguin de Guerle)

(...)La nuit tombe, et son aile obscurcit l’univers.Vénus, le coeur en proie à ses chagrins amers,Des Laurentins armés méditait les menaces :Dans une couche d’or la déesse des GrâcesVeillait près de Vulcain ;aux plus tendres discours,Pour réveiller ses feux, son adresse a recours :« Cher époux ! quand vingt rois ligués contrePergameAttaquaient ses remparts dévoués à la flamme,Quoiqu’au fils de Priam je dusse mes faveurs,Quoique souvent Enée eut fait couler mes pleurs,Il n’en était plus temps ; c’en était fait de Troie,Et ses murs de la Grèce allaient être la proie. (…)(...)

(Traduction de Jacques Delille / Michaud frères éditeurs / 1804)

L'Enéide / Chant VIII, Virgile (70 avant J.-C. — 19 avant J.-C.)

« Ode à l’aimée » Il me paraît égal aux dieux Celui qui près de toi s’assied, Goûte la douceur de ta voix Et les délices De ce rire qui fond mon coeur Et le fait battre sur mes lèvres. Sitôt que je vois ton visage, Ma voix se brise, Ma langue sèche dans ma bouche, Un feu subtil court sous ma peau, Mes oreilles deviennent sourdes, Mes yeux aveugles. Mon corps ruisselle de sueur, Un tremblement me saisit toute, Je deviens plus verte que l'herbe. Je crois mourir...(Traduction d’André Bonnard / Éditions de L’Aire / 1996)

La poésie de Sapphô,Sapphô de Lesbos (vers 630 avant J.-C.— vers 580 avant J.-C.)

« Sur la rose » Mêlons à Dionysos la rose d’Éros, et, la tête ceinte de belles feuilles de roses, buvons en riant doucement. La rose est l’honneur et le charme des fleurs ; la rose est le désir et le soin du printemps ; la rose est la volupté des dieux ! L’enfant de Kythéré se couronne de corolles de roses, quand il se mêle aux choeurs des Kharites. Couronne m’en donc, ô Dionysos, afin que, la chevelure ceinte de roses, je chante dans tes temples, et que je mène les danses, accompagné d’une belle jeune fille !(Traduction de Leconte de Lisle / 1861 Les odes d’Anacréon, traduites de grec en françois / Hachette Bnf / 2012)

Ode V, Anacréon (vers 550 avant J.-C.— vers 464 avant J.-C.)

« À Lesbie. » Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.(Traduction de Charles Héguin de Guerle C.L.F Panckoucke éditeur / 1837)

Poésies, Catulle (84 avant J.-C. — vers 54 avant J.-C.)

(...)Les beaux yeux de Cynthie,en mon malheureux coeur,De mes premiers désirs enflammèrent l’ardeur,Et l’Amour ce jour-là dompta mon âme altière ;Son pied victorieux m’inclina vers la terre.Depuis un an je vis, sans projets arrêtés,Devenu l’ennemi des pudiques beautés.Le temps ne peut calmer le mal qui me dévore.(...)

(Traduction de M. de La Roche-Aymon / Maison Quantin / 1885)

Elégie I : A Tullus, Properce (47 avant J.-C. — 15 avant J.-C.)

La métamorphose d'echo, Ovide43 avant J.-C. - 18 après J.-C.

(...)Aussitôt dit, aussitôt fait : Écho répète désormaisLes dernières syllabes des mots qu’elle entend prononcer.Donc, à peine a-t-elle vu Narcisse, circulant seul dans la campagne,Qu’elle s’enflamme et suit ses pas à la dérobée.Plus elle le suit, plus son ardeur se fait pressante :Le soufre dont on enduit le bout des torchesN’est pas plus prompt à prendre feu.Oh ! Que de fois a-t-elle voulu l’aborder avec des mots d’amour,User de tendres prières !(...)(Traduction de Danièle Robert / Actes Sud / 2018)

Chant IV, Lucrèce(94 avant J.-C.-54 avant J.-C.)

(...)Leur proie, ils l’étreignent à lui faire mal, morsures et baisers lui abîment les lèvres. Impure, leur volupté cache des aiguillons les incitant à blesser l’objet, quel qu’il soit, d’où surgissent ces semences de leur fureur. Mais, légère, Vénus, à l’instant de l’amour, vient briser la peine, tandis que la volupté mêlant ses caresses réfrène les morsures. De là vient l’espoir que l’origine de cette ardeur, le corps qui l’alluma, puisse en éteindre le brasier.(...)(Traduit du latin par José Kany-Turpin / Éditions Garnier-Flammarion / 1997)

La poésie de Sapphô,Sapphô de Lesbos (vers 630 avant J.-C.— vers 580 avant J.-C.)

« Ode à l’aimée » Il me paraît égal aux dieux Celui qui près de toi s’assied, Goûte la douceur de ta voix Et les délices De ce rire qui fond mon coeur Et le fait battre sur mes lèvres. Sitôt que je vois ton visage, Ma voix se brise, Ma langue sèche dans ma bouche, Un feu subtil court sous ma peau, Mes oreilles deviennent sourdes, Mes yeux aveugles. Mon corps ruisselle de sueur, Un tremblement me saisit toute, Je deviens plus verte que l'herbe. Je crois mourir...(Traduction d’André Bonnard / Éditions de L’Aire / 1996)

De là vient l’espoir que l’origine de cette ardeur,le corps qui l’alluma, puisse en éteindre le brasier.Mais la nature proteste qu’il advient le contraire,et c’est bien le seul cas où plus nous possédons,plus notre cœur brûle d’un funeste désir.Nourriture et boisson absorbées par le corpspeuvent y occuper certaines parties.Ainsi se comble aisément le désir d’eau et de pain.Mais d’un beau visage et d’un teint frais,ien ne pénètre pour réjouir le corps,hormis des simulacres ténus,espoirs souvent emportés par le vent,pauvrets !Voici l’homme que la soif en son rêve dévore :pour éteindre ce feu, aucune eau n’est donnée, mais il recourt à des images, s’acharne en vain, mourant de soif au fond du torrent où il boit.Traduit du latin par José Kany-Turpin / Éditions Garnier-Flammarion / 1997)

Chant IV, Lucrèce(94 avant J.-C.-54 avant J.-C.)

Poésies, Catulle (84 avant J.-C. — vers 54 avant J.-C.)

« À Lesbie. » Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.(Traduction de Charles Héguin de Guerle C.L.F Panckoucke éditeur / 1837)

Élégie I : À Tullus / Livre Premier / Les Élégies Properce(47 avant J.-C. — 15 avant J.-C.)

(...)Vous, dont les enchantements ont attiré la lune sur la terre, vous, qui apaisez les dieux par vos sacrifices magiques, changez le coeur de ma maîtresse ; rendez son visage plus pâle encore que le mien, et alors je croirai à votre art ; je croirai que vos chants peuvent conduire à leur gré les astres et arrêter les fleuves.Et vous, dont l'amitié tardive cherche à me relever d'une chute, trouvez des remèdes qui cicatrisent les blessures de mon coeur. Je me sens le courage de supporter le feu et le fer : mais que je puisse exhaler du moins mon courroux.(...)

(Traduction de M. de La Roche-Aymon / Maison Quantin / 1885)

Chant IV, Lucrèce(94 avant J.-C.-54 avant J.-C.)

De là vient l’espoir que l’origine de cette ardeur,le corps qui l’alluma, puisse en éteindre le brasier.Mais la nature proteste qu’il advient le contraire,et c’est bien le seul cas où plus nous possédons,plus notre cœur brûle d’un funeste désir.Nourriture et boisson absorbées par le corpspeuvent y occuper certaines parties.Ainsi se comble aisément le désir d’eau et de pain.Mais d’un beau visage et d’un teint frais,ien ne pénètre pour réjouir le corps,hormis des simulacres ténus,espoirs souvent emportés par le vent,pauvrets !Voici l’homme que la soif en son rêve dévore :pour éteindre ce feu, aucune eau n’est donnée, mais il recourt à des images, s’acharne en vain, mourant de soif au fond du torrent où il boit.

(Traduit du latin par José Kany-Turpin /Éditions Garnier-Flammarion / 1997)

« À Lesbie. » Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.(Traduction de Charles Héguin de Guerle C.L.F Panckoucke éditeur / 1837)

Poésies, Catulle (84 avant J.-C. — vers 54 avant J.-C.)

Elégie I : A Tullus, Properce (47 avant J.-C. — 15 avant J.-C.)

(...)Les beaux yeux de Cynthie, en mon malheureux coeur, De mes premiers désirs enflammèrent l’ardeur, Et l’Amour ce jour-là dompta mon âme altière ; Son pied victorieux m’inclina vers la terre. Depuis un an je vis, sans projets arrêtés, Devenu l’ennemi des pudiques beautés. Le temps ne peut calmer le mal qui me dévore.(...)

(Traduction de M. de La Roche-Aymon /Maison Quantin / 1885)

Poésies, Catulle (84 avant J.-C. — vers 54 avant J.-C.)

« À Lesbie. » Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.(Traduction de Charles Héguin de Guerle C.L.F Panckoucke éditeur / 1837)

(...)Écho avait un corps à l’époque – n’était pas qu’une voix –Mais n’avait déjà plus, la bavarde, l’usage de sa bouche,Et ne pouvait que répéter les tout derniers mots d’une phrase,Comme aujourd’hui.(...)(Traduction de Danièle Robert / Actes Sud / 2018)

La métamorphose d'echo, Ovide43 avant J.-C. - 18 après J.-C.

Rencontre avec Nimrod

(Télégramme 06/04/2021)

1BIOAC et Charline Rolland

03

C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême !Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime !Mon âme est un rayon de lumière et d'amourQui, du foyer divin détaché pour un jour,De désirs dévorants loin de toi consumée,Brûle de remonter à sa source enflammée !Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi !Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;C'est toi que je découvre au fond de la nature,C'est toi que je bénis dans toute créature.Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts ;Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,Et sème sur les monts les perles de l'aurore,Pour moi c'est ton regard qui, du divin séjour,S'entr'ouvre sur le monde et lui répand le jour.(...)

La Prière , Alphonse de Lamartine(1790 — 1869)

Caerulei oculi, Théophile Gautier(1811 - 1872)

Une femme mystérieuse,Dont la beauté trouble mes sens,Se tient debout, silencieuse,Au bord des flots retentissants.Ses yeux, où le ciel se reflète,Mêlent à leur azur amer,Qu'étoile une humide paillette,Les teintes glauques de la mer.Dans les langueurs de leurs prunelles,Une grâce triste sourit ;es pleurs mouillent les étincellesEt la lumière s'attendrit ;(…)

Don Paez, Alfred de Musset(1810 — 1857)

Comme elle est belle au soir,aux rayons de la lune,Peignant sur son col blanc sa chevelure brune ! Sous la tresse d'ébène on dirait, à la voir,Une jeune guerrière avec un casque noir !Son voile déroulé plie et s'affaisse à terre. Comme elle est belle et noble !(...)

Premières Poésies - Poésies nouvelles / Poésie/Gallimard / 1976

A celle qui est voilée ,Victor Hugo(1802 - 1885)

(...)Je suis l’algue des flots sans nombre,Le captif du destin vainqueur ;Je suis celui que toute l’ombreCouvre sans éteindre son cœur.Mon esprit ressemble à cette île,Et mon sort à cet océan ;Et je suis l’habitant tranquilleDe la foudre et de l’ouragan.(...)

La Prière , Alphonse de Lamartine(1790 — 1869)

C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême !Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime !Mon âme est un rayon de lumière et d'amourQui, du foyer divin détaché pour un jour,De désirs dévorants loin de toi consumée,Brûle de remonter à sa source enflammée !Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi !Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;C'est toi que je découvre au fond de la nature,C'est toi que je bénis dans toute créature.Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts ;Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,Et sème sur les monts les perles de l'aurore,Pour moi c'est ton regard qui, du divin séjour,S'entr'ouvre sur le monde et lui répand le jour.(...)

A celle qui est voilée ,Victor Hugo(1802 - 1885)

(...)Sois l’aile qui passe et se mêleAux grandes vagues en courroux.Oh, viens ! tu dois être bien belle,Car ton chant lointain est bien doux ;71Car la nuit engendre l’aurore ;C’est peut-être une loi des cieuxQue mon noir destin fasse écloreTon sourire mystérieux !Dans ce ténébreux monde où j’erre,Nous devons nous apercevoir,Toi, toute faite de lumière,Moi, tout composé de devoir !(…)

Charles Baudelaire(1821 — 1867)« La chambre double »

(...)Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule ; ces subtiles et terribles mirettes,que je reconnais à leur effrayante malice ! Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regardde l'imprudent qui les contemple. Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent lacuriosité et l'admiration.(...)

Nyx, Catherine Pozzi(1882 - 1934)

À Louise aussi de Lyon et d’Italie. Ô vous mes nuits, ô noires attendues Ô pays fier, ô secrets obstinés Ô longs regards, ô foudroyantes nues Ô vol permis outre les cieux fermés. Ô grand désir, ô surprise épandue Ô beau parcours de l’esprit enchanté Ô pire mal, ô grâce descendue Ô porte ouverte où nul n’avait passé Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie Avant d’entrer à l’éternel séjour. Je ne sais pas de qui je suis la proie. Je ne sais pas de qui je suis l’amour.Poème publié dans la revue Mesures / 1935 (publication posthume)

La Prière , Alphonse de Lamartine(1790 — 1869)

C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême !Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime !Mon âme est un rayon de lumière et d'amourQui, du foyer divin détaché pour un jour,De désirs dévorants loin de toi consumée,Brûle de remonter à sa source enflammée !Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi !Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;C'est toi que je découvre au fond de la nature,C'est toi que je bénis dans toute créature.Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts ;Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,Et sème sur les monts les perles de l'aurore,Pour moi c'est ton regard qui, du divin séjour,S'entr'ouvre sur le monde et lui répand le jour.(...)

CAERULEI OCULI, THÉOPHILE GAUTIER(1811 - 1872)

Une femme mystérieuse,Dont la beauté trouble mes sens,Se tient debout, silencieuse,Au bord des flots retentissants.Ses yeux, où le ciel se reflète,Mêlent à leur azur amer,Qu'étoile une humide paillette,Les teintes glauques de la mer.Dans les langueurs de leurs prunelles,Une grâce triste sourit ;es pleurs mouillent les étincellesEt la lumière s'attendrit ;(…)

La Prière , Alphonse de Lamartine(1790 — 1869)

C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême !Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime !Mon âme est un rayon de lumière et d'amourQui, du foyer divin détaché pour un jour,De désirs dévorants loin de toi consumée,Brûle de remonter à sa source enflammée !Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi !Ce monde qui te cache est transparent pour moi ;C'est toi que je découvre au fond de la nature,C'est toi que je bénis dans toute créature.Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts ;Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,Et sème sur les monts les perles de l'aurore,Pour moi c'est ton regard qui, du divin séjour,S'entr'ouvre sur le monde et lui répand le jour.(...)

Nyx, Catherine Pozzi(1882 - 1934)

Ô grand désir, ô surprise épandueÔ beau parcours de l’esprit enchantéÔ pire mal, ô grâce descendueÔ porte ouverte où nul n’avait passéJe ne sais pas pourquoi je meurs et noieAvant d’entrer à l’éternel séjour.

Guirlande de Lou, Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

Je fume un cigare à Tarascon en humant un caféDes goumiers en manteau rouge passent près de l’hôtel des EmpereursLe train qui m’emporta t’enguirlandait de tout mon souvenir nostalgique Et ces roses si roses qui fleurissent tes seins C’est mon désir joyeux comme l’aurore d’un beau matin

Eve ,Marie Krysinska(1857 - 1908)

Tout est miraculeux dans ce Jardin de Joie :Les branchages s’étoilent de fruits symboliques Rouges comme des cœurs et blancs comme des âmes; Les Roses d’Amour encore inéclosesDorment au beau Rosier ;Les lys premiers nésBalancent leurs fervents encensoirsAuprès Des chères coupes des IrisOù fermente le vin noir des mélancolies ;(...)

(...)Autour d’elle, le silence de midiExalte la pamoison odorante des calices,Et le jeune soleil baise les feuillées neuves.

(…)Mon âme, avec la violenceD'un irrésistible désir,Au milieu du gouffre s'élanceVers l'ombre impossible à saisir.Montrant son sein, cachant sa queue,La sirène amoureusementFait ondoyer sa blancheur bleueSous l'émail vert du flot dormant.L'eau s'enfle comme une poitrineAux soupirs de la passion ;Le vent, dans sa conque marine,Murmure une incantation.(...)

CAERULEI OCULI, THÉOPHILE GAUTIER(1811 - 1872)

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