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Formation

Les pratiques informationnelles et médiatiquesdes jeunes

Accompagnement des classes à PEMJeudi 26 novembre 2020

Karen Prévost-SorbeCoordonnatrice académiqueAdjointe au Délégué académique au Numériquekaren.prevost@ac-orleans-tours.fr

"Une éducation aux médias et à l'information pertinente doit s'appuyer sur les pratiques réelles des élèves - c'est-à-dire non seulement sur les usages, mais aussi sur leurs représentations."

Claire Joubaire, 2017

S'approprier des notions et des concepts en EMI

Objectifs

Comprendre les pratiques médiatiques et informationnelles des jeunes

Savoir adapter sa posture d'enseignant et mettre en oeuvre une pédagogie en EMi qui s'appuie sur les pratiques informationnelles et médiatiques des élèves

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Une enquête réalisée par un institut de sondage ou un acteur économique n'est pas un travail scientifique.

En préambule

Une enquête réalisée par un institut de sondage ou un acteur économique n’est pas un travail scientifique :- Méthodologie de recueil de données différente : enquête vs étude ;- Non publication des données brutes ;- Objectifs différents.Certaines pratiques ne sont pas prises en compte.Il existe des enquêtes statistiques réalisées par des organismes publics et aussi par des chercheurs.

Pratiques informationnelles,pratiques médiatiques,de quoi parlons-nous ?Qu'est-ce que s'informer ?

Objets d'étude & Positionnement théorique

Retour sur les expressions "pratiques informationnelles et "pratiques médiatiques"

"La « pratique » renvoie donc à quelque chose qui est effectué régulièrement, qui en cela est source d'un bénéfice, et qui donc vise une certaine efficacité." (Aillerie, 2011)

Définition (1)

Gardiès, Favre et Couzinet (2010) définissent les pratiques informationnelles comme étant « une manière concrète d’exercer une activité d’information visant des résultats sans intention d’expliquer comment le résultat a été atteint » . En s’appuyant sur plusieurs travaux de recherche antérieurs, les auteures sont parvenues à formuler plusieurs conclusions sur ce que sont les pratiques informationnelles : elles se composent de quatre phases récurrentes que sont la veille, la recherche, le traitement et la diffusion de l’information et participent « à la socialisation de l’information entre pairs ainsi qu’au partage des savoirs ». Les pratiques informationnelles sont culturelles dans la mesure où elles s’acquièrent et ce, de deux manières : « Les pratiques informationnelles semblent correspondre à un ensemble de procédures apprises dans le cadre d’une formation spécialisée – initiation à la recherche documentaire – ou acquise par tâtonnements susceptibles de s’enrichir par l’échange et avec le temps ».

Définition (2)

Les pratiques d’information des individus sont également corrélatives des pratiques médiatiques.

Les pratiques médiatiques se réfèrent aux « dispositifs techniques – alphabet et papier pour la presse écrite, optique et surface sensible pour la photo, caméra, salle obscure, écran pour le cinéma, vidéo, etc. qui ont pour fonction de captercertains éléments du réel, de les traduire en« informations » selon des codes spécifiques, de véhiculer celles-ci, d’en assurer le décodage et la restitution de ce qui a été enregistré au départ. » (Bélisle et al. 1999)Ces dispositifs techniques changent.On assiste actuellement à une reconfiguration des pratiques liées aux anciens médias provoquée par les nouvelles technologies et Internet.

"S'informer est la base de la relation de l'individu au monde qui l'entoure au sens de ce "paysage sonore" (soundscape) cadre de vie décrit par Robert Murray Schaffer (1979)"

Karine Aillerie, 2011

Une condition clef de la reliance

A noter

81% des 13-19 ans possèdent leur propre smartphone (Schmutz, Guillaume, Lorenzi, 2017), et ce dernier est pour 74% des 15-19 ans le support privilégié pour s’informer au quotidien (Ministère de la Culture, 2018). Les médias et réseaux sociaux sont devenus la porte privilégiée des jeunes pour accéder à l’information notamment d’actualité (Mercier, Ouakrat, Pignard-Cheynel, 2017 ; Ministère de la Culture, 2018).

6 points clefs

1 Des pratiques révélatrices de contexte et de milieu2 Des adolescents en quête d'information3 La puissance des images pour s'informer4 Des adolescents en recherche d'intelligibilité5 La question des troubles informationnels6 Et l'Ecole ?

Des pratiques révélatricesde contexteet de milieu

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"Parmi les questions qui interrogent les relations entre les jeunes et les médias, celle concernant les pratiques d’information dite d’actualité reste sous-étudiée, et particulièrement dans un cadre qualitatif. La question est pourtant d’importance puisque, pour les jeunes, l’information d’actualité a été identifiée comme source d’information majeure sur les problèmes sociaux et politiques (Chaffee & Yang, 1990 [Lemish, 2015]) et à ce titre, incontournable dans la constitution d’une culture civique et pour participer à la vie démocratique. Mais, il est juste d’ajouter que le désintérêt des plus jeunes vis-à-vis des informations et des médias d’actualité, relaté dans un corpus assez large d’enquêtes, n’incite pas à réinterroger les pratiques juvéniles d’information d’actualité. Les travaux menés par Lemish (2015) et Carter (2007) viennent cependant nuancer ce trait bien connu des pratiques d’information juvéniles"

Nicole Boubée, 2015

Les recherches en sciences de l'information et de communication (SIC)sur les pratiques informationnelles des jeunes sont peu nombreuses.

A noter...

>> Les travaux sur les pratiques d'information d'actualité ne sont pas nombreux.Pour les jeunes, il faut recourir à une série d'articles, en l'absence actuelle d'ouvrages de synthèse (en langue française).Actes du colloque international "Jeunes, Médias et Diversités", sous la direction de Marlène Loicq et Isabelle Féroc-Dumez, parus en 2017> Un dossier de 174 pages à télécharger

Des catégories d'analyseDifférenciation sociale des pratiques d'information chez les adultes

Classes populairesIl y a un "éclectisme de l'information" (vs sélectivité) et "la palette en matière de support" est étroite, la TV étant le principal média d'actualité.

Classes intermédiaires Les membres des classes moyennes affichent un rapport à l'actualité qui se veut sérieux " mais des choix informationnels qui les rapprochent des classes populaires.

Classes favoriséesElles ont une "conception particulière de l'information, conçue comme une veille sur le monde".

Comby J.B., 2013, L'orientation sociale des goûts en matière d'actualité, in Jouët J., Rieffel R., dirs, 2013, S'informer à l'ère numérique, Paris, Presses universitaires de Rennes, pp. 31-57.

- Internet sert majoritairement au "divertissement, échanger avec les proches et obtenir des informations pratiques" et peu pour s'informer. Internet est rarement utilisé pour approfondir une information ou varier les points de vue ;- Les critiques des médias sont rares et co-existent avec une estime des médias ;- Elles "s'inquiètent peu de ce qu'est une bonne information".

- Volonté de se conformer aux normes sociales en vigueur au sein des classes supérieures, mais "des pratiques qui révèlent une maîtrise imparfaite des codes" ;- Il y a une mise en avant de recherches d'informations actives sur Internet, mais un souci d'approfondissement moins prononcé ;- Elles sont méfiantes vis-à-vis de l'information.

- "Peu d'éclectisme informationnel", diversification des sources , valorisation de la presse écrite et de certaines émissions de TV, "rejet des médias qui informent la masse" ; intérêt pour l'actualité internationale.-"L'offre d'information en ligne est valorisée". Internet joue le rôle d'une revue de presse et comme approfondissement de quelques questions ; Attitude volontaire vis-à-vis de l'information ;- Elles connaissent les bonnes manières de s'informer, c'est-à-dire "diversifier l'information, chercher à en savoir plus, exercer un tri".

A noter

"Plusieurs études montrent combien les inégalités sociales d’accès et d’appropriation de l’information sont une réalité (Hargittai, 2002 ; Granjon et al., 2009 ; Robinson, 2012 ; Cordier, 2015). Une recherche récente portant sur l’acculturation informationnelle étudiante a mis en exergue les difficultés rencontrées par les jeunes étudiant·es pour intégrer les codes académiques en matière d’information, et les efforts à fournir pour une affiliation au monde universitaire aussi dans le domaine des pratiques informationnelles, qui apparaît clivant pour la réussite à l’université (Cordier, 2018). Le milieu familial ne dote pas toujours de comportements informationnels et de grilles de lecture favorables à la réussite académique." (Cordier, 2019)

"Chaque génération est le barbare de la précédente et peut être accusée de solder à mauvais compte les legs culturels de celles qui les ont précédées. "(Octobre, 2017)

Adopterune posture ouverte etpositive

L’histoire des médias est émaillée de paniques morales, depuis l'invention de l’imprimerie, de la radio jusqu’à celle de la télévision. Ces paniques morales orientent l’analyse des pratiques vers un discours de perte, et de danger, ou de pathologie (Octobre, 2018).« Juger des formes émergentes avec les critères des formes précédentes aboutit au mieux à l’incompréhension au pire à la cécité »(Marshall Mac Luhan cité par Sylvie Octobre, 2018).Il faut "légitimer" les pratiques informaitionnelles et médiatiques des adolescents (Anne Cordier, 2019)

Pour en finir avec le mythe du "digital native" et la classification des générations

Des adolescents en quête d'information

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"Des adolescent·es qui se noient dans un flux d'informations, soumis·es aux algorithmes et logiques marchandes de plateformes omnipotentes, volontiers victimes - relais de fake... Le portrait souvent dressé de l'adolescent·e comme chercheur·se d'information sur les réseaux est bien sombre. Le paysage informationnel au sein duquel ces jeunes évoluent, tel que dépeint par les discours sociaux et médiatiques, est celui d’une jungle : dangereux, émaillé d’obstacles plus retors les uns que les autres, sous le joug d’incertitudes menaçantes, ce paysage confronterait et condamnerait les adolescent·es à des informations au mieux sans intérêt et au pire nuisibles. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée lorsque l'on enquête auprès de ces jeunes qui développent des pratiques informationnelles et un rapport à l'information riches d'enseignements"

Anne Cordier, 2019.

Info PULL

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Info PUSH

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Usage d'un moteur de réponse (Google)

La recherche d'information

Recherche multidimensionnelle : image, texte, vidéo, audio

Place croissante de l'image

Sérendipité qui permet de définir le besoin d'information

La question de l'évaluation de l'information : une injonction scolaire

La question de la rentabilité temps / résultats

Succès de la plateforme YouTube

Sensibilité au "design émotionnel" des RSN

L’actualité est toujours très présente dans les pratiques des adolescents :- À la télévision (journal, Talk-show)- Sur les réseaux sociaux- Peu de lecture de la presse papier et d’écoute de la radioL'Intérêt de l'information sur Internet est marqué :- Information gratuite- Caractère immédiat et instantané de l'information- Information enrichie "vidéos, sons, photos, animations..."- Possibilité de participer à l'information (commentaires, partages...)- Prééminence des "préférences de sources "Les adolescents ont intégré les "normes de légitimité informationnelle".L'information n'est pas un sujet de discussion entre pairs.On peut parler de "non-information" pour certains jeunes.

S'informer

Notifications push

Nouveaux Formats

Une nouvelle consommation de l'information

Taux d'opt-inPourcentage d'utilisateurs ayant accepté de recevoir des notifications PushTaux de réactionPourcentage d'utilisateurs ayant cliqué sur les notifications Push

La télévision reste le moyen privilégié de s'informer. Cette prédominance de la TV se retrouve également au moment des "grands événements".

La TV n'a pas disparu

On assiste aujourd'hui à une inversion des modalités de réception traditionnelle

S'informer , une pratique solitaire chez les jeunes

"Pendant longtemps, les images étaient regardées en groupe et discutées dans la foulée, alors qu'elles sont aujourd'hui de plus en plus souvent découvertes en solitaire et commentées dans un deuxième temps"."Le dialogue participe en effet d'une structuration des émotions et d'une expérimentation des limites, en organisant la confrontation aux positions défendues par autrui, tandis que le déversement de soi sur Internet même s'il peut être bénéfique, se résume souvent à un soulagement éphémère, qui n'induit pas de travail en profondeur sur ce qui est vécu" (Lachance, 2017)

La puissancedes imagespour s'informer

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"Avant la radio annonçait, la télévision montrait,la presse expliquait. Aujourd'hui, c'est la notification smartphone qui annonce , les réseaux qui montrent et la vidéo qui explique"

Eric Schérer, 2016

La "snapchatisation" de l'information

"En synthèse : publier 7 jours sur 7, des contenus exclusifs et originaux, conformes aux codes visuels ainsi qu’à l’esprit ludique et 100 % mobile, qui a fait le succès de l’application"

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Christophe Asselin, 2017

Focus sur...

Les travaux de Sophie Jehel

MCF Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis,Laboratoire CEMTI EA 3388 Centre d’étude sur les médias, les technologies et l’internationalisation

Rapport >> "Les adolescents face aux images violentes, sexuelles ou haineuses, stratégies, remédiations et vulnérabilités - Comprendre le rôle des images dans la construction identitaire et les vulnérabilités de certains jeunes" (24 Octobre 2017)

Définition des catégories de stratégies de réception>> Pas d’impact homogène, plusieurs stratégies observéesAdhésion : pas de distanciation, acceptation et reprise du message sans interprétationIndifférence : banalisation, sentiment d’impuissanceEvitement : évitement fondé sur une expérience / évitement au nom d’un principe moral, religieuxAutonomie : capacité à tenir un propos personnel, à interpréter le sens de l’image (à lui attribuer un sens )

Exemples d’images violentes, haineuses et sexuelles vues et décrites par les adolescents(sur les réseaux sociaux et sur YouTube)Des Images d’attentats, du policier mort devant Charlie Hebdo, du Bataclan, du Carillon, en particulierLe pilote jordanien immolé par le feu dans une cage,Des images d’enfants palestiniens enterrés vivantsDes Images d’enfants syriens, le crâne à moitié ouvertDes Images de violences policières américaines ou marocainesDes Images d’exécution par un gang mexicain, la décapitation d’une femme notamment.Des images de suicides, de bagarres à la hache, d’accidents,de harcèlement contre des handicapés, des femmes handicapées (avec connotation humoristique)Des messages racistes, anti-musulmans, antisémitesDes violences contre des enfants, contre des clandestinsDes images sexuelles, des images de sexes (non demandées), pornographiques, pédopornographiques, avec violences sado-masochistes, viols

Des adolescentsà la recherche d'intelligibilité

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"Le défi consiste à arrimer (des) images à d'autres éléments informationnels que (le spectateur) ne détient pas toujours. Ainsi, dans un monde où les images circulent comme des extraits isolés d'une histoire complexe, les spectateurs, notamment les plus jeunes, doivent reconstruire le fil des événements, parfois même rechercher les enjeux complexes qui se trament derrière (un fait d'actualité)." (Lachance, 2017)

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"Les données, nombreuses, s'offrent à eux [les adolescents] dans un ordre qui ne va pas de soi. Entre les dispositifs multiples leur permettant de s'informer par l'intermédiaire de leur messagerie, de leur compte Facebook ou Twitter, ou encore de Google, entre le téléphone qu'ils consultent dans la rue et l'ordinateur qu'ils utilisent à la maison, enre les sites officiels et les rumeurs qui courent, ils sont obligés de hiérarchiser les sources accessibles et d'assembler ce qu'ils apprennent. Ils s'adonnent à des opérations cognitives sans précédent. Jamais auparavant les adolescents n'ont été confrontés à une telle complexité de l'offre informationnelle. Dès lors des compétences nouvelles sont nécessaires pour apprendre à naviguer prudemment, trier l'offre et formuler des demandes..." (Lachance, 2017)

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"Les images qui se présentent de plus en plus fréquemment sans commentaire, engendrent un travail de réélaboration de sens" "La norme n'est plus de demander aux autres, mais de trouver par soi-même" (Lachance, 2017)

La quête du commentaire

La question des troubles informationnels

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"Plus le nombre d'informations non sélectionnées sera important dans un espace social, plus la crédulité se propagera."

Gérald Bronner, 2013

"Grande est la difficulté à évaluer l’information dans un contexte de massification des données et de multiplication des sources de diffusion de l’information (Francke, Sundin, 2012). Les adolescent·es ne disent pas le contraire, et les observations de situations informationnelles en contexte confirment les difficultés à évaluer la fiabilité d’une information, difficultés renforcées par des pratiques reposant volontiers sur l’exploitation de l’image." (Cordier, 2019)

Quid des adolescents?

"Tou·tes ont conscience de la fragilitéde l’information véhiculée par les réseaux sociaux numériques (particulièrement stigmatisés dans cette considération), sans pour autant que cela ne les détourne de ces réseaux pour s’informer de façon intensive."

Anne Cordier, 2019.

"Les jeunes sont particulièrement concernés par cette problématique informationnelle. En effet, ils utilisent fréquemment les médias sociaux qui constituent pour eux une « porte ouverte sur l’information » (Cordier, 2015 ; Aillerie, McNicol, 2016). Or c’est principalement par ces canaux que se diffusent les fake news (Martens et al., 2018). Si la littérature scientifique montre que les jeunes peinent à évaluer la crédibilité de l’information et l’autorité des sources sur le web (Serres, 2012, Sahut, 2017), à notre connaissance, on ne dispose pas d’études qui se sont plus spécifiquement intéressées à la perception des fake news par les jeunes." (Sahut, 2019)

Les adolescents face aux "Fake news"

"Substituer le cadrage autour des fake newspour celui des « troubles informationnels » proposé par Claire Wardle, c’est-à-dire tous les phénomènes qui amènent d’une manière ou d’une autre à troubler le jeu de la réception et de la compréhension de l'individu ou d'un groupe d'individus. Ces troubles informationnels peuvent être intentionnels ou non et participent par là même du cycle de l'information et de la vie démocratique - ce qui constitue à la fois sa force et ses faiblesses"

Elargir le débat sur les fake news (Infox)

Désinformation

L’information est fausse et estdélibérément produite pour nuire à un groupe social, une entreprise,une association ou un état.

Més-information

L’information est fausse ouse révèle fausse mais elle n’a pas pour intention première de nuire ets’inscrit dans le cadre de la recherche de la vérité et de bien commun.

Mal-information

Le contenu partagé se basesur un élément de vérité ou de réalité mais avec l’objectif explicite oulatent de nuire à une personne, une organisation, un groupe, à un état, etc. La manipulation de l’informationà partir des fuites de données, ou leaks,relève notamment de cette catégorie.

Trois types de troubles informationnels

"Ces trois types d’informations altérées ou troublées sont étroitement liés les uns auxautres dans leur rapport à la vérité, à la confianceet à la fiabilité que nous attendons d’une information. Si chaque type est bien distinct et appelle àdes pistes d’actions spécifiques, il n’est néanmoinspas possible de comprendre la diffusion de faussesnouvelles au sens de désinformation si on ne lamet pas en relation avec la diffusion d’erreurs oud’informations fausses au final ou si on ne la metpas en relation avec nos tendances individuellesou collectives à agir de manière mimétique, en lienavec nos propres idéologies (biais de confirmation)et nos propres émotions ou passions"

Des biais cognitifs favorisent les troubles informationnels.

Biais de représentativité: recherche de cohérence entre les causes et les effets. Biais de simple exposition: le seul fait d’être confronté à des thèses soutenant une théorie encourage inconsciemment notre adhésion à cette théorie. Biais de confirmation d’hypothèse : les individus recherchent les informations appuyant leurs croyances préexistantes plutôt que celles qui les invalideraient. Biais d’intentionnalité: nous «préférons» une cause intentionnelle plutôt qu’accidentelle.

Biais de représentativité: recherche de cohérence entre les causes et les effets. Biais de simple exposition: le seul fait d’être confronté à des thèses soutenant une théorie encourage inconsciemment notre adhésion à cette théorie. Biais de confirmation d’hypothèse : les individus recherchent les informations appuyant leurs croyances préexistantes plutôt que celles qui les invalideraient. Biais d’intentionnalité: nous «préférons» une cause intentionnelle plutôt qu’accidentelle. Effet de dévoilement et satisfaction cognitive. Besoin d’unicité : se distinguer des autres. Avarice cognitive (paresse intellectuelle face à la complexité). Effet Dunning-Kruger (surestimation de ses propres capacités). Fonction consolatrice de la théorie du complot et victimisme. Conformisme du groupe (S. Asch).Biais de désirabilité sociale.

Source : https://www.penser-critique.be

Le codex des biais cognitifs

Source : Monkey - 29 janvier 2018

Le neuroscientifique Albert Moukheiber nous explique pourquoi notre cerveau a tendance à se laisser influencer.

Notre cerveau face aux troubles informationnels

La théorie de la dissonance cognitive (1957)

"L'homme réduit son inconfort psychologique en recherchant une adéquation entre son comportement et son opinion"

Un cas d'école >> Le réchauffement climatique

Nos vies reposent sur un besoin de cohérence avec la façon dont nous nous construisons, or parfois, se mettent à cohabiter des contradictions intérieures, qui entraînent un malaise profond. Le réchauffement climatique par les menaces qu’il projette sur notre avenir et par l’ampleur des mesures qu’il nécessite, crée de l’inconfort en remettant trop de choses en question dans notre existence. Et entre la connaissance du problème et la reconnaissance du besoin d’agir, notre réflexe est de refouler ces informations pour éviter d’y penser.

L'actualité peut devenir anxiogène chez les jeunes.Certains mettent en place des stratégies de fuite ou d'évitement, d'autres s'intoxiquent avec le flux d'images en continu et peuvent développer une vision paranoïaque du monde qui les entoure.

Reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions face à l'information

Cultiver l'intelligence émotionnelle

Et à l'Ecole ?

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Travailler les compétences en littératie(s) avec les élèves.

Des pistes à explorer

Mobiliser l'esprit critique des élèves

Favoriser les démarches d'investigation en proposant des situations-problèmes

Eduquer aux médias et à l'information

Renforcer l'éducation à l'image

Cultiver la culture du débat et la discussion à visée philosophique

Développer la culture numérique des élèves

Et les acteurs de l'Ecole ?Interroger nos pratiqueset évaluer leur efficacité / pertinence

Des pistes exploratoires (1)

La réflexion méthodologique de Vermersch (1994) :Demander aux élèves de narrer des exemples relatifs aux "fake news" tirés de leur expérience personnelle. Procédant ainsi, on escompte que les élèves puisent dans leur mémoire épisodique et non dans leur mémoire sémantique, ce qui limite le recours aux stéréotypes et discours convenus supposés être conformes aux attentes du professeur.> Partir de leurs pratiques informationnelles et médiatiques> Accompagner la conscientisation des pratiques> Comprendre pour agir> Expliquer la complexité d'un phénomène à partir d'exemples vécus> Mobiliser leur esprit critique> Consolider leur culture informationnelle> Agir sur des valeurs citoyennes (tous les enjeux sont mis en perspective).

Des pistes exploratoires (2)

L'évaluation de l'information : une tâche emblématique à repenserUn constat : une inefficacité des discours et des actions pédagogiques> Partir du vécu des élèves> Comprendre pour agir> Accompagner la conscientisation des pratiques> Sortir de la grille d'évaluation scolaire (de son aspect "récompense")>Dépasser l'exercice de conditionnement pour aller vers un apprentissage intellectuel critique> Réfléchir aux effets négatifs du biais de désirabilité (stigmatisation et exclusion de certaines ressources et sources auprès des élèves)> Mobiliser leur esprit critique à bon escient> Prendre en compte les ressorts émotionnels> Etre vigilant quant aux discours anxiogènes> Accepter d'être dans une posture de "maître-ignorant"

Ressources

AILLERIE, Karine, Pratiques informationnelles des adolescents, 2011. URL :https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00653958/documentAMEY, Patrick et ZIMMERLI, Virginie : Les pratiques informationnelles des adolescents. Du "push-pull" aux réseaux sociaux. URL :https://archive-ouverte.unige.ch/unige:77642BOUBEE Nicole et TRICOT André , L'activité informationnelle juvénile, Lavoisier : Hermès, 2011.CORDIER, Anne (2019). Ados en quête d’infos : De la jungle à la steppe, cheminer en conscience. Revue de Socio-Anthropologie de l’Adolescence, n°3. In LACHANCE, Jocelyn (dir.). Accompagner les ados à l’ère du numérique. Laval : Presses Universitaires de Laval. URL : https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_02299371/documentCORDIER, Anne, Grandir connectés, les adolescents et la recherche d'information, C&F éditions, 2015. GALLAND, Olivier, Une nouvelle adolescence, Revue française de sociologie. 2008/4 (Vol. 49). URL : https://www.cairn.info/revue-francaise- de-sociologie-1-2008-4-page-819.htmCoordonné par Dominique Pasquier, "Cultutres numériques des jeunes à l'ère du numérique", Revue Réseaux, n°222/2020, Editions La Découverte. Paris.

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PixabayCC0 Creative Commons Pas d'attribution requise