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Née en 1968 à Nice, journaliste, conceptrice de sites web, enseignante et community manager, Michèle Pedinielli a créé le personnage de Ghjulia Boccanera, dite Diou, sympathique enquêtrice punk, militante et risque-tout, héroïne de ses deux polars, Boccanera et Après les chiens.

Boccanera (L’Aube noire, 2018 – Rééd. L’Aube noire poche, 2019)Après les chiens (L’Aube noire, 2019)

Michèle Pedinielli, Après les chiens, L’aube noireC’est comme un étau glacé qui m’enserre le corps mais je nage jusqu’à faire le tour de la bouée. Je m’arrête pour reprendre mon souffle, le bras autour de la sphère en plastique qui flotte paresseusement. Ça va être dur de revenir, je n’ai pas grand-chose dans le bide et trop de visions d’horreurs dans la tête. J’espérais chasser le visage détruit du jeune homme de mon cerveau. Loupé. Quelques mètres sous moi, les posidonies en rajoutent. Comme un immense tapis qui ondule, prêt à libérer les monstres marins de mon enfance. Depuis quelques temps, j’imagine surtout que ces plantes emprisonnent pour l’éternité les milliers de cadavres de réfugiés embarqués sur des rafiots pourris, objets d’un trafic immonde, fuyant des horreurs sans nom. Non, des horreurs tout à fait nommables qui s’appellent guerre, torture, famine, dictature. Devant l’indifférence d’un Occident qui ne s’émeut plus ni devant les sauvetages en mer ni devant l’écume d’un radeau qui a chaviré. Quand la dernière frontière avant l’Europe a englouti des êtres qui fuient. Ils meurent entre la Lybie et la Sicile, mais moi je vois des corps intacts qui glissent jusqu’ici, portés par des courants, pour reposer au milieu des herbes noires qui les retiennent, le visage tourné vers la surface trop lointaine. Leur peau prend peu à peu la teinte du fond de la Méditerranée.