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La fuite du temps dans Alcools

Quelle place occupe le thème de la fuite du temps dans le recueil Alcools ?

La mort, la fuite du temps et la nostalgie sont des thèmes corollaires dans Alcools. Ils sont présents à travers le symbole des saisons : l'automne présage la mort avec “Signe”, “Loreley”, “Automne”, Rhénane d'automne”, “automne malade”, “Colchiques”. L'hiver, qui symbolise la mort, accomplit ce que l'automne annonce. Mais ces thèmes transparaissent également au travers de la figure du Phénix (qui renaît de ses cendres), dusymbole de l'eau et de la noyade (“Chanson”), et de l'eau qui coule comme dans “Le Pont Mirabeau”, dans lequel la nostalgie de l'amour passé est omniprésente, ainsi qu'à travers la religion, dans “Zone”: "C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche”(vers 39). Un écroulement et une fuite du temps inexorable sont représentés par une rupture brutale que constitue la mort avec les morts violentes ou tragiques de “Zone”, “Brasier”, "L’Émigrant de Lander Road” et “Fiançailles” ou encore des poèmes tels que Crépuscule”, “Nuits Rhénanes” ou “La maison des morts”. La fuite du temps montre que tout passe et que la vie continue. Elle est le symbole du dépérissement des choses et de leur succession comme passe l'eau du fleuve ramenant la nostalgie et les souvenirs.

Ouvrez les guillemets :

La mort, la fuite du temps et la nostalgie sont des thèmes corollaires dans Alcools. Ils sont présents à travers le symbole des saisons : l'automne présage la mort avec “Signe”, “Loreley”, “Automne”, Rhénane d'automne”, “automne malade”, “Colchiques”. L'hiver, qui symbolise la mort, accomplit ce que l'automne annonce. Mais ces thèmes transparaissent également au travers de la figure du Phénix (qui renaît de ses cendres), dusymbole de l'eau et de la noyade (“Chanson”), et de l'eau qui coule comme dans “Le Pont Mirabeau”, dans lequel la nostalgie de l'amour passé est omniprésente, ainsi qu'à travers la religion, dans “Zone”: "C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche”(vers 39). Un écroulementet une fuite du temps inexorable sont représentés par une rupture brutale que constitue la mortavec les morts violentes ou tragiques de “Zone”, “Brasier”, "L’Émigrant de Lander Road” et “Fiançailles” ou encore des poèmes tels que Crépuscule”, “Nuits Rhénanes” ou “La maison des morts”. La fuite du temps montre que tout passe et que la vie continue. Elle est le symbole du dépérissement des choses et de leur succession comme passe l'eau du fleuve ramenant la nostalgie et les souvenirs.

"Une épouse me suit c'est mon ombre fataleLes colombes ce soir prennent leur dernier vol"- Signe -"Oh! l'automne l'automne a fait mourir l'été"- Automne -"Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vieTa vie que tu bois comme une eau-de-vie"- Zone -"Il regarda longtemps des rives qui moururentSeuls des bateaux d'enfants tremblaient à l'horizon"- L’Émigrant de Landor Road -"Violâtres comme leur cerne et comme cet automneEt ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne"- Les colchiques -"Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âgeTu as souffert de l'amour à 20 et à 30 ansJ'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps"- Zone -

Nature morte à nappe à carreaux, Juan Gris

Apollinaire et le cubisme

Pourquoi cette peinture ?

Apollinaire a largement été influencé par le mouvement cubiste qu'il a défendu avec ferveur. Selon lui, le cubisme présente une vision intérieure du monde, où les perspectives sont éclatées pour exprimer la multiplicité des points de vue et le perpétuel mouvement des choses. L'amour d'Apollinaire pour le cubisme traduit sa passion pour la modernité. Dans la foulée d'Alcools, Apollinaire publie Méditations esthétiques, recueil de ses articles et de ses conférences sur la peinture. L'ouvrage s'impose comme un manifeste pour la modernité esthétique aussi bien que poétique. Pour Apollinaire, tous les arts doivent se répondre : la poésie doit s'inspirer de la peinture et inversement.Celui-ci s'est d'ailleurs lié d'amitié avec Picasso, lui-même très proche de Juan Gris.

Cet peinture est une huile sur toile a été réalisé en 1915 par l'artiste cubiste Juan Gris (1887-1927). Celui-ci était un proche ami de Picasso, lui-même proche d'Apollinaire. Sur cette toile, on peut voir la destructuration de l'image propre au cubisme, qui évoque une distorsion de l'espace et du temps. Les éléments les plus banals sont mis en valeur comme le raisin ou le journal. Ce dernier n'est d'ailleurs pas sans rappeler le vers d'Apollinaire : "Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux", Zone. La poésie et l'esthétique se trouve ici dans l'absurde et le banal du quotidien, en rupture totale avec l'art traditionnel. La beauté de cette toile réside aussi bien dans ses couleurs et dans ses formes géométrique que dans son message.