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Transcript

Sophie a travaillé à la scénographie.

Elle voulait tester le travail de cocréation et l'expérience est très positive.

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Joyeux

vit à Bruxelles

Experte eau

45 ans

Interview du 2 juin 2020

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"C'était mieux demain"Un titre intrigant

Sortir de l'image habituelle de "c'était mieux avant"

© Photo BELvue

En quoi ce projet a-t-il changé ta vision sur les musées, les expos, le milieu culturel ?Ce projet a changé mon regard quand je visite une exposition. J'ai un regard beaucoup plus pointilleux sur les textes, sur la scénographie. Je suis beaucoup plus critique. C'est vraiment intéressant de pouvoir visiter une exposition et de se poser la question "C'était quoi toute la réflexion pour aboutir à cette scénographie ?" C'est un bel acquis de l'expérience.Cela a aussi renforcé mes questions sur "C'est quoi l'art et c'est quoi être artiste ou artisan ?" En travaillant sur cette expo, je me suis rendu compte que ce n'était pas une question si bête que ça. Il y a peut-être des mots aujourd'hui qui couvrent des contextes qu'ils ne représentent pas. C'est dommage qu'on ne redonne pas plus de valeur au mot "artisan" parce que je pense qu'il y a beaucoup d'approches qui se disent artistiques mais qui relèvent plus de l'artisanat et qui ont leur valeur là-dedans. Travailler sur cette exposition, se poser des questions sur les œuvres de Cera, sur ce que signifient ces œuvres… a légitimé la question que je me posais. Maintenant je vais avoir moins d'angoisse à me questionner sur "est-ce que pour moi c'est un artiste ou un artisan ?" Je ne questionne pas la beauté du résultat final, je questionne plutôt le sens des œuvres et ce qu'on fait passer comme message.

Quelles ont été vos contraintes dans ce projet ?On aurait tendance à se concentrer sur la contrainte principale qui a été l'arrêt de la Belgique à cause du Covid. Nous avons vraiment dû fonctionner en sous-groupe avec peu de contact avec les autres groupes. Au final, nous avons tous abouti à des résultats donc c'est très positif.Si je fais abstraction du Covid, ce sont les mêmes problèmes auxquels nous aurions été confrontés. Ils ont été exacerbés par cet isolement dans lequel nous avons travaillé. Dans ce type de projet de cocréation, la première difficulté est de ne pas connaître au départ les autres personnes du groupe. C'est un exercice d'équilibre de s'écouter, d'écouter les autres. Il faut aussi s'habituer à abandonner le processus de création au groupe, être capable d’accepter qu’une de ses idées soit prise en main par le groupe et devienne un élément collectif.Il a fallu également gérer l'abondance de créativité. C'est difficile car nous ne sommes pas attachés aux mêmes choses, nous n'avons pas toujours la même envie de transmettre un message.Faire ce projet en période de Covid, cela a poussé l'expérience encore plus loin sur la cocréation et la résilience. Au départ, je me demandais comment nous allions réussir à travailler comme ça et finalement nous y sommes arrivés.

Un élément important : une attention particulière pour que chacun trouve sa place dans le processus de cocréationAu départ, une animatrice qui nous accompagnait a dit une phrase qui m'a marquée et rassurée : "Dans le processus, il est important que chacun soit écouté, que chacun ait sa place et que personne ne soit oublié". Nous étions tout de même un grand groupe, je trouvais important de rappeler par cette petite phrase que nous avions tous une raison d'être là, que nous avions tous des choses intéressantes à apporter au groupe.Dans ce type de processus, le produit final appartient au groupe mais le produit final n'existe que parce que chacun y a mis une petite pierre.

Quels sont les 3 points forts de l'exposition ?L'expo inclut la réalité immédiate : nous avons intégré le Covid dans l'expo en ajoutant un masque à la ligne du temps des objets. C'est très chouette d'avoir eu cette réactivité.Axes de questionnement surprenants : par exemple, avant, les monnaies étaient liées à un seul pays. Elles représentaient réellement le patrimoine commun de ce pays. Finalement, la monnaie était le premier contact avec le patrimoine pour quelqu'un qui venait de l'étranger. Sur les billets belges, nous retrouvions Adolphe Sax ou certains monuments. Sur les billets européens, il y a aujourd'hui une représentation des modèles de bâtiments qui correspondent à l'architecture européenne. C'est très intéressant de se demander 'quel patrimoine j'ai dans mes poches ?'Utilisation de nos propres capacités à concevoir : malheureusement, à cause du Covid, beaucoup de choses n'ont pas pu être mises en place, il manque environ 1/3 des idées.

Un mot pour résumer le projet: JoyeuxGlobalement, ce qu'il me restera à l'esprit est joyeux ! C'était dur par moment mais c'est le mot que je retiens.

Ce titre me pose problème sémantiquement mais j'ai dû vivre avec. Il a fallu faire un choix de groupe. Il y a peut-être aussi une dimension surréaliste qui finalement ne veut pas dire grand-chose mais il veut tout dire en même temps.

Lors du montage le 5 juin 2020

© Photo Joelle-N.Jacques

© Photo BELvue

© Photo BELvue

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