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La dose du pharmacien

Le Cadran solaire Johann Schrettegger

Le cadran solaire de Michael Butterfield

L'histoire de la poussette

Le clystère

Focus 2020 musée municipal de Frontignan la Peyrade

La faluche

Il est difficile de dater avec précision l’apparition de la poussette mais il semblerait que le plus ancien moyen de transport pour enfant, existe déjà à Athènes vers l’an 1000 avant Jésus Christ.En Europe, au XVIIIe siècle, on l’appelle chariot ou charrette puisque l’engin est tracté par un animal (chèvre, poney, chien). Article de luxe réservé aux familles les plus aisées, son design est alors très ornementé.Après de nombreux brevets et plusieurs modifications majeures, le chariot rebaptisé landau ne cessera d’évoluer. Plus tard, grâce au baby-boom, le marché explose et la production aussi, des évolutions comme des freins et des roues plus grandes sont apportées mais dans les années 70, ils disparaissent pour laisser place aux poussettes.Son évolution s’est adaptée aux besoins des familles, et aujourd’hui, les modes de vies ne cessant d’évoluer, les fabricants travaillent sur des modèles toujours plus innovants.Les deux modèles présentés, issus des collections ethnologiques du Musée, datent de la fin du XIXesiècle appartenant aux familles Cambon et Anthérieu.

Vers la fin du XVIIe siècle, sans pouvoir dater précisément, apparait un nouveau type de cadran solaire sur le marché français, le cadran Butterfiled qui prend en compte la déclinaison magnétique découverte en 1269 avec les écrits de Pierre Le Pellerin publié en 1588. C’est un cadran robuste, facile à utiliser et à transporter, standardisé et sans doute bon marché par rapport aux réalisations antérieures et par conséquence une baisse de qualité scientifique. Cependant il rencontre un succès commercial et sera construit jusqu’en 1760. Faisant partie de la gnomonique ou l’art de tracer des cadrans solaires, les artisans sont baptisés des cadraniers.DescriptionCadran solaire portatif avec boussole intégrée et sertie signé Butterfield Paris, fin XVII début XVIIIe siècle. Ce cadran, en argent, est monté sur une platine octogonale et bénéficie d’un style-axe monté sur charnière dont l’inclinaison renseigne sur la latitude du lieu. Il est décoré, au fraisier, de feuille d’acanthe et d’un oiseau dont le bec indique l’élévation retenue. Rabattable, il repose dans un écrin de chagrin noir (cuir aspect grenu), clouté en extérieur et doublé intérieurement de velours vert.Sur le recto, quatre échelles horaires, en chiffre arabe et romain alternés, suivent le pourtour et indiquent les différents degrés de latitudes (43, 46, 49 et 52). Le Nord est poinçonné d’une fleur de lys et l’aiguille aimantée est en acier bleui.Au verso, apparaît la mention cadran premier, autours de laquelle sont gravées les noms de six villes européenne et française et leurs latitudes : Bruxelles, Londres, La Haye, Liège, Lisle et Calais.Au centre, le ressort du style-axe, joliment ouvragé en forme d’ancre marine décorée de feuilles d’acanthe, sépare les deux listes de villes. Le début de liste, à gauche, indique le chiffre 2 suivi des villes de Paris, Brest, Rennes, Arras, Strasbourg et Rouen, puis le chiffre 3 avec les villes de Bordeaux, La Rochelle, Poitiers, Dijon, et se poursuit à droite avec Lyon, Turin et Milan et enfin le chiffre 4 avec les villes de Bayonne, Montpellier, Perpignan, Marseille, Toulouse, Madrid et Rome.Qui était Michael Butterfield (1635-1724) ?Horloger d'origine anglaise, Michael Butterfield arrive en France en 1663. Depuis toujours, l’homme cherche à apprivoiser le temps en inventant des moyens précis pour le mesurer. Ainsi à 28 ans, il ouvre un magasin d'instruments de précision au Faubourg Saint-Germain et bénéficie rapidement d’une belle renommée, ses travaux sont cités dans le Journal des Savants dès le 15 novembre 1677. L’année suivante, il est ingénieur des instruments mathématiques pour Louis XIV, présenté par Jean-Dominique Cassini, et participe à la fabrication de niveaux utiles pour la construction du château de Versailles. Il réalise également des équerres pliables, des règles à échelles, des rapporteurs, des compas de proportion, des graphomètres à pinnules, des cadrans solaires portatifs… tous estampillés Butterfield Paris. Il ouvre, la même année, au Faubourg Saint-Germain un magasin d’instruments de précision puis un autre en 1697, sur le quai des Morfondus, sous l’enseigne Aux Armes d’Angleterre.En 1680, il produit sous la direction de Cassini, premier directeur de l’observatoire de Paris, un planisphère céleste en argent pour l'Académie Royale des Sciences qui mesure 2m de diamètre et représentant les trois systèmes du monde selon Copernic, Tycho et Ptolémée. Sur une des faces se trouve le système des planètes et sur l’autre les étoiles visibles depuis l’horizon de Paris. Ce planisphère sera présenté en 1690 à Jacques III roi d’Angleterre.Juré de la corporation des fondeurs (1702-1704), il forme des fabricants comme Jean-François Piochat et Jean-Jacques Langlois qui reprendra son enseigne.

Le cadran solaire équinoxial,dit universel, de voyage. Modèle pliant en laiton, acier et verre de 6,5 cm en pans opposés. Epoque : fin XVIIIe, début XIXe siècle.DescriptionUn cadran solaire de type dit d'Augsburg est constitué d'une platine parfois carrée mais généralement octogonale dans laquelle est encastrée une boussole.Ce modèle, de forme octogonale, comprend une boussole et deux éléments pliables montés sur charnières: le bras de latitudes et un anneau horaire gravé de chiffres romains et arabes.La boussole à cuve seiche, encastrée et gravée de rinceaux feuillagés, est pourvue d’une rosace et d’une flèche, en acier bleui, indiquant la déclination magnétique.Le modèle présenté est gravé, au dos de la platine, « Johan Schrettegger in Augsburg ». Certains modèles sont pourvus de modes d'emplois, en Allemand et Français mais pas ce modèle. Il est présenté avec son étui d'origine en cartonnage gainé de cuir marron.D’après les Mesures du temps et de l'Espace (OLF 1970), ce système semble avoir été inventé en France à la fin du XVIIe siècle par un horloger d'Auch, nommé Rugend. Comme beaucoup de Huguenots, il se réfugie en Allemagne en raison des persécutions religieuses et change vraisemblablement de patronyme puisqu’on retrouve des instruments fabriqués à Augsbourg signés Rugendas.Qui était Johann Nepomuk Schrettegger (1764-1843) ?Fabricant de cadran solaire allemand, Johann Nepomuk Schrettegger est né à Reichertshofen en 1764 . En 1797, il épouse la fille du célèbre cadranier Andreas Vogler d’Augsbourg. Dans la famille Vogler c’est d’abord le frère Johann Georg qui s’établit à Augsburg vers 1740 comme cadranier-horloger. A la mort de celui-ci, en 1765, Andreas prend la succession et poursuit la fabrication, jusqu’à fournir toute l’Europe, jusqu’en 1790. A son décès, en 1800, disparait le dernier fabricant de boussoles et de cadrans solaires d’Augsbourg.Cette famille faisait partie d'un groupe de fabricants spécialisés dans la production de matériel bon marché en grande quantité, de faible précision et grossièrement travaillés selon Higton, H. “Sundials – an Illustrated History of Portable Dials” © 2001).Aujourd'hui encore, ses cadrans sont exposés dans les musées français et européens comme Budapest, Copenhague, Londres, Stockholm, mais aussi Moscou et New York.

Collection du Musée, don anonyme (1982)Pour expliquer le matériel de l’officine, il faut d’abord décrire l’officine elle-même, au XVIIe siècle. Selon Jean De Renou, conseiller et médecin du Roi en 1624, il existe des pharmacies des villes et celles des champs. Pour celle qui nous concerne, celle des champs, elle doit être bâtie dans une bonne ville, dans un lieu éclairé et aéré, dans une rue nette et éloignée des cloaques et des égouts. Elle doit être spacieuse et haute, d’au moins 3 étages. Le rez-de-chaussée accueille l’officine, plutôt belle, carrée et bien claire, avec deux portes dont l’une débouche sur le laboratoire. Le premier étage est réservé au logement du pharmacien et le dernier niveau sert à la conservation des plantes et drogues nécessaires à ses préparations. La cave sert à entreposer les produits moins fragiles.Le mobilier est composé de tables qui servent à préparer, peser, mesurer, nettoyer, de comptoirs, longs et carrés à tiroirs, réservés au rangement, d’étagères pour la vente. Viennent ensuite les ustensiles de préparations, de matières différentes (cuivre, bronze, marbre, fer, étain, laiton, bois, terre, céramique) assez nombreux, comme les mortiers et pilons, dose, spatules et cuillères, chaudrons, pressoirs, fourneaux et alambics, moulins à poivre, balance. Ceux de conservations, tout aussi nombreux et de différentes matières (verre, terre, étain, bois, céramique) comme les chevrettes, pots et bouteilles, boites et pilulier garnissent tout l’espace. La visualisation est plus aisée après cette description de l’officine du XVIIe.Nous arrivons à l’usage de l’objet présenté : la dose en céramique, généralement estampillée du nom de l’officier de santé, est autant utilisée dans le laboratoire que dans la boutique. Suivant l’ordonnance, la posologie varie et peut être préparée à l’avance ou sur place suivant la substance prescrite par le médecin. Cette dose appartient à Frédéric Argelliès, pharmacien frontignanais, qui a exercé de 1877 à 1905 possiblement place de l’Hôtel de ville (actuelle pharmacie Tedenac-Demonte). L’officine, qui existe depuis 1828 comme l’atteste une facture, est tenue par Jean-Amédée Argelliès, son père. Plus tard, en 1914, elle sera tenue par Jean Clavel, pharmacien de 1ère classe, père de Maurice Clavel, jusqu’en 1924 date de son départ pour Sète.Le décor peint reprend le blason de ville (château à trois tours crénelées) entouré de décor végétal, le nom du pharmacien y apparaît nettement ainsi que sa localisation.

Collection du Musée, don Raymond Filipiak (1987)Selon le proverbe, ce qui dégage, soulage et l’expression comment vas-tu (sous entendu comment vas-tu à la selle) sont des indicateurs du sujet, le clystère !L’invention du clystère remonte à l’ancienne Egypte, dont les spécialistes baptisés bergers de l’anus, constatent la recrudescence de la constipation et prescrivent des lavements. Le modèle ressemble davantage à une poire de lavement puisqu’il est constitué d’un roseau sur lequel une vessie de porc est attachée.Selon Pline l’Ancien, écrivain, historien et naturaliste, cette découverte est le fruit de l’observation de l’Ibis, oiseaux échassiers, qui ingurgite le sable en s’alimentant lui provoquant des constipations. Leur automédication consiste à aspirer de l’eau de mer, avec leur long bec courbe, pour se l’injecter dans le rectum.Le mot clystère provient du latin clyster, qui signifie lavement.Il ressemble à une grande seringue, généralement en étain, à laquelle on ajoute une canule en bout, le poussoir actionne une rondelle en bois garnie de coton, faisant office de piston, qui expulse le liquide vers la sortie. Le modèle présenté est en cuivre et la canule est manquante. Selon les modèles, le réservoir peut contenir ½ litre d’eau voire davantage pour les modèles vétérinaire.Pendant tout le moyen âge, le clystère n’est pas très évoqué mais réapparaît aux XVII et XVIIIe siècle sous le nom de seringue. D’abord utilisé par les barbiers et marchands d’épices, c’est finalement la corporation des apothicaires (ex marchands d’épices) qui se verront attribués, par décret de Louis XIV, grand amateur de lavement, l’exclusivité de l’acte devenant ainsi le symbole de la profession et qui en fera leur richesse. Un apothicaire lyonnais assumant totalement sa fortune a souhaité comme épitaphe : ci-gît qui, pour un quart d’écu s’agenouillait devant un cul !Le clystère sert à purger, soigner et accessoirement, peut entraîner des variations de conscience selon les substances injectées. En effet les médications de l’époque étant extrêmement amères, le recours au clystère, par voie rectale, se généralise. Il est également utiliser pour aspirer le pus, laver les plaies, voire traiter des affections vétérinaires et gynécologiques. Plus tard, la poire à lavement, moins barbaresque, démocratise la pratique.

L'évolution de la poussette

Des détails du cadran de Butterfield

Détail du cadran de Schrettegger

Pot de pharmacie "curare"Pot de pharmacie "aconit"Pot de pharmacie "arsenic"Pot de pharmacie "ciguë"Pot de pharmacie "cocaïne"Pot de pharmacie "cyanure"Pot de pharmacie "hachisch"Pot de pharmacien "opium"

Le clystère

Il est difficile de dater avec précision l’apparition de la poussette mais il semblerait que le plus ancien moyen de transport pour enfant, existe déjà à Athènes vers l’an 1000 avant Jésus Christ.En Europe, au XVIIIe siècle, on l’appelle chariot ou charrette puisque l’engin est tracté par un animal (chèvre, poney, chien). Article de luxe réservé aux familles les plus aisées, son design est alors très ornementé.Après de nombreux brevets et plusieurs modifications majeures, le chariot rebaptisé landau ne cessera d’évoluer. Plus tard, grâce au baby-boom, le marché explose et la production aussi, des évolutions comme des freins et des roues plus grandes sont apportées mais dans les années 70, ils disparaissent pour laisser place aux poussettes.Son évolution s’est adaptée aux besoins des familles, et aujourd’hui, les modes de vies ne cessant d’évoluer, les fabricants travaillent sur des modèles toujours plus innovants.Les deux modèles présentés, issus des collections ethnologiques du Musée, datent de la fin du XIXesiècle appartenant aux familles Cambon et Anthérieu.

Vers la fin du XVIIe siècle, sans pouvoir dater précisément, apparait un nouveau type de cadran solaire sur le marché français, le cadran Butterfiled qui prend en compte la déclinaison magnétique découverte en 1269 avec les écrits de Pierre Le Pellerin publié en 1588. C’est un cadran robuste, facile à utiliser et à transporter, standardisé et sans doute bon marché par rapport aux réalisations antérieures et par conséquence une baisse de qualité scientifique. Cependant il rencontre un succès commercial et sera construit jusqu’en 1760. Faisant partie de la gnomonique ou l’art de tracer des cadrans solaires, les artisans sont baptisés des cadraniers.DescriptionCadran solaire portatif avec boussole intégrée et sertie signé Butterfield Paris, fin XVII début XVIIIe siècle. Ce cadran, en argent, est monté sur une platine octogonale et bénéficie d’un style-axe monté sur charnière dont l’inclinaison renseigne sur la latitude du lieu. Il est décoré, au fraisier, de feuille d’acanthe et d’un oiseau dont le bec indique l’élévation retenue. Rabattable, il repose dans un écrin de chagrin noir (cuir aspect grenu), clouté en extérieur et doublé intérieurement de velours vert.Sur le recto,quatre échelles horaires, en chiffre arabe et romain alternés, suivent le pourtour et indiquent les différents degrés de latitudes (43, 46, 49 et 52). Le Nord est poinçonné d’une fleur de lys et l’aiguille aimantée est en acier bleui.Au verso, apparaît la mention cadran premier, autours de laquelle sont gravées les noms de six villes européenne et française et leurs latitudes : Bruxelles, Londres, La Haye, Liège, Lisle et Calais.Au centre, le ressort du style-axe, joliment ouvragé en forme d’ancre marine décorée de feuilles d’acanthe, sépare les deux listes de villes. Le début de liste, à gauche, indique le chiffre 2 suivi des villes de Paris, Brest, Rennes, Arras, Strasbourg et Rouen, puis le chiffre 3 avec les villes de Bordeaux, La Rochelle, Poitiers, Dijon, et se poursuit à droite avec Lyon, Turin et Milan et enfin le chiffre 4 avec les villes de Bayonne, Montpellier, Perpignan, Marseille, Toulouse, Madrid et Rome.Qui était Michael Butterfield (1635-1724) ?Horloger d'origine anglaise, Michael Butterfield arrive en France en 1663. Depuis toujours, l’homme cherche à apprivoiser le temps en inventant des moyens précis pour le mesurer. Ainsi à 28 ans, il ouvre un magasin d'instruments de précision au Faubourg Saint-Germain et bénéficie rapidement d’une belle renommée, ses travaux sont cités dans le Journal des Savants dès le 15 novembre 1677. L’année suivante, il est ingénieur des instruments mathématiques pour Louis XIV, présenté par Jean-Dominique Cassini, et participe à la fabrication de niveaux utiles pour la construction du château de Versailles. Il réalise également des équerres pliables, des règles à échelles, des rapporteurs, des compas de proportion, des graphomètres à pinnules, des cadrans solaires portatifs… tous estampillés Butterfield Paris. Il ouvre, la même année, au Faubourg Saint-Germain un magasin d’instruments de précision puis un autre en 1697, sur le quai des Morfondus, sous l’enseigne Aux Armes d’Angleterre.En 1680, il produit sous la direction de Cassini, premier directeur de l’observatoire de Paris, un planisphère céleste en argent pour l'Académie Royale des Sciences qui mesure 2m de diamètre et représentant les trois systèmes du monde selon Copernic, Tycho et Ptolémée. Sur une des faces se trouve le système des planètes et sur l’autre les étoiles visibles depuis l’horizon de Paris. Ce planisphère sera présenté en 1690 à Jacques III roi d’Angleterre.Juré de la corporation des fondeurs (1702-1704), il forme des fabricants comme Jean-François Piochat et Jean-Jacques Langlois qui reprendra son enseigne.

Le cadran solaire équinoxial,dit universel, de voyage. Modèle pliant en laiton, acier et verre de 6,5 cm en pans opposés. Epoque : fin XVIIIe, début XIXe siècle.DescriptionUn cadran solaire de type dit d'Augsburg est constitué d'une platine parfois carrée mais généralement octogonale dans laquelle est encastrée une boussole.Ce modèle, de forme octogonale, comprend une boussole et deux éléments pliables montés sur charnières: le bras de latitudes et un anneau horaire gravé de chiffres romains et arabes.La boussole à cuve seiche, encastrée et gravée de rinceaux feuillagés, est pourvue d’une rosace et d’une flèche, en acier bleui, indiquant la déclination magnétique.Le modèle présenté est gravé, au dos de la platine, « Johan Schrettegger in Augsburg ». Certains modèles sont pourvus de modes d'emplois, en Allemand et Français mais pas ce modèle. Il est présenté avec son étui d'origine en cartonnage gainé de cuir marron.D’après les Mesures du temps et de l'Espace (OLF 1970), ce système semble avoir été inventé en France à la fin du XVIIe siècle par un horloger d'Auch, nommé Rugend. Comme beaucoup de Huguenots, il se réfugie en Allemagne en raison des persécutions religieuses et change vraisemblablement de patronyme puisqu’on retrouve des instruments fabriqués à Augsbourg signés Rugendas.Qui était Johann Nepomuk Schrettegger (1764-1843) ?Fabricant de cadran solaire allemand, Johann Nepomuk Schrettegger est né à Reichertshofen en 1764 . En 1797, il épouse la fille du célèbre cadranier Andreas Vogler d’Augsbourg. Dans la famille Vogler c’est d’abord le frère Johann Georg qui s’établit à Augsburg vers 1740 comme cadranier-horloger. A la mort de celui-ci, en 1765, Andreas prend la succession et poursuit la fabrication, jusqu’à fournir toute l’Europe, jusqu’en 1790. A son décès, en 1800, disparait le dernier fabricant de boussoles et de cadrans solaires d’Augsbourg.Cette famille faisait partie d'un groupe de fabricants spécialisés dans la production de matériel bon marché en grande quantité, de faible précision et grossièrement travaillés selon Higton, H. “Sundials – an Illustrated History of Portable Dials” © 2001).Aujourd'hui encore, ses cadrans sont exposés dans les musées français et européens comme Budapest, Copenhague, Londres, Stockholm, mais aussi Moscou et New York.

Collection du Musée, don anonyme (1982)Pour expliquer le matériel de l’officine, il faut d’abord décrire l’officine elle-même, au XVIIe siècle. Selon Jean De Renou, conseiller et médecin du Roi en 1624, il existe des pharmacies des villes et celles des champs. Pour celle qui nous concerne, celle des champs, elle doit être bâtie dans une bonne ville, dans un lieu éclairé et aéré, dans une rue nette et éloignée des cloaques et des égouts. Elle doit être spacieuse et haute, d’au moins 3 étages. Le rez-de-chaussée accueille l’officine, plutôt belle, carrée et bien claire, avec deux portes dont l’une débouche sur le laboratoire. Le premier étage est réservé au logement du pharmacien et le dernier niveau sert à la conservation des plantes et drogues nécessaires à ses préparations. La cave sert à entreposer les produits moins fragiles.Le mobilier est composé de tables qui servent à préparer, peser, mesurer, nettoyer, de comptoirs, longs et carrés à tiroirs, réservés au rangement, d’étagères pour la vente. Viennent ensuite les ustensiles de préparations, de matières différentes (cuivre, bronze, marbre, fer, étain, laiton, bois, terre, céramique) assez nombreux, comme les mortiers et pilons, dose, spatules et cuillères, chaudrons, pressoirs, fourneaux et alambics, moulins à poivre, balance. Ceux de conservations, tout aussi nombreux et de différentes matières (verre, terre, étain, bois, céramique) comme les chevrettes, pots et bouteilles, boites et pilulier garnissent tout l’espace. La visualisation est plus aisée après cette description de l’officine du XVIIe.Nous arrivons à l’usage de l’objet présenté : la dose en céramique, généralement estampillée du nom de l’officier de santé, est autant utilisée dans le laboratoire que dans la boutique. Suivant l’ordonnance, la posologie varie et peut être préparée à l’avance ou sur place suivant la substance prescrite par le médecin. Cette dose appartient à Frédéric Argelliès, pharmacien frontignanais, qui a exercé de 1877 à 1905 possiblement place de l’Hôtel de ville (actuelle pharmacie Tedenac-Demonte). L’officine, qui existe depuis 1828 comme l’atteste une facture, est tenue par Jean-Amédée Argelliès, son père. Plus tard, en 1914, elle sera tenue par Jean Clavel, pharmacien de 1ère classe, père de Maurice Clavel, jusqu’en 1924 date de son départ pour Sète.Le décor peint reprend le blason de ville (château à trois tours crénelées) entouré de décor végétal, le nom du pharmacien y apparaît nettement ainsi que sa localisation.

Collection du Musée, don Raymond Filipiak (1987)Selon le proverbe, ce qui dégage, soulage et l’expression comment vas-tu (sous entendu comment vas-tu à la selle) sont des indicateurs du sujet, le clystère !L’invention du clystère remonte à l’ancienne Egypte, dont les spécialistes baptisés bergers de l’anus, constatent la recrudescence de la constipation et prescrivent des lavements. Le modèle ressemble davantage à une poire de lavement puisqu’il est constitué d’un roseau sur lequel une vessie de porc est attachée.Selon Pline l’Ancien, écrivain, historien et naturaliste, cette découverte est le fruit de l’observation de l’Ibis, oiseaux échassiers, qui ingurgite le sable en s’alimentant lui provoquant des constipations. Leur automédication consiste à aspirer de l’eau de mer, avec leur long bec courbe, pour se l’injecter dans le rectum.Le mot clystère provient du latin clyster, qui signifie lavement.Il ressemble à une grande seringue, généralement en étain, à laquelle on ajoute une canule en bout, le poussoir actionne une rondelle en bois garnie de coton, faisant office de piston, qui expulse le liquide vers la sortie. Le modèle présenté est en cuivre et la canule est manquante. Selon les modèles, le réservoir peut contenir ½ litre d’eau voire davantage pour les modèles vétérinaire.Pendant tout le moyen âge, le clystère n’est pas très évoqué mais réapparaît aux XVII et XVIIIe siècle sous le nom de seringue. D’abord utilisé par les barbiers et marchands d’épices, c’est finalement la corporation des apothicaires (ex marchands d’épices) qui se verront attribués, par décret de Louis XIV, grand amateur de lavement, l’exclusivité de l’acte devenant ainsi le symbole de la profession et qui en fera leur richesse. Un apothicaire lyonnais assumant totalement sa fortune a souhaité comme épitaphe : ci-gît qui, pour un quart d’écu s’agenouillait devant un cul !Le clystère sert à purger, soigner et accessoirement, peut entraîner des variations de conscience selon les substances injectées. En effet les médications de l’époque étant extrêmement amères, le recours au clystère, par voie rectale, se généralise. Il est également utiliser pour aspirer le pus, laver les plaies, voire traiter des affections vétérinaires et gynécologiques. Plus tard, la poire à lavement, moins barbaresque, démocratise la pratique.

Faluche officielle de pharmacien en velours noir et coton vert, le liserai rouge et blanc correspond au serment d’Esculape avec le blason des apothicaires de Montpellier (grifféeMaison Groff, 21, rue de l’Université-Montpellier).Faluche appartenant à Robert Léon qui l’a transmise à sa fille lors de son diplôme, cette tradition n’a plus court. Les étoiles correspondent aux spécialités supplémentaires. Tous les autres attributs correspondent à la personnalité du récipiendaire.Généralement en France, les apothicaires ne possédaient pas de costume corporatif particulier mais à Montpellier et on le sait par Thomas Platter, médecin bâlois étudiant à Montpellier entre 1595 et 1599, quand il dépeint dans son journal le grand appareil qui accompagnait au XVIesiècle la promotion d’un maître en pharmacie. En effet la tenue d’apparat du maître apothicaire est composée d’une longue robe probablement noire en étoffe de laine, d’un bonnet rond, d’un livre, d’un gobelet d’argent et n’est pas sans rappeler celle des docteurs en médecine. Cette tradition perdure jusqu’au XVIIIesiècle et sera sanctionnée d’amende en cas de non port.