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Un jeu pédagogique sur le thème "Juin 1940 : continuer ou arrêter la guerre", en lien avec le programme d'Histoire de Terminale générale.

Transcript

FRANCE, Juin 1940
CONTINUER OU ARRETER LA GUERRE ?

Un épisode historique dont vous êtes le héros

La France est officiellement en guerre contre l'Allemagne depuis le 3 septembre 1939. Mais c'est seulement après une longue attente de huit mois (la "Drôle de guerre") que l'offensive allemande vers l'Ouest a débuté, le 10 mai 1940...

5 juin 1940...

Vous êtes, en tant que président du conseil, à la tête d'un gouvernement que vous avez formé pour faire face à cette situation périlleuse.

Charles de Gaulle est un militaire de carrière qui, depuis les années 1930, défend l'idée qu'il faut moderniser l'armée française, notamment par l'emploi massif des chars d'assaut. Jusqu'ici il a été peu écouté, mais vous avez de l'estime pour lui. L'invasion de la France et la supériorité de l'armée allemande semblent cependant lui donner raison. A la tête d'une unité blindée il remporte quelques succès limités, mais a surtout le souhait d'entrer en politique. Le 5 juin vous le faites entrer au gouvernement comme sous-secrétaire d'Etat chargé de la Défense Nationale et de la Guerre.

Paul Reynaud est alors président du conseil (des ministres). Chef du gouvernement, il concentre l'essentiel du pouvoir exécutif.

Héros de la Première guerre mondiale, surnommé "le vainqueur de Verdun", Philippe Pétain est vice-président du conseil depuis le 18 mai : vous l'avez appelé à cette fonction en raison de sa popularité, pour rassurer l'opinion publique et l'armée. Âgé et discret, il s'exprime peu en public: difficile de connaître le fond de sa pensée...

Vous demandez au commandant en chef des armées, le général Weygand, un point sur la situation :

" Monsieur le Président du Conseil, la situation est critique, voyez vous-même :

"Les forces allemandes comprennent 40 divisions d'infanterie, et 10 divisions blindées ( = principalement constituées de chars d'assaut).

Nous n'avons à leur opposer que 22 divisions d'infanterie et 3 divisions blindées. Nos meilleures troupes ont déjà été capturées ou évacuées à Dunkerque."

1. "Il faut tenir coûte que coûte. Prévoyons néanmoins de replier le gouvernement et nos meilleures troupes en Bretagne : ce sera le "réduit breton" !


Il poursuit : "Des millions de civils, fuyant les zones de combat, encombrent les routes : un véritable exode !...Malgré tout il faut tenir sur la position actuelle, nous y défendre jusqu'à la dernière extrémité. Elle présente de nombreux points faibles... Chacune des parties de l'armée devra se battre jusqu'à épuisement pour sauver l'honneur du pays ."
Et il conclut la réunion en ajoutant :
"Si l'armée française est détruite, que restera-t-il pour assurer l'ordre public en France, au cas où la défaite susciterait des troubles révolutionnaires ?"

Votre réaction:

2. "Nous avons besoin d'aide, voyons du côté des Anglais."


Vous défendez votre projet auprès de Weygand :
« Un tel réduit situé à proximité de l’Angleterre, qui nous enverrait des troupes et du ravitaillement, et à la défense duquel l’aviation britannique pourrait concourir, nous permettrait de maintenir au profit des Alliés, le plus longtemps possible, une tête de pont sur le continent européen placé sous domination allemande et de continuer à diriger la guerre navale, aérienne et terrestre, notamment en Méditerranée et en Afrique du Nord. »
Le général en chef ne croit pas du tout à cette stratégie, et vous le dit. Néanmoins, vous demandez à de Gaulle de se rendre en Bretagne pour le préparer.
Mais le temps manque : les forces allemandes pénètrent en Bretagne avant qu'aucune ligne de défense n'ait pu être établie...

9 Juin : le front est percé !

Les troupes allemandes traversent la Seine et s'approchent de Paris.
Un débat s'engage au sein du gouvernement : faut-il quitter la capitale ?
Différents point de vue s'expriment, auquel vous ralliez-vous ?

  1. De Gaulle pense que le gouvernement doit quitter la capitale pour rester libre, mais que celle-ci doit encore être défendue par les armes.

3. Weygand pense que le gouvernement doit quitter la capitale, mais que Paris doit être déclarée "ville libre" (= elle ne sera pas défendue, les Allemands pourront y entrer sans combattre).

2. Pétain pense que quitter Paris donnerait un mauvais signal au pays, au moment où "le souci dominant doit être de conserver le patrimoine moral et intellectuel du pays"

Défendre Paris ? Soit, cela aurait pu retarder quelques jours une partie des troupes allemandes...mais au prix de lourdes destructions matérielles et pertes humaines, civiles et militaires.

"Nous ne pouvons pas engager davantage nos avions en France : nous en avons besoin pour défendre notre île "


Vous envoyez de Gaulle à Londres : il y rencontre le premier ministre britannique, Winston Churchill. De Gaulle admire la détermination de Churchill, mais n'obtient pas les résultats escomptés :


10 juin

L'Italie, alliée de l'Allemagne, déclare la guerre à la France.
L'armée française va maintenant devoir se battre sur deux fronts....

  • Le gouvernement s'enfuit en Touraine
  • Weygand suggère au gouvernement de discuter avec l’ennemi en vue de cesser les hostilités.
  • Une rencontre est organisée avec l'allié britannique dans un château de la Loire:

12 juin : la Wehrmarcht poursuit son avance


Pétain tient les propos suivants : "Pendant que les ministres hésitent [...] les soldats se font tuer et la France est saccagée[...] C'est la catastrophe." Il demande aux Anglais l'autorisation d'engager des négociations de paix avec l'Allemagne
De Gaulle insiste au contraire sur le rôle que l'Empire colonial français peut jouer dans la poursuite de la guerre...si la Grande-Bretagne aide la France à regrouper ses forces en dehors du territoire métropolitain.

Les discussions franco-britanniques


Pourquoi une autorisation ? Parce qu'en mars, la France et le Royaume-Uni se sont engagés à ne pas signer de paix séparée avec l'Allemagne.

En mars 1940, la France et le Royaume-Uni ont signé un accord : aucun des deux ne peut signer une paix séparée (= sans l'accord de l'autre) avec l'Allemagne.

Winston Churchill, premier ministre britannique : "Je comprends que votre situation est difficile...Nous ne pouvons pas faire grand chose de plus pour vous aider. Le pire, ce serait que la puissante flotte française tombe aux mains d'Hitler"

14 juin : Paris est occupée !

La Wehrmarcht poursuit sa progression. Tout le Nord du pays est envahi : le gouvernement doit se replier précipitamment sur Bordeaux.


Source

PRIME Christophe., SIMMONET, Stéphane., Atlas de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Editions Autrement, 2015.

Ligne de front le 16 juin

Il faut agir d'urgence !


2. Vous réunissez le gouvernement pour trouver une issue, et écouter les arguments des uns et des autres.

1. Vous pouvez demander au général Weygand de capituler : l'armée rendrait les armes, mais cela n'empêcherait pas le gouvernement de continuer la lutte depuis l'extérieur, peut-être depuis les colonies françaises d'Afrique du Nord..

capitulation : acte militaire par lequel une armée se rend à l'ennemi.

"

Monsieur le président du conseil, Je ne peux pas faire cela. L'armée française s'est bien battue, son honneur est en jeu ! C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités. Et puis en cas de capitulation, la population française ne serait pas à l'abri de représailles de la part des Allemands

"

Les arguments des "bellicistes"

Les arguments des "défaitistes"

La France doit conserver une partie de son armée pour maintenir l'ordre, permettre la "renaissance du pays" (selon une expression de Philippe Pétain)

Le gouvernement peut quitter le territoire métropolitain et poursuivre la lutte de l'extérieur comme l'a fait le gouvernement hollandais.

Le gouvernement ne peut pas quitter la France métropolitaine, qui a besoin de ses "défenseurs naturels" (expression de Philippe Pétain)

Les ressources de l'empire colonial sont insuffisantes (manque de soldats, armements, pétrole, etc.)

La France dispose encore d'atouts : une flotte intacte, un grand empire colonial et un allié de poids : la Grande-Bretagne.

Les Français ont déjà assez souffert !

Peut-être les Etats-Unis vont-ils entrer en guerre et nous venir en aide ?

En cinq semaines, l'armée française a perdu près de 60000 hommes, tandis que 8 à 9 millions de civils se sont déplacés pour fuir l'avancée des troupes allemandes ("l'exode"). Ces épreuves ont gravement atteint le moral des troupes, comme celui de la population civile.

Partisans de la poursuite des combats (du latin "bellum" = la guerre)

Convaincus que la défaite est inévitable, ils sont partisans de l'arrêt des combats.

D'un ton enthousiaste, il dit : "J'ai une nouvelle formidable. Le gouvernement britannique a retenu une proposition de Jean Monnet :
il s'agit de créer une Union franco-britannique ! "

Soudain...un appel de De Gaulle !

1.Vous y voyez un moyen de poursuivre la lutte, avec tout le soutien des Anglais ! Même si la France y perd un peu de sa souveraineté...

2. Vous ne croyez ni à la sincérité, ni à la faisabilité de cette offre...Comme le dit Pétain, qui voudrait "une fusion avec un cadavre" ?

Jean Monnet, fonctionnaire international et banquier d'affaires, est alors chargé de coordonner l'organisation des économies de guerre française et britannique. Considéré comme un des "pères de l'Europe", il est plus célèbre aujourd'hui pour son oeuvre en faveur de la construction européenne après la Seconde guerre mondiale.

Selon ce projet, les forces militaires et les parlements des deux pays devaient être fusionnées, et toutes leurs ressources mises en commun.

Votre moral est regonflé ! Vous défendez cette proposition en conseil des ministres, et encouragez de Gaulle à rester à Londres pour organiser le transfert des forces françaises vers l'extérieur. Peut-être le rejoindrez-vous plus tard...par exemple à bord du Massilia .
Mais en attendant, est-ce suffisant pour convaincre le reste du gouvernement de continuer le combat?

Un paquebot resté célèbre pour avoir emmené un groupe de députés désireux de poursuivre la lutte depuis l'Afrique du Nord.

Vous avez le sentiment que les "défaitistes" sont de plus en plus nombreux au gouvernement... et même dans votre entourage proche ! Votre propre maîtresse, Hélène de Portes, soutient ouvertement les positions de Philippe Pétain.


Vous présentez votre démission au président de la République, Albert Lebrun.

Pour vous remplacer, il appelle Philippe Pétain au poste de président du Conseil

Pétain demande aussitôt aux Allemands les conditions d'un armistice.

Epilogue (1) :
De l'arrivée de Pétain au pouvoir à l'armistice du 22 juin

Epilogue (2) :
L'appel du 18 juin et la naissance de la France Libre

Paul Reynaud, dans la réalité, est bien partisan de la poursuite de la lutte contre les Allemands. Mais à la tête d'un gouvernement divisé, soutenu par une faible majorité parlementaire et dans un contexte de crise, il ne réussit pas à s'imposer face aux autres acteurs, civils ou militaires. Il apparaît épuisé et démoralisé lorsqu'il présente sa démission le 16 juin 1940. Depuis des historiens ont déterminé que les partisans de l'armistice, à ce moment, n'étaient pas forcément majoritaires au sein du gouvernement...

Fin


Epilogue (3) :
Et le président du conseil, alors ?