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Né en 1958 à Bouttencourt (Picardie), titulaire d’un doctorat en sociologie et d’une licence en sciences politiques, Michel Moatti est maître de conférences en sociologie à Montpellier, spécialiste des questions sur les médias, l’opinion publique et la violence sur Internet. Il a été récompensé du prix du Meilleur roman francophone au festival Polar à Cognac, en 2017.

Retour à Whitechapel (HC éditions, 2013 – Rééd. Pocket, 2014 – Rééd. Grands détectives/10/18, 2016)Blackout baby (HC éditions, 2014 - Rééd. Le Grand livre du mois, 2014 – Rééd. Grands détectives/10/18, 2016)Alice change d’adresse (HC éditions, 2016 – Rééd. Policier/10/18, 2017)Tu n’auras pas peur (HC éditions, 2017 – Rééd. Policier/10/18, 2018)Les retournants (HC éditions, 2018 – Rééd. Grands détectives/10/18, 2019)Et tout sera silence (HC éditions, 2019 – Rééd. 10/18, 2020) ESSSAISLa vie cachée d’Internet (Imago, 2002)L’effet-Médias, pour une sociologie critique de l’information (avec S . Finger, L’Harmattan, 2010)

Michel Moatti, Et tout sera silence, HC éditionsDans quelques heures, quelques jours au plus, elle serait de l’autre côté. Même si le rideau de fer était un croquemitaine depuis longtemps oublié, qui ne faisait même plus peur à ceux qui l’avaient réellement connu, il restait une réalité invisible qui structurait le monde. D’un côté, le sien : des villes épuisées et sales, baignées de pluie visqueuse et de poussière de charbon qui retombait des cheminées des milliers de logements populaires. Des avenues rectilignes, sentant inlassablement le diesel, les effluves de chou et de conserveries industrielles. Des magasins qui n’étaient que des copies fanées de ceux dont elle rêvait, et qui proposaient des produits au rabais et des succédanés. De l’autre côté du monde, des rues où l’on brûlait l’argent comme s’il n’était que l’élément d’un jeu où tous prenaient leur part. Là-bas, on changeait de téléphone portable au gré des saisons, on glissait d’une vitrine à l’autre dans des centres commerciaux aussi vastes que des cathédrales où rien ne manquait. On n’achetait plus par besoin, mais par plaisir pur. Choisir une robe, des dessous, un bijou était juste un moment de fièvre, qu’il fallait juste saisir. Avant de céder à un autre.