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La naissance de

l'Humanité

textes

de notre monde

fondateurs

GrèceDeucalion et Pyrrha Le déluge, ordonné par Jupiter, « a rendu le monde à sa forme première ». Seuls ont survécu Deucalion et Pyrrha, ‘tous deux pleins de dévotion pour la divinité”. Désespérés de leur solitude, ils décident d'interroger l‘oracle de Thémis, qui leur répond en ces termes :« Éloignez-vous du temple, voilez votre tête, dénouez la ceinture de vos vêtements : et, derrière votre dos, lancez à pleine main les os de votre grande mère ».Longtemps frappés de stupeur, les deux époux hésitent à obéir lorsqu’enfin Deucalion comprend : «Notre grande mère, c’est la terre ; les pierres sont, j'en suis sûr, ses os, ce sont elles qu’on nous ordonne de jeter derrière nous.»Hésitant encore, ils descendent, se voilent la tête, dénouent la ceinture de leur tunique et, suivant l’ordre reçu, lancent des cailloux derrière eux, tout en marchant. Les pierres, qui le croirait, si l’antique tradition n’en était garante, commencèrent à perdre leur inflexible dureté, à s’amollir peu à peu et, une fois amollies, à prendre forme. Bientôt, quand elles eurent grandi et reçu en partage une nature plus douce, on put voir apparaître, bien qu’encore vague, comme une forme humaine, comparable aux ébauches taillées dans le marbre et toute semblable aux statues encore inachevées et brutes. Cependant, la partie de la pierre qui est comme imprégnée d’humidité et participe de la terre se change en chair ; ce qui est solide et rigide se change en os ; ce qui naguère était veine subsiste sous le même nom. C'est ainsi qu’en un court espace de temps, par la volonté des Dieux, les pierres lancées par la main de l’homme prirent la figure d'hommes, et des pierres lancées par la femme naquit de nouveau la femme...”Ovide, Les Métamorphoses.

EUROPELA CRÉATIONEt Dieu s'promena, et regarda bien attentivementSon Soleil, et sa lune, et les p'tits astres de son firmament.Il regarda la terre qu'il avait modelée dans sa paume,Et les plantes et les bêtes qui remplissaient son beau royaume.Et Dieu s’assit, et se prit la tête dans les mains,Et dit : « J'suis encore seul : j'vais m’fabriquer un homme demain »Et Dieu ramassa un peu d'argile au bord d'la rivière,Et travailla, agenouillé dans la poussière.Et Dieu, Dieu qui lança les étoiles au fond des cieux,Dieu façonna et refaçonna l’homme de son mieux.Comme une mère penchée sur son p'tit enfant bien-aimé,Dieu peina, et s'donna du mal, jusqu’à c'que l’homme fût formé.Quand il l'eut pétri, et pétri, et repétri,Dans cette boue faite à son image Dieu souffla l'esprit.Et l’homme devint une âme vivante,Et l'homme devint une âme vivante...Marguerite Yourcenar, « L’Ancien et le Nouveau Testament », in Fleuve profond, sombre rivière, © Poésie/Gallimard, 1966.

Scandinavie Au moment de créer l’homme, Odin, l’un des grands Dieux, a hésita sur la manière de procéder. Il prit finalement deux morceaux de bois, l’un dur : du frêne, l’autre tendre : de l’aune, et fit tourner rapidement l’un dans l’autre. L’étincelle qui en jaillit anima les deux morceaux de bois, qui devinrent respectivement homme et femme.Cité par J. Lacarrière.

AustralieLes premiers hommes sont nés de certaines formations, végétant sur les rivages des eaux basses et salées. Au début, tant qu’ils flottaient dans l’eau, ils n'avaient pas de forme bien distincte ni d’organes particuliers tels que l’ouïe ou les yeux et ils ressemblaient à des boules blanchâtres où l’on pouvait tout juste discerner l’ébauche des membres et de la tête. (...) À la suite d’un assèchement progressif des lagunes, les « boules » se trouvèrent privées d’eau. La plupart moururent mais d’autres, fort peu d’ailleurs, réussirent à se déplier et à gagner la terre. Leurs membres encore mous ne leur permirent pas de marcher et ils se contentèrent de ramper sur le sol. Mais peu à peu, leurs membres se raffermirent et ils purent se dresser sur leurs jambes. Ceux d’entre eux qui, pressés par le besoin, n’attendirent pas la station debout et se reproduisirent quand ils rampaient encore, donnèrent naissance à tous les animaux rampants : reptiles et batraciens. Ceux, par contre, qui eurent la patience d'attendre engendrèrent des hommes pareils à nous. C’est pourquoi les reptiles sont les ennemis héréditaires de l’homme : ils jalousent leurs frères plus réussis.Cité par Jacques Lacarrière, in En suivant les Dieux.

VenezuelaChez les Indiens GuaranosAutrefois, dans des temps très anciens, les Indiens guaranos vivaient là-haut, au-delà des nuages, dans l’empyrée. Il arriva qu’un certain jour un Indien saisit son arc, lança sa flèche vers le bas, faisant un trou pour regarder. Les Guaranos, piqués par leur curiosité naturelle, regardèrent en bas et contemplèrent, stupéfaits, la nourriture si nombreuse et si variée qui se trouvait sur la terre : miel, vers, bourgeons d'arbres et cœurs de palmiers. « Oh ! beaucoup de nourriture ! Il faut la prendre ! Rien à faire, il faut la prendre d’une manière ou d’une autre ! » Que firent-ils donc ? Entraînés par le désir insatiable de goûter des aliments et des boissons insoupçonnées, ils cherchèrent un pilon, une corde et tous, dansant de joie et l’eau déjà à la bouche, se dirent ‘’ça y est ! ça y est !” Ils passèrent la corde par le trou et ainsi, l’un après l’autre, les Indiens qui vivaient d’abord là-haut se laissèrent glisser sur le sol.B. Péret, op. cit., p. 107.

ArgentineChez les indiens TobaIl y a bien longtemps, un grand feu dévasta la terre tout entière, en sorte que rien ne resta. Plus tard, un premier Toba sortit de terre, puis d’autres hommes de la même façon. Alors, il n'existait pas encore une seule femme Toba... (Les hommes allaient à la pêche, mais les poissons qu'ils avaient mis dans leur garde-manger disparaissaient régulièrement en leur absence ; ils se cachèrent donc pour surprendre les voleurs.) Ils virent alors une chose merveilleuse : dans une cage qui pendait du ciel, il y avait quelques femmes. Pendant que les hommes étaient partis à la rivière, la cage descendait jusqu’à terre, en sorte que les femmes pouvaient prendre le poisson où il se trouvait. La cage remontait ensuite au ciel avec ses occupantes. Quand elles virent les hommes, les femmes leur crièrent qu’elles ne pouvaient sortir de la cage et les prièrent de les aider. À l’aide de pierres, les hommes firent des trous au fond de la cage, et les femmes tombèrent à terre avec une telle force qu’elles s’enfoncèrent dans le sol. Les hommes durent creuser très fort la terre avec des bâtons pour en faire sortir les femmes, qui étaient toutes très jolies avec de longs cheveux.Benjamin Perret,Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique.

IranAhura Mazda, le grand Dieu, créa d’abord un premier homme, androgyne, du nom de Gayomar. Mais Ahriman, l'esprit du mal, s’attaqua aussitôt à Gayomar et le tua. Gayomar s’affaissa sur le sol, sa semence pénétra la terre et, quarante ans plus tard, il en naquit un grand pied de rhubarbe. C'est pourquoi la rhubarbe est rouge : elle est teintée du sang de Gayomar. De cette rhubarbe naquirent un homme et une femme, le premier couple humain, qui s’unirent et engendrèrent l'humanité.Cité par J. Lacarrière.