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Une métropole et ses habitants face aux risques industriels : les leçons de la catastrophe de Lubrizol à Rouen

Un peu de géohistoire :une ville industrielle, des risques anciens

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Des risques uniquement industriels?

Le groupe Lubrizol, l'accident et ses conséquences immédiates

La gestion de crise : acteurs et débats

Aménager la ville malgré le risque : l'exemple de l'éco-quartier Flaubert

Quels enseignements tirés et quel avenir pour Lubrizol?

Un rap pour une colère

Une ville à vocation industrielle

L’industrie de la chimie et de la pétrochimie à RouenDès le 18ème siècle, dans le quartier Saint-Sever, un anglais, John Holker fabrique de l’acide sulfurique utilisé dans les teintureries, les indienneries et les blanchisseries. Dans son sillage, de nombreux petits ateliers de produits chimiques (colorants) voient le jour pour soutenir le formidable essor de l’industrie textile. La longue expérience dans le domaine de la production d’acide sulfurique va grandement bénéficier à l’avenir de l’industrie chimique ; dans un premier temps dans le domaine des engrais pour l’agriculture, dans celui du blanchiment du papier puis dans le domaine de la distillation du pétrole.A la fin du 19ème et au début 20ème siècle, l’industrie chimique s’oriente vers un nouveau type de production lié à l’agriculture. Ce secteur d’activité en profonde mutation notamment en raison de la mécanisation et de l’intensification des productions va fournir à l’industrie chimique un nouveau débouché très prometteur. En effet, pour fabriquer ces engrais, il faut de l’acide sulfurique et du phosphate naturel (importé des colonies par le port de Rouen). Sur la rive gauche, de nouvelles sociétés s’implantent pour fabriquer ces engrais azotés : La Compagnie Bordelaise de Produits Chimiques, Saint-Gobain, la Grande Paroisse. Pendant la Première guerre mondiale, l’industrie chimique dans l’agglomération connaît un important essor car elle fournit à l’armée les explosifs et les gaz asphyxiants auparavant produits dans l’Est et le Nord de la France. Au lendemain de la guerre, la signature du traité de Versailles avec l’Allemagne autorise la France à utiliser les brevets d’invention allemands. Dans le domaine de la chimie, c’est une formidable aubaine car une grande partie des produits étaient importés d’Allemagne. Dès 1860, Rouen et Le Havre s’affirment comme des grands ports d’importation d’hydrocarbures. Quelques entrepreneurs se lancent dans la transformation du pétrole brut (distillation) importé d’Amérique. C’est le cas de l’usine de la Luciline à Rouen (1863). L’agglomération trouve dans cette industrie naissante de la pétrochimie un nouveau débouché qui va permettre de donner un nouveau souffle à l’industrie fortement mise à mal par la crise que traverse le textile. La découverte dans les années 1950, de nouveaux procédés permettant de fournir des sous-produits issus du pétrole donne un nouvel élan au secteur de la pétrochimie. Si les raffineries se concentrent sur Le Havre et Port Jérôme, plusieurs usines de pétrochimie s’implantent dans l’agglomération dans les communes de Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, et Petit-Couronne.Source : Dossier enseignant, Patrimoine industriel 150 d’histoire industrielle, Exposition Musée industriel de la Corderie Vallois, 2014.

Observer l'implantation industrielle au XIXe siècle

La ville de Rouen et ses cheminées d’usines vues par Guy de Maupassant dans les années 1880.« On dominait l’immense vallée, longue et large, que le fleuve clair parcourait d’un bout à l’autre, avec de grandes ondulations. On le voyait venir de là-bas, taché par des îles nombreuses et décrivant une courbe avant de traverser Rouen. Puis la ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur des toits, et ses mille clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommetsd’église que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenante aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.Mais en face, de l’autre côté du fleuve, s’élevaient rondes et renflées à leur faîte, les minces cheminées d’usine du vaste faubourg de Saint-Sever. Plus nombreuses que leurs frères les clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaineleurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de charbon. Et la plus élevée de toutes, aussi haute que la pyramide de Chéops, le second des sommets dus au travail humain, presque l’égale de sa fière commère la flèche de la cathédrale, la grande pompe à feu de la Foudre semblait la reine du peuple travailleur et fumant des usines, comme sa voisine était la reine de la foule pointue des monuments sacrés. »Maupassant (Guy de ), Bel Ami, Gallimard, Bibliothèque de la Pléïade, Paris, 1987, p.356.

Camille Pissarro, Quai de Saint-Sever à Rouen, 1896.

Nouveau plan de Rouen monumental industriel et commercial, vers 1890. H. Rollet

Dès le XVIIIe siècle se pose la question de la cohabitation entre population et activités industrielles

Aller plus loin : Privilégier le développement industriel ou la population? La question environnementale début XIXe siècle (HGGSP Terminale)

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John Holker (source image : Wikipédia)En 1768, John Holker, d’origine britannique, inspecteur des manufactures et protégé des Trudaine, établit dans le faubourg Saint-Sever à Rouen la première grande usine d’acide française. Il s’agit d’une entreprise exceptionnelle destinée à fournir l’industrie textile nationale toute entière. Holker bénéficie de subventions du Bureau du commerce. L’usine s’avère aussi particulièrement nuisible. Les habitants du faubourg Saint-Sever appellent régulièrement le commissaire de police qui note : « La manufacture est non seulement funeste aux plantes, mais encore aux tempéraments et à la santé de l’homme ». Les opposants sont nombreux et influents : des nobles férus d’agronomie et de botanique, des parlementaires, des juristes, des maraîchers qui exploitent un foncier précieux car proche de Rouen, et des teinturiers dont les marchandises sont abîmées par les vapeurs acides. Alors que les opposants semblent pouvoir l’emporter grâce au soutien du parlement de Normandie, la suppression de ce dernier en 1771 par le chancelier Maupeou et son remplacement par un Conseil supérieur change l’équilibre des forces. En 1772, Holker écrit à Trudaine de Montigny afin de faire arrêter la procédure. Pour ne rien laisser au hasard, l’affaire est évoquée au Conseil du roi. Un arrêt de 1774 interdit aux opposants de « troubler l’activité de la fabrique » sous peine de 1 000 livres d’amende : la victoire de Holker est complète. Les lettres de noblesse qu’il reçoit un mois après l’arrêt insistent sur ses succès industriels : « La chimie lui a dévoilé le secret de la composition de l’huile de vitriol dont il est en état de fournir actuellement notre royaume ». L’affaire de Saint-Sever constitue un précédent fondamental : la pérennité de la première grande manufacture chimique française est due à la suppression d’un parlement. Aux yeux du gouvernement, la prospérité économique ne peut plus, ne doit plus dépendre des aléas judiciaires. (…) Le procès de Holker s’inscrit dans cette politique à la fois industrialiste et antiparlementaire. Trudaine de Montigny justifie son intervention par l’importance des capitaux engagés : « La manufacture dont il s’agit ayant été établie à grand frais… Elle mérite protection… On ne peut se dispenser d’avoir des égards pour ceux qui en sont les entrepreneurs ».Source : Jean-Baptiste Fressoz, Circonvenir les circumfusa. La chimie, l’hygiénisme et la libéralisation des « choses environnantes » : France 1750-1850, Revue d’histoire moderne et contemporaine (2009)

L’industrie chimique et la régulation environnementaleLa libéralisation de l’environnement (1810)« C’est (…) contre la police d’Ancien Régime que s’élabore la régulation environnementale post-révolutionnaire. En 1794, dans un livre au titre modeste, Essai sur le perfectionnement des arts chimiques, le chimiste et industriel Jean-Antoine Chaptal propose un programme révolutionnaire qu’il compare implicitement aux réflexions contemporaines sur l’organisation des pouvoirs. J.-A. Chaptal entend définir un ordre social favorable à l’investissement industriel : il faut garantir la propriété du capital, garantir ses approvisionnements en matière première et en main-d’œuvre (J.-A. Chaptal propose un livret ouvrier), garantir une politique douanière et une législation stables. Selon J.-A. Chaptal, les gouvernements pusillanimes de l’Ancien Régime ont découragé les capitalistes. À propos des machines à vapeur : « Nos entrepreneurs n’ont pas été assez courageux pour risquer les frais de ces établissements… parce que le gouvernement ne leur a donné jusque ici aucune garantie contre les événements qui peuvent paralyser leurs efforts. » En 1804, Jean-Antoine Chaptal rédige avec Louis-Bernard Guyton de Morveau un rapport sur les manufactures insalubres. Le but est de protéger le capital industriel des interférences de la police : « Tant que le sort des fabriques ne sera pas assuré… tant qu’un simple magistrat de police tiendra dans ses mains la fortune ou la ruine du manufacturier, comment concevoir qu’il puisse porter l’imprudence jusqu’à se livrer à des entreprises de cette nature. »Les exigences du capital ne tolèrent plus les incertitudes de la police. Le décret de 1810 sur les établissements classés donne corps à ce projet : l’administration (le ministre de l’Intérieur, le Conseil d’État et les préfectures) soumettent les usines à des procédures d’autorisation rigoureuses et garantissent en échange leur pérennité, en dépit des plaintes des voisins.Le décret de 1810 est étroitement lié à l’essor de l’industrie chimique. Entre 1790 et 1810, du fait des guerres révolutionnaires et du blocus continental, l’industrie chimique française a changé d’échelle. Alors qu’on ne comptait qu’une douzaine de manufactures d’acide sulfurique en 1789, plus de quarante usines s’établissent pendant la Révolution et l’Empire dans toutes les grandes villes de France (Paris, Lyon, Rouen, Marseille, Montpellier, Nantes, Mulhouse, Nancy, Strasbourg, Amiens…) sans se soucier de leur localisation à l’intérieur de la cité. (…)Rouen, grand centre de production textile, sert de laboratoire à la régulation environnementale post-révolutionnaire. En 1809, avec l’implantation des premières soudières, le préfet reçoit des plaintes par centaines. Le commissaire de police du quartier Saint-Sever, où s’établissent les usines, rédige des procès verbaux. Les dégâts sont manifestes : la végétation est brûlée, les ouvriers suffoqués par les vapeurs chlorhydriques doivent quitter les manufactures. Connaissant la politique d’encouragement industriel menée par le préfet Savoye-Rollin (proche de J.-A. Chaptal), il s’interroge : « Est ce que les mesures […] prescrites par le préfet dispensent M. le maire d’exercer, par mon ministère, celles que lui attribuaient les anciens règlements ? » (…)Produire sans (trop) polluer aurait été possible en condensant les vapeurs chlorhydriques, mais à condition de travailler en vase clos, en petite quantité et lentement. Or, les manufacturiers qui ont investi dans les coûteuses chambres de plomb souhaitent rentabiliser leurs capitaux. Un manufacturier de Rouen qui attend l’autorisation du préfet pour démarrer sa production lui demande une « prompte réponse : vous sentez mieux que personne le prix du temps en fait de manufacture ». De même, malgré les injonctions des agriculteurs, les soudiers refusent d’arrêter la production pendant les périodes de fructification ou de récoltes car leurs usines, pour être rentables, doivent tourner à plein régime. Quelle que soit la quantité d’acide sulfurique et de soude produite, les chambres de plomb se détériorent : « le repos est synonyme de destruction : tout s’y rouille, tout s’oxyde ». Les coûts fixes de l’industrie chimique appellent un nouveau mode de régulation n’interférant pas avec la rentabilisation du capital investi. »Source : Jean-Baptiste Fressoz, « Payer pour polluer », Histoire & mesure, XXVIII-1 | 2013, 145-186.URL : https://journals.openedition.org/histoiremesure/4734

Remonter le temps avec l'IGN : Comparer le paysage de 1955 à celui d'aujourd'hui.

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Les risques à Rouen : une affaire d'usines exclusivement?

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Avant/après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), le jeudi 26 septembre 2019. (Montage réalisé à partir de la photographie de STEPHANIE BERLU / Radio France et du SDIS76)

L'accident de 2019

Carte Umap : cliquer sur les épingles du site Lubrizol pour visualiser l'incendie et des photos prises sur le site.

Le groupe Lubrizol : une présence mondiale, une activité qui a déjà été à l'origine de nombreux accidents.

Le groupe Lubrizol est, depuis 2011, la propriété d'un fonds d'investissement - Berkshire Hathaway - dirigé par Warren Buffet. Lubrizol France est la principale filiale étrangère du groupe et son siège se situe à Rouen. Trois usines sont implantées en France, dont le site rouennais qui existe depuis 1954. Son activité est centrée sur la fabrication de lubrifiants et d'additifs pour le carburant. En 2018, Lubrizol réalisé un chiffre d'affaires de 6.2 milliards d'euros.Lubrizol dans le monde :Cette cartographie de l'association Robin des Bois permet de visualiser l'implantation des soixante usines du groupe. Elle accompagne un dossier qui permet de prendre la mesure des nombreux accidents qui jalonnent son activité. Le site de Rouen a déjà été affecté avant l'accident de 2019 :" - 30 octobre et 3 novembre 1975 : fuites de mercaptan perceptibles jusqu’à Dieppe, fuite spontanée de nombreux riverains, incinération de denrées alimentaires contaminées par les retombées de composés soufrés à cause de la non-fermeture des systèmes de ventilation dans un supermarché sur la trajectoire du panache.- 24 août 1989: augmentation anormale de la température sur une unité de fabrication, nouvelle fuite de mercaptan.21 janvier 2013: augmentation anormale de la température et décomposition thermique de di-alkyl dithiophosphate de zinc (DATP). L’installation de traitement des gaz de l’unité sature. Rejet direct de mercaptan. Le panache nauséabond est senti de la région parisienne à Londres. Le numéro d’alerte du réseau gaz au Royaume-Uni (National Grid) qui reçoit en jour normal entre 5000 et 10.000 appels reçoit le 22 janvier 100.000 appels d’habitants soupçonnant une fuite domestique de gaz. Amende de 4000 €.29 septembre 2015: 2000 litres d’hydrocarbures déversées dans le réseau d’évacuation des eaux pluviales puis la Seine lors d’un transfert entre 2 bacs."Source : robindesbois.org

Accueil

Amiante sur la ville« J’habite sur les coteaux de Rouen, à la lisière des petites maisons populaires et des grosses maisons bourgeoises de Mont-Saint-Aignan. Je suis archéologue dans la fonction publique et j’ai fait quelques manifestations à une époque, mais plus trop aujourd’hui. (…) Le jour de l’incendie, je n’étais pas chez moi, mais ma maison était en plein sous le panache. Quand on est rentrés le samedi, les plantes à l’intérieur étaient recouvertes d’une fine poussière blanche. Dans le jardin, on voyait la trace de gouttes grasses transparentes sur les feuilles. J’ai aussi découvert des dizaines de morceaux de fibrociment, certains tout petits, d’autres mesurant jusqu’à 10 centimètres sur 5. C’est un matériau formé de ciment et d’amiante dont l’usage est aujourd’hui interdit, mais qui reste présent dans de nombreux bâtiments. S’il y a des morceaux dans le jardin, c’es probablement qu’il y a des fibres un peu partout, or c’est quand il est dispersé que l’amiante est dangereux. Evidemment les gens qui ont travaillé toute leur vie avec l’amiante sont les plus touchés, mais une seule exposition peut suffire à développer une maladie !J’ai appelé le numéro vert mis en place par la préfecture et mon interlocutrice m’a enguelée : « Ce n’est pas possible madame, ça doit venir d’un chantier à côté ». J’ai contacté des journalistes, l’information est sortie le jeudi, et le lendemain, la préfecture a admis publiquement que des fragments du toit en amiante de l’usine avaient été dispersés dans le panache. A partir de là, on pouvait avoir accès sur demande à une dépollution payée par Lubrizol, ce que j’ai demandé. Les personnes qui sont venues m’ont raconté que c’est Lubrizol et la préfecture qui ont fixé ensemble le protocole : ramassage uniquement des morceaux visibles à l’oeil nu et à hauteur humaine ».Source : « Florence, en guerre contre l’inaction de la préfecture », Z revue itinérante d’enquête et de critique sociale, N°13 Rouen fumées noires et gilets jaunes, p.49, Edition de la dernière lettre, avril 2020.

La gestion de crise : acteurs et débats

La population de l'agglomération rouennaise

Les acteurs publics

Lubrizol France

La chronologie des événements : une réaction suffisamment rapide des autorités?

Des sites suffisamment protégés?

Quelle réaction face à l'accident ?

Comment réagir face à l'accident?« Nul n’a oublié l’incendie gigantesque qui, il y a tout juste un an à Rouen, a ravagé en pleine nuit une partie de l’usine classée Seveso Lubrizol, spécialisée dans la fabrication d’additifs pour lubrifiants, ainsi que trois bâtiments de l’entreprise de transport Normandie Logistique, plongeant la population dans une épaisse fumée noire. Mais comment la population a-t-elle vécu la journée du 26 septembre 2019 ? Quels canaux les gens ont-ils privilégiés pour s’informer et communiquer avec leurs proches ? Combien connaissaient le signal d’alerte émis par les sirènes et les consignes à suivre ? Beaucoup ont-ils fui la zone ? Si oui, par quels moyens ? Et pour aller où ? Les personnes se rendant à Rouen pour y travailler et les touristes ont-ils trouvé un abri susceptible de les accueillir ? Autant de questions cruciales sachant que seules quelques études, jusqu’à présent, se sont focalisées sur les réactions des individus lors d’une catastrophe industrielle. D’où l’intérêt de l’enquête conduite par le laboratoire Identité et différenciation de l’espace, de l’environnement et des sociétés (Idées - Unité CNRS/Université du Havre/Université de Rouen/Université de Caen] pour reconstituer les expériences vécues le jour du drame par les habitants de la métropole normande. (…)« Les premiers résultats montrent que la plupart des répondants, conformément aux réactions attendues, sont restés confinés chez eux une bonne partie de la matinée, indique Éric Daudé¹. Par ailleurs, on observe un recours massif aux réseaux sociaux pour rechercher des informations. L’annonce du décès de Jacques Chirac, vers midi, a provoqué un sentiment d’abandon. Pendant quelques heures, les Rouennais ont eu l’impression que les médias nationaux ne parlaient plus de l’incendie et l’ont vécu comme un second traumatisme. Reste à savoir ce qui se serait passé si l’accident s’était produit en pleine journée, lorsque plusieurs dizaines de milliers de personnes sont présentes en ville. » (…)« Réduire l’exposition et la vulnérabilité des populations face à un accident industriel réclame d’intensifier les programmes d’informations préventives et de sensibilisation, plaide Éric Daudé. Il serait également judicieux d’étoffer la gamme des moyens d’alerte en recourant aux automates d’appels téléphoniques, aux applications sur téléphone mobile…, et d’impliquer davantage les responsables des établissements recevant du public (magasins, administrations, banques…) dans la mise en sécurité des populations ».¹ Éric Daudé est géographe et directeur de recherche CNRS au sein du laboratoire IdéesPhilippe Testard-Vaillant, Accidents industriels, catastrophes naturelles... la société face au risque, CNRS le journal, 25/09/2020Les principales consignes en cas d’accident industriel majeur et de déclenchement des sirènes d’alerte dans la zone du PPI de RouenSource: Justine Fenet et Éric Daudé, La population, grande oubliée des politiques de prévention et de gestion territoriales des risques industriels : le cas de l’agglomération rouennaise, Cybergéo (février 2020)

Fiche d'information Seveso - Information du public (DI Seveso art.14)

Qu'est-ce qu'un site Seveso?

La gestion de la communication.

Une communication impossible à gérer ?« L’accident a très vite pris une dimension interministérielle marquée (conséquences sanitaires, agricoles, en matière d’éducation nationale, etc.) qui a conduit à des déplacements ministériels nombreux et un certain nombre de déclarations alors même que beaucoup d’incertitudes demeuraient légitimes quant à la réalité des risques, que la cellule nationale d’appui ne s’est mise en place que le 1er octobre et le dispositif de coordination par les réunions interministérielles que le 2 octobre.Cette situation a entraîné ce qui a été interprété par la presse, mais aussi par la population, comme une forme de dissonance de la communication des pouvoirs publics qui a alimenté très vite le sentiment que « des choses étaient cachées » et renforcé la défiance dans toutes ces déclarations et dans l’action des pouvoirs publics.(…) La communication autour de l’incendie du 26 septembre était incontestablement particulièrement complexe, dans la mesure d’une part où les bases de l’information manquaient pour partie dans les premiers jours (connaissance de la nature exacte des produits brûlés mais aussi des sous-produits de combustion, étendue du panache de fumée et surtout nature et localisation des retombées – en « peau de léopard » en fonction de la répartition des précipitations, devenir de l’effondrement du toit de fibrociment (…), mais aussi, et surtout, d’autre part, en raison du caractère très technique des informations à communiquer en ce qui concerne la réalité des risques.Ainsi, la notion même de substance « toxique » (aigüe ou chronique…), « dangereuse », « cancérigène » suscite immédiatement l’inquiétude sans qu’il soit simple de préciser si le risque est lié à une exposition courte, temporaire, de longue durée, aérienne, de contact, d’ingestion… (…)Cette communication sur un sujet très technique, à la tonalité globalement « rassurante », s’est en outre accompagnée de mesures de précaution qui peuvent être parfaitement comprises mais qui ont aussi été perçues comme contradictoires, et donc à nouveau alimentant l’idée que « des choses sont cachées » : consignes de mises à l’abri, fermeture des crèches et des établissements d’enseignement, suspension de la commercialisation de certaines productions agricoles, etc. »Source : Retour d’expérience après l’incendie d’un site industriel à Rouen en septembre 2019 – Analyse et propositions sur la gestion de crise (Mai 2020)

La protection des intervenants.

La protection des intervenants« Environ 900 sapeurs-pompiers au total sont passés sur le site. Le port des équipements de protection a été adapté aux résultats de mesures immédiates de toxicité dans l’air, portant sur les composés et les seuils pour lesquels sont observés des effets graves immédiats. Les sapeurs-pompiers se sont équipés en cours d’intervention de masques FFP3 pour se protéger des risques liés à la destruction dans l’incendie de la toiture en fibrociment, à l’instar des employés de l’usine Lubrizol intervenus à leurs côtés.D’autres intervenants se sont retrouvés à proximité de la zone touchée par l’incendie sans équipements de protection particuliers : les employés de la métropole de Rouen, de l’agence française pour la biodiversité et de la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) et plus ponctuellement les agents de l’inspection des installations classées de la Dreal. Au regard des résultats des mesures, des effets observés chez les intervenants et de la dynamique de l’incendie avec un panache s’élevant en hauteur, aucune consigne particulière pour le port d’équipements de protection individuelle n’a été formulée aux intervenants lors de l’incendie. La protection des salariés et leurs conditions d’intervention ont ainsi été laissées à l’appréciation des services concernés lors des opérations d’extinction de l’incendie. Afin de ne pas gêner les opérations, l’inspection du travail n’est intervenue qu’à partir du 27 septembre. (…)La mise en place de protocoles plus complets autour des équipements de protection individuelle à mettre en œuvre du fait de la toxicité immédiate des fumées (…) doit être envisagée. »Source : Retour d’expérience après l’incendie d’un site industriel à Rouen en septembre 2019 – Analyse et propositions sur la gestion de crise (Mai 2020)

Un impact sur la vie locale

Des préjudices sur la vie locale« - Environ 2 000 déclarations de sinistres faites aux assureurs directs (dommages causés par les fumées, des dommages matériels, des nettoyages de maisons, de véhicules…) ;Nettoyage des dépôts de suie dans 48 cours d’écoles ;Plus de 3 000 exploitations agricoles concernées par les restrictions préfectorales destinées à sécuriser l’ensemble des denrées animales et végétales ;Pour les acteurs économiques de la ville : pertes d’activité les premiers jours, autour de 50 % les quatre premiers jours, 30 % la semaine qui a suivi et environ 15 % pour les jours suivants, pour arriver à être quasiment à l’équilibre un mois après l’accident ;168 entreprises ont eu recours à l’activité partielle, représentant 3 500 salariés et 21 092 heures indemnisées. »Source : Aria, Incendie sur deux sites industriels aux zones d’entreposage mitoyennes 26 septembre 2019 Rouen et Petit-Quevilly (Seine-Maritime), septembre 2020

Les gens du voyage oubliés?

La métropole de Rouen Normandie et l’aire d’accueil des gens du voyage« Dans son audition par la mission d’information de l’Assemblée nationale, la représentante des habitants de l’aire d’accueil a indiqué que trois agents de police s’étaient rendus sur place à 8 heures pour leur demander de se confiner dans les caravanes. Elle a indiqué que « la suite de la journée du 26 septembre s’est déroulée dans une attente insupportable. Nous ne savions pas quoi faire (…) » et que personne ne serait venu en aide aux résidents au cours de la journée du 26 septembre.Selon les indications du SDIS, malgré sa proximité avec le lieu de l’incendie, l’aire n’était ni exposée aux risques thermiques, ni aux risques toxiques, le vent portant dans une autre direction. Les résidents ont cependant été soumis aux bruits des explosions ainsi qu’à l’odeur dégagée pendant et après l’incendie. Les pompiers se sont rendus sur place dans la matinée du 26 pour proposer aux résidents de quitter l’aire. Un agent de la métropole de Rouen aurait également été dépêché sur place toute la matinée pour accompagner un éventuel départ et répondre aux interrogations des résidents.Le 10 octobre, la métropole proposait à chaque occupant une réinstallation sur d’autres aires selon les places disponibles. En novembre 2019, quatre familles (sur dix) avaient accepté cette proposition. »Source : Retour d’expérience après l’incendie d’un site industriel à Rouen en septembre 2019, Analyse et propositions sur la gestion de crise, mai 2020.

La défiance dans la parole publique...

La population face à l’information« L'angoisse de la population s'est d'abord manifestée par des doutes exprimés au sujet des prises de parole officielles (préfet, ministres) puis par un sentiment de colère qui s'est traduit par plusieurs épisodes de manifestation citoyenne. L'incendie de l'usine Lubrizol a ravivé le souvenir des crises industrielles et technologiques majeures (…). La parole officielle s'est ainsi heurtée à une réaction quasi-épidermique de rejet de la part de la population. Si l'accident de Rouen n'a heureusement pas donné lieu à des mouvements de panique, il témoigne de la crise de légitimité que subissent la parole publique et l'État. (…)Deux critiques principales ont été adressées aux services de l'État par les utilisateurs des réseaux sociaux, principalement des habitants du secteur : un manque d'explication durant les premières heures de l'incendie (entre 3 heures et 7 heures du matin) et une communication peu précise quant au périmètre défini et aux établissements concernés par les consignes de sécurité. Si certaines réponses ont pu être apportées aux habitants via des réponses et messages institutionnels diffusés à partir de comptes officiels, les interrogations ont subsisté, en particulier au sujet de la toxicité des fumées. (…)Cette anxiété a également constitué un terreau favorable à la propagation de faits non vérifiés ou alternatifs à la réalité ou infox (fake news) qui ont compliqué la tâche des autorités et alimenté le soupçon pesant sur la communication institutionnelle. Des photos d'oiseaux morts, en réalité, avaient été prises aux États-Unis ; la photo d'une explosion nocturne se rapportait à un événement ayant eu lieu en Chine mais était présentée comme une authentique photo du site rouennais de Lubrizol ; des photos et vidéos de lavabos domestiques remplis d'eau noire non identifiées ont circulé et un faux communiqué du centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen demandait à la population de ne pas boire l'eau du robinet.L'anxiété de la population a été renforcée par l'absence d'informations claires sur la nature des produits entreposés, sur les substances libérées lors de leur combustion simultanée et sur les effets à moyen et long terme de leur inhalation. Lors de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame à Paris, une réaction comparable avait été relevée. Elle se focalisait en particulier sur la question de la contamination au plomb de quartiers proches de la cathédrale.Dans le cas de l'incendie de l'usine Lubrizol, le Gouvernement a mis en ligne la liste de ses produits le 1er octobre mais dans un format trop peu accessible et intelligible pour le grand public selon l'avis unanime des personnes entendues par la commission d'enquête. Lors de son audition devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable le 8 octobre dernier, la ministre de l'environnement Élisabeth Borne49(*) avait d'ailleurs déclaré : « Comme nous nous y étions engagés, les listes des substances qui étaient stockées sur les sites ont été rendues publiques. Je reconnais que les listes fournies par les exploitants ne sont pas facilement exploitables, mais nous les avons transmises à l'Ineris et à l'Anses afin qu'ils nous aident à identifier d'éventuels polluants complémentaires, qu'il serait pertinent de rechercher dans le cadre de la surveillance de l'environnement [...] Même si ces listes ne sont pas parfaitement lisibles, j'en conviens ».Face à de telles déclarations, la commission s'interroge sur la réelle volonté du Gouvernement d'assurer la transparence sur cet accident. Si la publication de ces listes dans un délai satisfaisant constitue un acte positif, il aurait été préférable de publier ces fiches dans un format accessible au plus large public possible. (…)L'incendie de l'usine Lubrizol révèle donc une nouvelle perception de la géographie des risques : c'est un accident qui concerne un grand nombre de personnes qui n'avaient pas de perception du risque auquel elles étaient exposées et n'avaient pas été préparées à son éventuelle réalisation. Les auditions de la commission d'enquête montrent d'ailleurs que de nombreux observateurs raisonnent encore selon le paradigme ancien : s'intéresser uniquement à la protection d'une population située à proximité immédiate d'une installation dangereuse et susceptible de subir les conséquences d'un accident grave dont elle a conscience, plutôt qu'à celle d'une population plus éloignée voire très éloignée de l'installation dangereuse et susceptible de subir les conséquences d'un accident éventuel dont elle n'a pas conscience. »Source : Risques industriels : prévenir et prévoir pour ne plus subir – Rapport n°480 (2019-2020) de C. Bonfanti-Dossat et N. Bonnefoy

...vue par les titres de la presse.

Source : Retour d'expérience après l'incendie d'un site industriel à Rouen en septembre 2019, Analyse et propositions sur la gestion de crise (mai 2020)

Aller plus loin : La population, grande oubliée des politiques de prévention et de gestion territoriales des risques industriels : le cas de l’agglomération rouennaise

l'audition du PDG de Lubrizol, Éric Schnur, devant la commission d’enquête

M. Eric R. Schnur, président de The Lubrizol Corporation.« Cela fait plus de soixante ans que nous sommes implantés à Rouen. Durant toute cette période, nous avons toujours cherché à être de bons voisins et nous avons l’intention de continuer à l’être, en aidant dès maintenant notre territoire à revenir à une situation normale. Au cours des dernières semaines, nous avons collaboré avec les autorités locales et nationales, ainsi qu’avec les parties prenantes pour identifier le soutien à fournir dans l’immédiat pour une efficacité maximale et ensuite les aides à apporter dans la durée. Nous nous sommes engagés à apporter notre soutien aux agriculteurs qui ont enregistré des pertes, comme conséquences de l’incendie. Nous nous sommes également engagés à soutenir la population plus largement, notamment en finançant les petits commerces et entreprises qui ont été touchés, et à participer aux efforts de nettoyage qui sont déjà en cours.Nous souhaitons veiller à ce que l’activité touristique de la région ne subisse pas d’interruption et nous octroierons des fonds pour promouvoir la belle ville de Rouen ainsi que la belle région normande.En outre, nous apporterons également des fonds pour contribuer aux analyses environnementales, comme je l’ai évoqué plus tôt, afin d’apaiser les inquiétudes de la population. Cette initiative est aussi en cours.Par ailleurs, nous continuerons à soutenir nos employés. Nous avons informé tous nos salariés du site rouennais qu’ils conserveront leur emploi et qu’ils percevront intégralement leur salaire pendant toute notre reconstruction. Ces résidents de Rouen et leurs familles continueront de faire l’objet du plein soutien de Lubrizol. Leurs salaires, les taxes qui y sont associées et l’investissement de Lubrizol sur le site de Rouen représentent plus de 200 millions d’euros injectés dans l’économie française, chaque année. (…)Le site rouennais de Lubrizol ne sera plus jamais le même. Nous ne reconstruirons pas ce que nous avons perdu, mais nous espérons pouvoir faciliter un retour à la normale pour nos voisins, aussi rapidement que possible. Nous souhaitons sincèrement continuer à faire partie intégrante du territoire rouennais, accompagnés du soutien de chacun d’entre vous, des représentants des autorités locales et de la population voisine. Nous espérons pouvoir reprendre nos activités dans l’usine de production qui n’a pas été détériorée par l’incendie. Cela est primordial dans l’intérêt de nos milliers d’employés et de leurs familles, ainsi que pour nos clients et fournisseurs, qui dépendent de notre site. »Source : Commission d’enquête du Sénat

"Comme l'ont confirmé de nombreux organismes (...) les produits issus de l'incendie du 26/09 ne présentent pas de risque pour la santé humaine et animale à court terme ou à long terme"

Arnaud Brennetot, un géographe devant la commission d'enquête du Sénat.

Le PPRT de Lubrizol

Lubrizol : pourquoi la responsabilité des pouvoirs publics est impossible à écarter« Les PPRT sont des plans qui permettent d’éloigner les installations classées dangereuses des habitations, notamment en interdisant toute construction d’urbanisme à proximité. C’est une des conséquences juridiques de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse le 21 septembre 2001.Le PPRT de Lubrizol a été acté en 2014 après une enquête publique qui s’était achevée en janvier de la même année. À ce titre, le rapport du commissaire enquêteur est important, car il fait la synthèse de toutes les remarques, et donne souvent lieu à des recommandations et à un avis favorable ou défavorable. Dans le cas de Lubrizol, l’avis fut favorable sans aucune recommandation particulière.En ce qui concerne les habitations à quelques mètres de l’usine, rien. Idem pour un terrain d’accueil des gens du voyage, et ce alors que nous savons désormais que ces habitants ont été gravement impactés par des vomissements suite à l’incendie et que nous sommes en attente des résultats complémentaires effectués sur ces familles.En ce qui concerne les conséquences économiques des incendies et des explosions, tout est renvoyé au PPI (Plan de prévention incendie) alors que c’est au PPRT de le faire, le PPI étant avant tout concernés par les moyens externes qui seront mis en œuvre en cas d’incendie.Nous savons aujourd’hui que c’est toute la ville de Rouen qui a été impactée par ces incendies. Dès lors, sans sous-estimer la difficulté de prévoir toutes les conséquences en matière d’incendie, n’est-il pas évident que ce PPRT a été établi avec bien peu de rigueur, comparativement à d’autres études d’impacts ? À ce titre, les nouvelles règles limitant les études d’impact depuis plusieurs années viennent renforcer le sentiment que les profits passent bien avant la sécurité de la population. »Source : la gazette des communes 11/10/2019

Des manifestations de plusieurs milliers de personnes les 3 premières semaines.

Rouen : la manifestation pour plus de transparence termine devant les grilles de Lubrizol" Mardi 26 novembre 2019, une manifestation a réuni 300 personnes dans les rues de Rouen pour réclamer la vérité sur l'incendie de Lubrizol et ses conséquences ; une délégation de militants a été reçue par la direction de l'usine dans la soirée.L'appel était lancé par le Collectif Unitaire : environ 300 personnes se sont rassemblées mardi 26 novembre devant le palais de justice de Rouen. Les manifestants ont ensuite défilé dans les rues du centre-ville pour atteindre vers 20h00 les grilles de l'usine Lubrizol.La manifestation du 26 novembre 2019 est organisée par le Collectif Unitaire qui regroupe des syndicats, des associations écologistes, des citoyens ... en tout une 30aine d'acteurs sont impliqués. • © Jean-Baptiste Pattier / France TélévisionLe cortège de manifestants est arrivé vers 20h00 aux grilles de l'usine de Lubrizol. Sur place, ils ont déversé des légumes apportés par un maraicher local dans sa remorque. Leur mot d'ordre, c'est demander de la transparence et la vérité sur l'incendie et ses conséquences sur la santé et l'environnement.« On avait prévu un certain nombre de questions : sur l'indemnisation, ils nous confirment que les agriculteurs, les enteprises, les collectivités doivent renoncer à toute procédure judiciaire contre Lubrizol pour être indemnisés. Ils nous disent qu'ils étudient les situations plus particulières pour les indemnisations : ça pourrait concerner les gens qui n'ont pas bossé pour garder leurs enfants ou ceux qui avaient beaucoup de nettoyage à faire » - Gérald Le Corre, responsable pôle santé / travail CGT 76.Cette manifestation du Collectif Unitaire était la sixième depuis l'incendie de Lubrizol, il y a deux mois.Source : Véronique Arnould, France 3 régions / France TV-Info

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"Les distances d'effets d'un incendie sur le site Lubrizol de Rouen se limiteraient aux voies de circulation autour du site. Le risque d'accident pouvant entraîner un incendie sur les installations est relativement faible (fréquence évaluée au maximum à une fois tous les 10 000 ans)."(Extrait de la fiche Seveso de Lubrizol Rouen)

La question de l’alerte aux populationsSource : Retour d’expérience après l’incendie d’un site industriel à Rouen en septembre 2019 – Analyse et propositions sur la gestion de crise (mai 2020)

L'impact sur l'économie« L’impact sur l’activité agricole a été très immédiatement sensible, au-delà de Rouen, par exemple sur le pays de Bray et jusque dans les Hauts-de-France. Plus de 3 000 exploitations ont été concernées par les restrictions préfectorales destinées à sécuriser l’ensemble des denrées animales et végétales, dont environ 1 800 dans les Hauts-de-France et 1 200 en Normandie.En ce qui concerne la production laitière, plus de 400 fermes ont été touchées, près de 10 millions de litres de lait produits en cause, pour un préjudice financier de près de 4 millions d’euros. La livraison de betteraves dans les sucreries et la récolte de betteraves ont été impactées. Les restrictions ont également concerné le miel, les œufs, les poissons d’élevage et les cultures (fruits, légumes, céréales, pommes de terre).Le monde artisanal a été surtout impacté les premiers jours : entreprises de l’alimentation (ventes à emporter), les entreprises de services (coiffure, esthétique, taxis, …), les entreprises du bâtiment et les entreprises de sous-traitance agricole. Les entreprises prestataires de services de maintenance ont connu une baisse d’activité sensible, de même que les entreprises de transformation de produits agricoles, en particulier en ce qui concerne les circuits courts. À la date du 12 décembre 2019, 374 entreprises avaient déposé un dossier auprès d’Exetech, le cabinet chargé par Lubrizol de gérer et d’instruire ces demandes.En ce qui concerne les commerçants, selon M. Fabrice Antoncic, président de l’association Vitrines de Rouen, lors d’une table ronde réunissant les acteurs économiques de la Métropole rouennaise organisée par la mission d’information le 12 décembre 2019, « Les pertes d’activité ou d’impact ont été fortes les premiers jours, autour de 50 % les quatre premiers jours, 30 % la semaine qui a suivi et environ 15 % pour les jours d’après, pour arriver à être quasiment à l’équilibre sur le mois de novembre. »Source: Commission d'enquête du Sénat

Aménager l'espace urbain malgré le risque: l'exemple de l'éco-quartier Flaubert

L'avis de l'Autorité environnementale relatif à la ZAC Flaubert en 2016.

Une "identité verte" pour Rouen? Le regard d'Arnaud Brennetot sur un renouveau urbain incarné par la reconquête des berges de la Seine.

Le projet de renouvellement urbain présenté par le site Rouen métropole Normandie

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Autorité environnementale Avis relatif à la ZAC Flaubert« La création le 23 juin 2014 par Métropole Rouen Agglomération de la zone d'activité concertée (ZAC) Flaubert est un des projets consistant à requalifier une ancienne zone industrielle au sud de la Seine, à cheval sur les communes de Rouen et de Petit-Quevilly, après la construction de la voie Sud III et du pont Flaubert, dans le cadre de l'opération "Grand Projet Seine Ouest" inscrite au schéma directeur de l'agglomération Rouen Elbeuf. L'Ae recommande d'évoquer explicitement dans le dossier le degré d'avancement de la démarche Ecocités et de la demande de labellisation du projet comme "écoquartier", et leurs conséquences concrètes pour le projet. (…)Pour l'Ae, le principal enjeu environnemental, à l'échelle du projet, réside dans l'interaction entre les risques d'inondation, les sites et sols pollués et la qualité des eaux, compte tenu du passé industriel du site, en bordure de Seine. A l'échelle du programme, il réside, du fait de la requalification urbaine de ce quartier en coeur d'agglomération, dans l'exposition de nouvelles populations à des pollutions et des risques existants, en dépit de la stratégie d'aménagement destinée à réduire ces expositions. »Le projet« Ses grands principes sont les suivants :- l’aménagement d’une double place centrale orientée est-ouest au coeur du quartier, organisant la distribution des flux de circulation à l’interface avec le viaduc d’accès au pont Flaubert,- la création d’une succession de bassins en eau, orientés nord-sud longés par des promenades plantées, et prolongées par un espace public végétalisé pour créer le lien du quartier avec la Seine ("axe vert et bleu"),- un potentiel de construction de 450 000 m² de surface de plancher (SDP), qui va dans le sens d’une intensification urbaine par rapport au projet de création de la ZAC, qui prévoyait 400 000 m² de SDP. 40 à 50 % des surfaces seront dédiées à l'habitat en vue de la production de 2 900 logements, 45 à 55 % des surfaces seront dédiées aux activités économiques, le reste étant réservé pour l'accueil de services ou d'équipements collectifs. La vocation des îlots a également évolué par rapport au projet de création : le site de la société Grande Paroisse (principalement lots 8 et 15) accueillera uniquement des activités économiques, du fait de servitudes d’utilité publique imposées par un arrêté préfectoral du 30 janvier 2014 pour tenir compte de la pollution résiduelle des sols, après mise en oeuvre par l'exploitant du site industriels de mesures de réduction. »Analyse de l’état initial.Qualité de l'air« La concentration moyenne en dioxyde d'azote (NO2) est systématiquement supérieure à l'objectif de qualité, a fortiori à proximité des voies à grande circulation (rond-point de Madagascar). Les conclusions concernant les particules fines (PM10 et PM 2,511) sont moins explicites (…) néanmoins les valeurs moyennes journalières maximales sont élevées (jusqu'à 100 μg/Nm3). Ceci confirme qu'il s'agit donc d'un enjeu fort dans l'état initial.Sols polluésIl s'agit d'un des principaux enjeux environnementaux du projet. (…). A l'exception du site de la société Grande Paroisse, les autres sites pollués restent à ce stade caractérisés d'une façon insuffisamment quantitative – les polluants sont identifiés, mais ni leurs concentrations, ni les volumes à traiter ne sont mentionnés. De plus, les implantations des établissements sensibles ne sont pas précisées.Risques technologiquesL’étude d’impact a été actualisée de manière à intégrer la carte des aléas du plan de prévention des risques technologiques de la société Lubrizol approuvé le 31/03/14. Le périmètre de la ZAC est donc désormais compatible avec les prescriptions de ce plan. Néanmoins, l’étude d’impact ne précise pas quels seraient les effets potentiels en cas d'accident majeur de cette installation classée SEVESO13 sur le périmètre de la ZAC.L’Ae recommande de présenter les effets potentiels en cas d'accident majeur sur le site Lubrizol sur le périmètre de ZAC.Source : Avis délibéré du 20 avril 2016 - Réalisation de la ZAC écoquartier Flaubert sur les communes de Petit-Quevilly et Rouen (76)

"La proximité de l’usine Lubrizol des nouveaux quartiers censés incarner le renouveau urbain souhaité par la métropole souligne la fragilité et les contradictions profondes du projet urbain rouennais"A. Brennetot

Quels enseignements tirés et quel avenir pour Lubrizol?

...mais un plan d'action qui suscite des interrogations.

RISQUES Un an après Lubrizol, des règles plus dures et « en même temps » plus souples" Le gouvernement a annoncé une batterie de mesures pour renforcer la sécurité des sites industriels. Mais parallèlement il poursuit une politique de simplification pour accélérer l’implantation des usines, quitte à les soustraire à certains contrôles. Après l’incendie des usines Lubrizol et Normandie Logistique, survenu le 26 septembre 2019 à Rouen, le gouvernement a promis de tirer « tous les enseignements » de cet accident industriel, au cours duquel 9 000 tonnes de produits chimiques sont parties en fumée. Un an après, qu’en est-il réellement ? Si les causes exactes de cet incendie ne sont toujours pas connues, celui-ci a révélé « plusieurs failles » dans la politique actuelle de prévention des risques, estime le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur Lubrizol, publié en juin.Pour répondre à ces défaillances, un plan d’action gouvernemental a été présenté par Elisabeth Borne en février 2020, et repris par la nouvelle ministre de l’Ecologie, Barbara Pompili, fin septembre. Les mesures de ce plan constituent pour l’essentiel des avancées, mais ne sont qu’une facette de la politique gouvernementale en matière de risque industriel. Car, plus discrètement, l’exécutif poursuit sa politique de simplification, visant à faciliter l’installation de sites industriels parfois dangereux.Durcissement de la réglementationLe plan post-Lubrizol du gouvernement doit se traduire en décrets et arrêtés, mais qui en sont toujours au stade de la préparation. Répartis en trois volets, ces textes ont été examinés par le Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT). La première séquence, consacrée aux sites Seveso, rend par exemple obligatoires les plans d’opération interne, des plans d’organisation des secours à l’intérieur des établissements en cas d’accident, pour tous les sites classés Seveso, et plus seulement les Seveso dits « seuil haut ». Autre avancée, les études de danger, qui résument les différents risques technologiques en jeu dans chaque établissement, devront désormais mentionner les produits de décomposition1 pouvant être émis en cas d’incendie. Les produits de décomposition diffusés lors de l’incendie de Lubrizol, ont en effet suscité une grande inquiétude sur le plan sanitaire. De nouvelles obligations de formation s’appliquent également aux sous-traitants. L’enquête sur l’incendie de Lubrizol a montré que quatre employés en sous-traitance étaient présents sur le site au départ de l’incendie.Enfin, un projet de décret prévoit de renforcer les échanges d’informations entre sites Seveso voisins et avec l’administration. Barbara Pompili a aussi confirmé que toutes les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) dans un rayon de 100 mètres autour des sites Seveso seront contrôlées. Un enjeu de taille, car Normandie Logistique stockait sur son site des produits de Lubrizol.Le deuxième volet de textes, consacré aux entrepôts stockant des matières combustibles, impose à ceux-ci la réalisation d’un plan de défense, peu importe leur régime administratif. Il vise aussi à renforcer le compartimentage et le désenfumage dans certains entrepôts sujets à risque « d’effet domino thermique », soit la propagation du feu d’un endroit à l’autre uniquement par rayonnement thermique.Enfin, la troisième partie vise à interdire les contenants susceptibles de fondre pour le stockage de certains liquides inflammables et, surtout, oblige les exploitants à faire une mise à jour régulière d’un registre de toutes les matières stockées et leur emplacement. Là encore, cette connaissance des stocks avait fait défaut avant l’incendie de Lubrizol.Des grands entrepôts logistiques malgré toutCes multiples évolutions réglementaires sont saluées par les représentants des ONG de défense de l’environnement siégeant au CSPRT. Mais l’une d’elles fait beaucoup moins l’unanimité. Elle vise à relever le seuil à partir duquel les entrepôts couverts doivent faire l’objet d’une procédure d’autorisation. Actuellement fixé à 300 000 mètres cubes, ce seuil serait relevé à 900 000. En dessous de ce plafond, l’installation basculerait donc dans le régime de l’enregistrement, beaucoup moins strict.« Les nombreux établissements situés sous ce nouveau seuil n’auraient plus à faire l’objet d’une enquête publique ni d’une étude d’impact, et seraient soumis à des contrôles moins réguliers », pointe Ginette Vastel, qui siège au CSPRT en tant que copilote du réseau risques et impacts industriels de France Nature Environnement (FNE).Ce même projet de décret ne rend plus systématique l’évaluation environnementale pour les projets d’entrepôts de plus de 40 000 mètres carrés sur les espaces déjà artificialisés. Ces mesures avaient été préconisées par le rapport pour une chaîne logistique plus compétitive au service des entreprises et du développement durable, rédigé par deux chefs d’entreprise et publié le 16 septembre 2019... Dix jours avant l’incendie de Lubrizol.50 % de contrôles en plus, avec quels moyens ?Outre ces changements réglementaires, le plan post-Lubrizol vise à augmenter de 50 % le nombre annuel d’inspections des ICPE d’ici à 2022. Un objectif jugé « peu réaliste » par le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur Lubrizol, vu le peu d’engagement sur les moyens. Elisabeth Borne avait annoncé l’embauche de 50 inspecteurs supplémentaires en 2021, qui s’ajouteront aux 1 500 déjà en place. Dans le nouveau plan présenté par Barbara Pompili, on lit que ces 50 postes seraient en fait ouverts « d’ici fin 2022 ».Le gouvernement espère surtout diminuer les tâches administratives des inspecteurs pour augmenter leur présence sur le terrain, mais sans dire comment. « Si le nombre de contrôles a diminué d’environ 40 % en dix ans alors que les effectifs sont restés constants, c’est précisément à cause des évolutions réglementaires, qui nous obligent par exemple à instruire un dossier à la fois pour le préfet et pour l’autorité environnementale », explique, sceptique, Alexandre Gelin, secrétaire national du Syndicat des ingénieurs des industries et des mines (SNIIM), un corps de fonctionnaires chargés notamment de contrôler les ICPE. Alors que la France compte 500 000 ICPE (dont 10 % sous le régime de l’autorisation ou de l’enregistrement), les contrôles sont passés de 30 040 par an en 2006 à 18 196 en 2018.Le Conseil général de l’environnement et du développement durable, le service d’inspection du ministère, a lui-même indiqué aux sénateurs que les mesures du plan post-Lubrizol nécessitent des « ressources supplémentaires ». Avec les moyens actuels, « ces mesures conduiront les inspecteurs à se concentrer sur les sites Seveso, au détriment des autres ICPE, qui relèvent de régimes moins stricts mais qui représentent pourtant le quotidien de la pollution », estime Louise Tschanz, avocate en droit de l’environnement au cabinet Fidal. Selon elle, le gouvernement mène une politique de flexisécurité environnementale.La loi Asap, quelques avancées pour combien de reculs ?La loi Asap (Accélération et simplification de l’action publique), actuellement discutée par les parlementaires, illustre encore plus cette « flexisécurité environnementale ». Parmi ses très nombreuses dispositions, son article 25 permet au préfet de remplacer l’enquête publique pour certains projets d’ICPE soumis à autorisation environnementale par une simple consultation en ligne. Pour la Compagnie nationale des commissaires enquêteurs (CNCE), chargés de la conduite de ces enquêtes publiques, il s’agit d’un grave recul du droit de l’environnement, qui diminue largement la capacité de la population à s’informer et, éventuellement, à s’opposer à un projet d’ICPE.Pour le député LREM Damien Adam, rapporteur du rapport d’information de l’Assemblée nationale sur l’accident de Lubrizol, ces assouplissements ne constituent aucunement des reculs. L’élu de Seine-Maritime préfère vanter une autre disposition de la loi Asap, qu’il a fait adopter via un amendement, et qui rend publics les documents présentés en Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, qui donnent un avis consultatif sur les projets d’ICPE.Il confirme également qu’il déposera une proposition de loi pour créer un Bureau enquête accident (BEA) « risques industriels » indépendant. Une mesure préconisée par le député dans son rapport, puis annoncée par Elisabeth Borne et reprise par Barbara Pompili.Pouvoir des préfetsOutre la question de la réglementation et celle des moyens de sa mise en œuvre, de nombreuses ONG environnementales et observateurs s’inquiètent du fait que le gouvernement accorde un pouvoir toujours plus grand à ses préfets en matière d’installations classées.Gabriel Ullmann, docteur en droit de l’environnement et expert judiciaire, peut en témoigner. Cet ex-commissaire enquêteur a été radié sur demande du préfet de l’Isère pour avoir donné un avis défavorable au projet Inspira, qui consiste à étendre une zone industrialo-portuaire occupée par de nombreux sites Seveso. Une radiation prononcée par une commission dont les deux tiers des membres sont nommés... par le préfet.« Le nœud du problème, c’est que le préfet doit faire respecter la réglementation environnementale tout en veillant au développement économique du territoire », juge Gabriel Ullmann. « On aura beau augmenter le nombre d’inspecteurs et durcir les réglementations, le pouvoir de prononcer des sanctions et de les faire appliquer reste en pratique dans les mains du préfet (2), alors que la culture préfectorale tend à déconsidérer, souvent de bonne foi, les questions écologiques et les analyses indépendantes. »C’est pourquoi les associations écologistes comme la FNE ou Robin des Bois militent pour la création d’une entité de contrôle des ICPE indépendante des préfets. Mais le plan post-Lubrizol n’en fait pas mention et, interrogé par Alternatives Economiques sur cette proposition, le ministère de l’Ecologie n’a pas répondu.Source : MATTHIEU JUBLIN, Un an après Lubrizol, des règles plus dures et "en même temps" plus souples, Alternatives économiques, 25 septembre 20201.Les produits de décomposition sont les substances chimiques rejetées lors du changement d’état d’une matière, par exemple lors de sa combustion. Dans ce cas, il s’agit aussi des substances rejetées par la combustion de son contenant et du bâtiment l’abritant.2.La police des ICPE relève du préfet, qui peut prendre un arrêté de mise en demeure puis des sanctions (à chaque fois sur proposition des inspecteurs). Le juge administratif peut casser l’arrêté préfectoral mais aussi imposer d’autres prescriptions ou sanctions. Donc techniquement il a aussi du pouvoir, mais c’est un pouvoir en deuxième ressort, s’il y a contentieux.

Le 11 février 2020, la Ministre de la transition écologique et solidaire a présenté le plan d’action gouvernemental visant à tirer le retour d’expérience de cet incendie...

ENQUETE. Lubrizol, un an après : la sécurité du site SEVESO et le traumatisme des riverains, France 3 (septembre 2020)

Les recommandations de la commission d'enquête du Sénat après l'incendie.

Juillet 2020 : le préfet autorise la réouverture partielle et plus étendue, de l'usine Lubrizol

Un risque industriel désormais à écarter pour la ville ?

Les arguments pour une réouverture rapide selon la commission d'enquête du Sénat.

Quel avenir pour lubrizol ?Trois séries d'arguments économiques ont été mis en avant en faveur d'une réouverture rapide :- Tout d'abord, une interruption de six mois conduirait inéluctablement les clients de l'entreprise à recourir à de nouveaux fournisseurs et serait synonyme d'arrêt pur et simple. Précisons que l'usine Lubrizol est certes une entreprise pétrolière mais les 300 à 400 additifs qu'elle fabrique sont également destinés au domaine médical, à la construction, à l'aéronautique.- Ensuite, les conséquences d'un abandon d'activité seraient très lourdes pour le territoire puisque Lubrizol est, d'une part, le quatrième contributeur fiscal de la métropole rouennaise, à hauteur de 75 millions d'euros par an, et un grand donneur d'ordres en termes d'investissement, de maintenance et de sous-traitance. Le nombre d'emplois en jeu a été évalué à 2 200 en totalisant ceux de Lubrizol Rouen (370), des sous-traitants directs, les emplois indirects et les emplois induits. D'ores et déjà, l'incendie aurait provoqué localement l'arrêt de cinq sites et le recours au temps partiel dans 37 entreprises, ce qui témoigne du risque d'« effet domino » dans un secteur qui forme un écosystème.- Enfin, les investisseurs français ou étrangers auraient pu recevoir un signal de défiance, puisque Lubrizol est une composante de l'histoire industrielle qui s'est nouée le long de l'axe Seine, avec 86 sites classés Seveso, représentent au total 200 000 emplois, ainsi qu'un enjeu majeur de développement et de souveraineté. Le président de la chambre de commerce et d'industrie de Rouen Métropole a d'ailleurs rappelé que la Normandie est candidate pour accueillir une « gigafactory » pour la fabrication, le réemploi et le recyclage de batteries destinées aux véhicules électriques. Aujourd'hui la plupart des batteries ne sont pas fabriquées en Europe mais importées d'Asie. Or, un site de fabrication de batteries, c'est un site Seveso seuil haut.Par ailleurs, selon le représentant de Lubrizol France, la délocalisation de l'entité productive de Rouen, qui est restée intacte, semble quasi impossible : « ce type d'usine ne se déménage pas », contrairement, par exemple, à une usine de machines-outils. « C'est une installation très capitalistique où tout est interconnecté » (...)L'importance économique des implantations industrielles, comme celle de Lubrizol, est ainsi fondamentale. Elle doit cependant faire l'objet d'une information plus précise pour ne pas alimenter l'inquiétude socio-économique liée au risque de fermeture ou de délocalisation des unités de production. La commission d'enquête plaide pour une dynamique plus positive grâce à laquelle les bons résultats des entreprises s'accompagneraient d'un intérêt accru des riverains pour la culture du risque industriel. Inversement, en période de conjoncture difficile, la diffusion d'informations loyales est un impératif tout autant nécessaire en matière économique qu'en cas d'accident industriel.Le 12 mai 2020, Lubrizol a formulé une nouvelle demande de reprise d'activité « allant au-delà de la reprise d'activité partielle » autorisée en décembre 2019.Plus précisément, l'entreprise a demandé à pouvoir redémarrer l'exploitation des unités de production des produits intermédiaires (dispersants) et de « mettre en service la zone de réchauffage et de stockage ISO CONTAINERS ». En réponse à la commission d'enquête, Lubrizol a par ailleurs expliqué ne pas avoir présenté de demande de redémarrage de l'unité ZDDP157 car celle-ci « devra faire l'objet d'une mise à jour de sa notice de réexamen remise aux services de la Dreal avant d'envisager toute reprise d'activité ».Si elle était accordée, cette nouvelle reprise se traduirait par la réouverture de la quasi-totalité des activités, à l'exception de l'atelier « anti-oxydants », où s'était produit, en 2013, une fuite de mercaptan, et sans stockage important.Cette demande supplémentaire de réouverture du site sera soumise à l'avis du Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) de la Seine-Maritime, a priori en juillet prochain.Source : Rapport de la commission d’enquête du Sénat, Risques industriels : prévenir et prévoir pour ne plus subir http://www.senat.fr/rap/r19-480-1/r19-480-19.html

Lubrizol doit-elle fermer? Les débats au conseil municipal.

Lubrizol doit-elle fermer ?« Lors de ces échanges [séance du conseil municipal du lundi 7 octobre 2019], il a évidemment été question de l’avenir de cette usine. Lubrizol doit-elle reprendre ? Pour Manuel Labbé, c’est « une interrogation légitime ». Si l’élu communiste ne s’est pas avancé, son collègue Vert Jean-Michel Bérégovoy a demandé la fermeture du site : « L’usine ne peut pas rouvrir. C’est l’écoquartier Flaubert ou Lubrizol, il faudra choisir. » Concernant l’éco-quartier, « l’enquête publique doit être réévaluée », pour Jean-François Bures.Pour le représentant de la CGT Gérald Le Corre, favorable au maintien des 416 emplois direct sur Rouen, penser à fermer l’usine n’est pas la question : « L’usine serait à la campagne, ça n’aurait pas changé grand chose. Peut-on laisser ces entreprises dans les mains des gros capitalistes ? »L’élu centriste Patrick Chabert est plus catégorique : « Est-il normal d’avoir des usines industrielles et des constructions autour de ces usines ? Je ne répondrai pas ce soir, mais est-il normal de vouloir déplacer la pollution chez d’autres. Je trouve cela honteux ! »À la veille d’une nouvelle manifestation, l’élu communiste Didier Chartier, s’est félicité de la pression citoyenne : « S’il n’y avait pas eu la mobilisation des citoyens, nous n’aurions pas eu les éléments que nous avons arraché au préfet. » Un appel au rassemblement est lancé pour mardi 8 octobre, à 18 heures, devant le palais de justice. »Source : Raphaël Tual, 78actu, 8 octobre 2019 https://actu.fr/normandie/rouen_76540/apres-lubrizol-cest-peur-colere-ville-rouen-depose-plainte-contre-x_28233748.html

L'usine Multisol et l'"incident" industriel de la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2021.(Photo 76actu)

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JC Fichet - Pôle de compétences HG Rouen.Travail également déposé sur cartolycee.net

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