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Ecrits d'élèves et mise en voix

Transcript

1ère STD2A

MARX et la poupée

PROJET

Aux Arts Lycéens et Apprentis 2019-2020

Dispositif « Aux Arts Lycéens et Apprentis »Mise en voix et mise en espace d’un roman sur l’exil : Marx et la poupée de Maryam MADJIDI.PRÉSENTATION DU DISPOSITIF:Aux Arts Lycéens et Apprentis ! Undispositif d'éducation artistique et culturelle qui permet de :sensibiliserles lycéen.ne.s et les apprenti.e.s de la région aux arts et à la culturefavoriser les rencontres entreles artistes et les lycéen.ne.sencourager les pratiques artistiques des jeunesdévelopper, faire émerger des initiatives et de nouveaux projetsPUBLIC VISÉ:1 STD2A 35 élèvesACTEURS DU PROJET:Adrienne Bonnet (artiste compagnie Puzzle Centre), VéroniqueNémiche (enseignante de Lettres) et Nathalie Delisle (enseignante documentaliste).DESCRIPTIF DU PROJET :Thématiques des activités artistiques :Les migrants, l’exil.Origines du projet :la manière dont les élèves se représentent, perçoivent les phénomènes migratoires actuels: «les migrants».Les objectifs du projet et les attendus chez les élèves :Réflexion sur le thème de l'exil / faire naître un nouveau regard sur la migration.Travail sur la lecture à voix haute et l'oral en général en vue de l'examen du baccalauréat.Développement de l'estime de soi, de la confiance.Ouverture à l'autre et aux différences culturelles.La mise en oeuvre du projet (phase du projet/collaboration entre l'artiste et les élèves) :Lecture roman.Découpage du roman, choix de passages à mettre en voix avec la comédienne.Mise en espace.Travail sur la scénographie.Ateliers d'écriture sur le thème de l'exil.

avec la comédienne Adrienne BONNET

Première lecture

Mardi 5 novembre 2019 en cours de français

Grand-mère

Thanks 1STD2A

A écouter

La cantine

Un ours noir

Méchant loup

Sauf toi

Mon double

Dans le cadre d’un atelier d’écriture (projet ALAA), des apprentis-écrivains de notre lycée ont « dialogué » avec la romancière iranienne Maryam Madjidi en prolongeant avec leurs mots à eux des passages de son roman à elle, Marx et la poupée(en italique)…En voici un petit florilège…*Dans sa tête, tous les soirs, elle voit unours noir. Grand, sombre, effrayant, le regard si malfaisant. Emplie de désespoir, elle ne veut plus le voir. À chaque instant c’est de la peur qu’elle ressent. Et c’est quand la nuit tombe que la petite fille pleure, elle a peur de le voir, peur de dormir, car, dans ses rêves, l’ours jamais ne disparaît. Elle le connaît si bien mais il la fait souffrir ! Pourquoi cet ours ne la laisse-t-il jamais en paix ? « La petite fille dessine beaucoup, sur le sol, elle trace des traits. Ses dessins sont comme des cauchemars, ils font peur, elle y exprime sa colère du haut de ses six ans. » La mère ne comprend pas que, malgré les années, sa fille si fragile pardonne et persévère pour que l’ours enivré par son miel la libère ; et lui prouve qu’il l’aime et que, malgré le passé, il promette de ne plus la blesser, qu’il soit fier d’elle. « De ses projets, ses ambitions, ces petits bouts de rien auxquels on tend et qui construisent une vie. »Qu’il ne la rabaisse plus jamais. « Quelle fille naïve ! », se dit la mère en colère contre cet ours qui la torture chaque nuit. « Tu as attendu le retour, tu ne faisais qu’attendre l’imaginaire retour… »Mais la petite fille est forte, elle se bat et sourit, elle qui cache ses pleurs par peur de déplaire. Elle enchaîne les cauchemars d’un ours qui l’abandonne, pour un miel plus précieux que l’amour dans ses yeux. Chaque mot tranchant de l’ours, en elle, résonne.Elle se retourne sans cesse et espère que l’ours qui l’attaque, plus jamais, ne la frappe. Aidez-la, enfin !! Il faut qu’elle lui échappe !!Mais comment cet ours peut-il être son père, alors que sa présence, sa douceur et son amour ne sont qu’éphémères…‚* Mon père, je le vois comme un grand méchant loup. Quand on ne le connaît pas, il a l’air sage…Mais, un jour, je l’ai vu, j’ai vu la face qu’il cachait. Ce jour-là, j’ai pleuré, je me suis enfuie de chez lui.Depuis, je ne le vois presque plus. Face à lui, à ce grand méchant loup, j’ai l’impression d’être une étrangère face à un père.Un louveteau qui tente de s’immiscer dans la vie du loup.J’aimerais de l’affection de sa part.-Pourquoi ne prend-il pas de mes nouvelles?-Maman, où est papa?-Je ne sais pas.La petite fille ne pose plus de questions. Elle comprend que les réponses seront toujours aussi évasives et incertaines.Chaque fois que je l’appelle, j’ai une boule au ventre.Chaque fois que je vais chez lui, cette boule est encore là.Va-t-il recommencer?Va-t-il redevenir féroce?Le grand méchant loup m’a remplacée…Je n’ai plus l’impression d’exister pour lui.Aujourd’hui, mes proches s’en servent comme d’une menace…Si je ne change pas, ils me renverront là-bas…Comment faire face?Pleurer, oui, pleurer, dans son coin, sans que personne ne s’en rende compte…« Elle voit de moins en moins les oiseaux tourner au-dessus de sa tête. Ses rêves disparaissent petit à petit. C’est comme si il les chassait un par un. »J’en viens même à en faire des cauchemars. Ou il m’oublie, mais cette fois, pour toujours…Dès que le grand méchant loup sort ses griffes, je me réfugie sous les ailes de mon frère et de ma mère.Je veux seulement apprivoiser mon père et ne plus devoir faire face à ce grand méchant loup.ƒ* « C’est mon anniversaire. J’ai cinq ans. Un grand gâteau est sur la table avec plein de crème. » Toute la famille est présente. Sauf toi. Tu n’es pas là. Toi pour qui j’ai la plus grande affection. Toi. « Il manque une personne: mon oncle, le frère de ma mère. Il s’appelle Saman. » Tu t’appelles Nicolas. Et aujourd’hui, tu n’es pas là. La fête commence et je fais comme si de rien n’était, je souris faussement et rit avec mes cousins. Mon oncle qui vit aux États-Unis a fait le déplacement, mon grand-père a fait la route depuis le sud de la France.Mais toi, tu n’es pas là. « Obligation professionnelle » : pour moi, ce n’est pas une excuse. « Il m’offre toujours une fleur de Golé Maryam. C’est notre rituel: à chaque anniversaire, une Golé Maryam. J’adore son parfum. Cette fois-ci, il ne viendra pas. Il n’y aura pas de Golé Maryam pour mes cinq ans. Il a été attrapé. Il est en prison à Evin. » Personnellement, j’ai toujours vu ton travail comme un emprisonnement. À toujours devoir partir sans avoir de date de retour…Pourquoi existe-t-il, ce travail? Ce fameux travail, qui nous permet de vivre aisément. À choisir, j’aurais préféré vivre dans la misère. Au moins, tu aurais été à mes côtés…Bref. Ce texte t’est adressé, mais je ne sais pas si, un jour, j’aurais la force de te le montrer. Aujourd’hui, j‘ai 18 ans et tu n’es pas là, Papa.„* Lorsque mon double est à mes côtés, les minutes deviennent des secondes mais lorsque l’éloignement se produit, ces minutes deviennent de longues heures de solitude. « Quand je sortais de l’école, je courais pour la retrouver, pour goûter à sa joie de vivre. C’était comme si j’avais un trésor à moi caché dans la maison et qu’il me fallait vite rentrer pour m’assurer qu’il était bien là. » Mais lorsque ce trésor n’était plus là, ces questions revenaient sans cesse : comment pourrais-je vivre sans toi ? Que serais-je sans toi ? Où trouverais-je la force que tu m’apportais et qui comblerait ce terrible vide que tu as laissé ? « Shirin, tu es là? Je cours dans la maison. Elle n’est pas dans la cuisine, ni dans le salon, ni dans ma chambre. Ma mère me dit qu’elle est sortie. Je l’attends. Je m’impatiente. » Cette séparation fut très douloureuse. Il me manquait une partie de moi, comme quelqu’un après une amputation. Il me manquait ta présence réconfortante comme avant. Il me manquait toi, tout simplement. J’étais là, debout, seule et vide, face à ce monde qui ne ressemblait plus à celui d’avant, celui où tu étais là, celui où tout me paraissait possible grâce à ta présence. Il n’y a plus qu’un seul jour où mes angoisses disparaissent, celui de nos retrouvailles.Tout s’envole comme si tu devenais mon bouclier.Tout disparaît quand tu apparais.Si seulement tu pouvais apparaître plus souvent… « J’entends ses pas dans l’escalier…Elle est là…Nous fonçons dans ma chambre et je m’assois sur le lit. Elle est plantée devant moi, sur la scène. Je la regarde. Elle démarre son spectacle, me racontant toutes les péripéties qui lui sont arrivées à l’extérieur, exagérant les faits, déformant outrageusement la réalité. » J’aurais aimé vivre ces péripéties avec toi ; et ne pas en être juste la spectatrice. « Tu m’as pris la main et tu t’es penchée avec moi. » Et ainsi nous avons réussi à passer l’une des étapes les plus importantes de notre vie.

En primaire, j’étais à l’école de mon village, où il y avait une classe pour chaque niveau.Lorsque je suis passé en sixième, ma mère m’a inscrit avec mes frères dans un collège où aucun de nos amis n’allait puisque ce n’était pas celui du secteur.Je me suis beaucoup retrouvé dans les chapitres du roman où Maryam parle de son insertion au sein de sa nouvelle école, à Paris.Ma première épreuve de solitude dans ma nouvelle école à moi fut comme elle mon premier repas à la cantine. Assis seul dans ce réfectoire complètement étranger avec des gens que je ne connaissais pas. « Je hais cette promiscuité au moment du repas », surtout avec des personnes qui ne sont pas mes amis. Nous étions si proches et pourtant si éloignés, j’étais à une table à part où tous les élèves me voyaient manger quand ils entraient dans la pièce pour prendre leur plateau. « Je ne toucherai pas à ce gros riz au goût d’eau, dur et sec », à cette assiette de poissons froid et encore moins à « ce plat avec des carottes à moitié cuites » et à ce bœuf, horriblement gras.Plus les jours passaient et plus l’épreuve de la cantine m’était difficile.Certes, je n’étais pas mieux accompagné lors des récréations mais, là, je pouvais me cacher du jugement des autres.Alors que, dans le réfectoire, j’étais à la vue de tous. « Les autres enfants me regardent et se disent des choses à l’oreille, ils font des messes basses à mon propos, les lâches ».Ce genre de commentaires humiliants et pesants ainsi que leurs petits regards indiscrets devenaient insupportables, tout comme la nourriture qui nous était servie, qui devenait de plus en plus immonde à mesure que l’année passait.Finalement, les années ont passé mais les blessures sont restées; chaque bouchée est devenue une épreuve, je n’ai plus besoin d’être assis seul à la cantine pour avoir honte de manger…Une plaie grande ouverte, qui ne s’est jamais refermée avec le temps, une période sans faim qui ne s’est jamais terminée…******Marx et la poupéea été pour moi une véritable révélation : je retrouvais l’histoire de ma grand-mère à travers celle de Maryam Madjidi. Cet exil, le regard des autres, cette double culture, la nostalgie, les souvenirs…Je sais que sa terre lui manque, sa famille, ses amies, ses traditions, qu’elle essaie toujours de nous transmettre. Elle ne s’est jamais sentie à sa place parmi les « Français », elle n’a pas voulu apprendre « leur » langue, ni manger ou s’habiller comme « eux ». Lorsque mes grands-parents ont déménagé pour la dernière fois, elle s’est empressée de décorer la maison de tableaux et de tapisseries orthodoxes, ainsi que de photos d’elle, de sa vie passée, là-bas, quand elle était petite et comblée d’amour ; puis elle ajouta des photos de ses enfants et petits-enfants. Comme s’il existait deux mondes qui ne pouvaient pas être liés…Je crois qu’elle ne s’est jamais vraiment adaptée à cette vie, ce n’était pas son pays, ce n’était pas sa culture et cela ne le sera probablement jamais.Lorsque j’allais chez elle, petite, à la seconde même où je passai le petit portail du jardin, j’avais l’impression d’être transporté dans son pays natal, une petite partie de moi…Le jardin était semblable à une forêt vierge, pleine de plantes, de fleurs immenses et majestueuses qu’on ne trouve pas en France. Puis après avoir franchi la porte de la maison, je sentais une odeur d’épices et de viande grillée : ma grand-mère cuisinait, elle ne faisait plus que cela, pendant des heures ; je crois que ces moments la rendaient heureuse car ils lui rappelaient ceux passés avec sa mère dans son pays. Elle pétrissait la pâte, en entonnant des chants traditionnels, avec son éternel sourire.

Adaptation AVIGNON OFF2019

Marx et la poupée

à la découverte de ...

IRAN RADIO au fil des époques

L'IRAN

Maryam MADJIDI

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