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Combats de femmes, femmes au combat

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INDEX

Olympe de Gouges

Le mythe de Cendrillon

Bibliographie

Vidéos

Introduction

La période 1880-1945

Un peu d'histoire

Marivaux

Que nous disent les images de la place de la femme dans la société ?

Que nous disent les images de la place de la femme dans la société ?

Féminisme, rien n'est acquis !

+ info

1907

La loi accorde aux femmes mariées la libre disposition de leur salaire.

1938

Suppression de l’incapacité civile des femmes.

1944

Ordonnance accordant le droit de vote et d’éligibilité aux femmes.

1965

Loi de réforme des régimes matrimoniaux qui autorise les femmes à exercer une profession sans autorisation maritale et à gérer leurs biens propres.

1975

Instauration du divorce par consentement mutuel. Obligation de la mixité scolaire. La loi Veil autorise l’IVG (interruption volontaire de grossesses) pour une période probatoire de 5 ans.

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1907 : La loi accorde aux femmes mariées la libre disposition de leur salaire.1909 :Institution d’un congé de maternité de 8 semaines sans rupture de contrat mais sans traitement.1924 : Les programmes de l’enseignement secondaire ainsi que le baccalauréat deviennent identiques pour les filles et les garçons.1928 : Congé de maternité de deux mois à plein traitement pour toutes les salariées de la fonction publique.1936 : Premières femmes sous-secrétaires d’Etat.1938 :Suppression de l’incapacité civile des femmes.1944 : Ordonnance accordant le droit de vote et d’éligibilité aux femmes.1946 : Le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines est désormais inscrit dans le préambule de la Constitution.1947 :Première femme nommée ministre (santé publique et population).1965 : Loi de réforme des régimes matrimoniaux qui autorise les femmes à exercer une profession sans autorisation maritale et à gérer leur biens propres.1967 :Loi Neuwirth qui autorise la contraception.1970 : Le congé maternité est indemnisé à 90% par l’Assurance maternité.Création d’un congé parental d’éducation et suppression de la notion de « chef de famille ».1972 : Le principe de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est inscrit dans la loi.1973 :La mère peut transmettre sa nationalité à son enfant légitime ou naturel.1975 :Instauration du divorce par consentement mutuel.Obligation de la mixité scolaire.La loi Veil autorise l’IVG (interruption volontaire de grossesses) pour une période probatoire de 5 ans.1979 :Une nouvelle loi sur l’IVG rend définitive les dispositions de la loi de 1975.1981 : Loi sur le viol qui redéfinit l’agression sexuelle.1982 : IVG remboursé par la sécurité sociale.1983 : Loi Roudy sur l’égalité professionnelle.1985 :Le congé d’éducation parentale est ouvert à l’un ou l’autre des parents salariés.Loi relative à l’égalité des époux dans la gestion des biens de la famille et des enfants.1987 : Loi instituant l’autorité parentale conjointe pour les enfants naturels ou de parents divorcés.1990 :Autorisation de l’utilisation du RU 486, technique médicamenteuse de l’IVG.La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux.1992 :Loi sanctionnant le harcèlement sexuel dans les relations de travail.1993 :La loi dépénalise l’auto-avortement et crée le délit d’entrave à l’IVG.1995 :Création de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.1999 :Modification des articles 3 et 4 de la Constitution pour introduire l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.2000 :Loi de mise en oeuvre sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux.Loi relative à la contraception d’urgence qui ne la soumet plus à une prescription obligatoire.2001 : Loi Génisson sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes qui vise à développer le dialogue social sur ce sujet dans la branche et l’entreprise.Loi qui allonge le délai légal au recours à l’IVG de 10 à 12 semaines.Loi relative à la lutte contre les discriminations à l’emploi qui précise notamment le régime juridique de la preuve.2002 : Loi sur la transmission du patronyme qui autorise la transmission du nom de la mère ou du père ou des deux aux enfants.2004 :Loi relative au divorce: protection du conjoint victime de violence.2006 :Loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.Loi sur la prévention et la répression des violences au sein du couple.2007 :Loi sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.2008 :Loi du 27 mai 2008 portant adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : parmi les motifs, « maternité y compris congé maternité ».Modification de l’article 1er de la Constitution qui dispose désormais que «la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales».2008 :Loi du 26 février 2008 facilitant l’égal accès des femmes et des hommes au mandat de conseiller général Le ou la remplaçante n’était appelé à remplacer la ou le titulaire du mandat de façon automatique que lorsque le poste devenait vacant, en cas de décès, de présomption d’absence au sens de l’article 112 du code civil et de nomination au Conseil constitutionnel. Dans les autres cas, il restait nécessaire de procéder à une élection partielle. La loi du 26 février 2008 étend ce remplacement automatique au cas où le poste devient vacant après la démission du conseiller ou de la conseillère générale pour cause de cumul de mandats.2008 :Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République: vers la parité dans les responsabilités professionnelles et sociales. L’article 1er de la Constitution est complété par un alinéa ainsi rédigé: «La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.»2010 : Loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, créée l’ordonnance de protection des victimes et la sanction de sa violation, le retrait total de l’autorité parentale pour les personnes condamnées comme auteur, co-auteur ou complice d’un crime sur la personne de l’autre parent et définit le délit de violence psychologique.La loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites prévoit la possibilité de partir en retraite sans décote à 65 ans au lieu de 67 pour un public ciblé. Conformément aux dispositions de l’article 99, les entreprises qui ne sont pas couvertes par un accord ou un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle seront sanctionnées.2011 :La loi du 27 janvier 2011 relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle prévoit que la proportion des membres du conseil d’administration ou de surveillance de chaque sexe ne peut pas être inférieure à 20% au terme d’un délai de 3 ans à compter de la promulgation de la loi; puis de 40% dès le deuxième renouvellement du conseil à compter de la promulgation et dans un délai de 6 ans à compter de la promulgation de la loi.2012 :Décret n° 2012-1408 du 18 décembre 2012, relatif à la mise en œuvre des obligations des entreprises pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce décret renforcé le dispositif de pénalité qui pèse sur les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité professionnelle. Ce décret, qui s’applique à toutes les entreprises de 50 salariés et plus, a fait l’objet d’une large concertation dans le cadre du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle. Il renforce les exigences vis-à-vis des entreprises en augmentant le nombre de thèmes devant être traités dans la négociation ou dans les plans d’action. Il rend en particulier obligatoire celui de la rémunération. Par ailleurs, Les entreprises auront désormais l’obligation de déposer auprès des services de l’Etat leurs plans d’action. En outre, le décret introduit une primauté de la négociation sociale pour les entreprises de 300 salariés et plus qui ne pourront adopter de plan d’action unilatéral qu’en cas d’échec attesté des négociations.Loi n° 2012-954 du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel qui définit le harcèlement sexuel.Loi n°2012-347 du 12 mars 2012 relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction publique. Cette loi contient des dispositions relatives à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, notamment l’instauration d’objectifs chiffrés à 40% de chaque sexe dans les nominations à venir aux emplois supérieurs, au sein des conseils d’administration et de surveillance ou les organes équivalents des Établissements publics, des conseils supérieurs, des commissions administratives paritaires, des jurys et des comités de sélection au plus tard d’ici 2018.2013 :Décret n° 2013-248 du 25 mars 2013 relatif à la participation des assurés prévue à l’article L.322-3 du code de la sécurité sociale pour les frais liés à une interruption volontaire de grossesse et à l’acquisition de contraceptifs par les mineures. Ce décret établit le remboursement à 100% du forfait IVG par l’Assurance maladie, ainsi que la gratuité des contraceptifs médicaux pour les mineures âgées de plus de 15 ans.Loi n° 2013-702 du 2 août 2013 relative à l’élection des sénateurs. Le scrutin de liste est de nouveau appliqué dans les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, ce qui représente environ 73% des sièges. De plus, dans les communes de plus de 1 000 habitant-e-s, les conseils municipaux élisent un certain nombre de délégués qui iront siéger au collège électoral qui élit les sénateurs. Désormais, les listes devront être composées alternativement d’un candidat de chaque sexe.Loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche. La loi prévoit la parité en proposant une alternance femmes-hommes des listes électorales et des nominations aux instances de gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.Loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral. La loi réforme le scrutin pour l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifie le calendrier électoral : Désormais, les communes de 1 000 habitant-e-s et plus élisent leur conseil municipal au scrutin de liste sans vote préférentiel ni panachage, en respectant l’alternance stricte femmes-hommes. Lors des élections municipales, les conseiller-ère-s communautaires sont également élu-e-s. Les élections des conseiller-ère-s départementaux-ales (anciennement généraux) se font au scrutin binominal : sur chaque canton doit se présenter un binôme femme-homme. De fait, le nombre de cantons a été divisé par deux. Les exécutifs départementaux sont eux aussi soumis à une exigence paritaire.2014 :Loi organique du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur et loi du 14 février 2014 interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de représentant au Parlement européen. La loi revient sur le cumul des mandats. Les parlementaires (députés et sénateurs) et les députés européens ne peuvent désormais plus exercer, en plus de leur mandat national, celui d’un exécutif local. Cette loi constitue une opportunité de renouveler le personnel politique et donne l’occasion aux partis politiques de favoriser une meilleure représentation des femmes.Loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, vise à combattre les inégalités entre hommes et femmes dans les sphères privées, professionnelle et publique.

Petite histoire du droit des femmes

Le droit de vote des femmes

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VIdeo

Olympe de Gouges

PRÉAMBULELes mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne:Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.Article 2 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme. Ces droits sont: la liberté, la prospérité, la sûreté et surtout la résistance à l’oppression.Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme ; nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.Article 4 La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.Article 5 Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société ; tout ce qui n’est pas défendu par ces lois sages et divines ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.Article 6 La loi doit être l’expression de la volonté générale: toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens étant égaux à ses yeux doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.Article 7 Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi: les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse.Article 8 La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nulle ne peut être punie qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée aux femmes.Article 9 Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi.Article 10 Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.Article 11 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers leurs enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement: je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans des cas déterminés par la loi.Article 12 La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est conférée.Article 13 Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions des femmes et des hommes sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles, elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.Article 14 Les citoyennes et citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique. Les citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’Administration publique et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôt.Article 15 La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.Article 16 Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. La constitution est nulle si la majorité des individus qui composent la Nation n’a pas coopéré à sa rédaction.Article 17 Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés : elles sont pour chacun un droit inviolable et sacré ; nul ne peut être privé comme vrai patrimoine de la nature, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

la colonie

Marivaux

"Il n'y a point de nation qui ne se plaigne des défauts de son gouvernement ; d'où viennent-ils, ces défauts ? C'est que notre esprit manque à la terre dans l'institution de ses lois, c'est que vous ne faites rien de la moitié de l'esprit humain que nous avons, et que vous n'employez jamais que la vôtre, qui est la plus faible."

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Un groupe d’hommes et de femmes est isolé sur une île. Les hommes décident d’établir une constitution, sans demander leur avis aux femmes. Les femmes s’inquiètent du statut qui leur est réservé. Arthénice est une femme noble, Mme Sorbin une femme d’artisan. Hermocrate et Timagène sont deux hommes nobles. ARTHÉNICE. - Messieurs, daignez répondre à notre question ; vous allez faire des règlements pour la république, n'y travaillerons-nous pas de concert ? A quoi nous destinez-vous là-dessus ? HERMOCRATE. - A rien, comme à l'ordinaire. UN AUTRE HOMME. - C'est-à-dire à vous marier quand vous serez filles, à obéir à vos maris quand vous serez femmes, et à veiller sur votre maison : on ne saurait vous ôter cela, c'est votre lot. MADAME SORBIN. - Est-ce là votre dernier mot ? Battez tambour ; (et à Lina) et vous, allez afficher l'ordonnance à cet arbre. (On bat le tambour et Lina affiche.) HERMOCRATE. - Mais, qu'est-ce que c'est que cette mauvaise plaisanterie-là ? Parlez-leur donc, seigneur Timagène, sachez de quoi il est question. TIMAGÈNE. - Voulez-vous bien vous expliquer, Madame ? MADAME SORBIN. - Lisez l'affiche, l'explication y est. ARTHÉNICE. - Elle vous apprendra que nous voulons nous mêler de tout, être associées à tout, exercer avec vous tous les emplois, ceux de finance, de judicature et d'épée. HERMOCRATE. - D'épée, Madame ? ARTHÉNICE. - Oui d'épée, Monsieur ; sachez que jusqu'ici nous n'avons été poltronnes que par éducation. MADAME SORBIN. - Mort de ma vie ! qu'on nous donne des armes, nous serons plus méchantes que vous ; je veux que dans un mois, nous maniions le pistolet comme un éventail : je tirai ces jours passés sur un perroquet, moi qui vous parle. ARTHÉNICE. - Il n'y a que de l'habitude à tout. MADAME SORBIN. - De même qu'au Palais à tenir l'audience, à être Présidente, Conseillère, Intendante, Capitaine ou Avocate. UN HOMME. - Des femmes avocates ? […]HERMOCRATE. - Seigneur Timagène, donnez vos ordres, et délivrez-nous de ces criailleries. TIMAGÈNE. - Madame... ARTHÉNICE. - Monsieur, je n'ai plus qu'un mot à dire, profitez-en ; il n'y a point de nation qui ne se plaigne des défauts de son gouvernement ; d'où viennent-ils, ces défauts ? C'est que notre esprit manque à la terre dans l'institution de ses lois, c'est que vous ne faites rien de la moitié de l'esprit humain que nous avons, et que vous n'employez jamais que la vôtre, qui est la plus faible. Marivaux, La Colonie, 1750

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1877 Hubertine AUclert

Hubertine Auclert (1848-1914) est une journaliste et militante féministe qui combat pour le droit de vote des femmes.

Malgré les bienfaits de notre Révolution de 1789, deux sortes d’individus sont encore asservis : les prolétaires et les femmes

Femmes de France !Malgré les bienfaits de notre Révolution de 1789, deux sortes d’individus sont encore asservis : les prolétaires et les femmes. Le prolétaire succombe sous le faix du travail qui lui procure parcimonieusement un morceau de pain, sans possibilité d’économie ou de réserve pour sa vieillesse. Aussi, en dépit du lustre et de la richesse qu’il a contribué à donner à sa patrie, il meurt fatalement de misère. La femme prolétaire a un sort bien plus déplorable encore. Pour faire la même besogne que l’homme, elle est payée deux fois moins que lui. Aussi, souvent, si honnête soit-elle, il lui faut trafiquer de son corps pour ne pas mourir de faim. À cela se joint, pour elle comme pour toutes les autres femmes, des vexations et des injustices de toutes sortes. Nous n’avons aucun droit. Si préoccupés que nous soyons du gouvernement de notre pays, nous sommes impitoyablement repoussées de toutes les assemblées, tant électives que législatives. […]Nous comptons moins que rien dans l’État. L’homme qui joint le plus de sottise au plus d’ignorance compte plus en France que la femme la plus instruite ; il peut nommer ses législateurs, la femme ne le peut pas ; elle est un être à part qui naît avec beaucoup de devoirs et pas de droits. […]La femme est incapable pour les actes de la vie sociale et politique ; on l’assimile aux interdits et aux fous ; mais quand elle s’écarte de la loi, elle est tout aussi sévèrement punie que l’homme en pleine possession de ses capacités. Toute carrière libérale nous est fermée ; nous ne devons nous immiscer dans aucune administration financière ; mais le fisc nous trouve bonnes pour payer des impôts que notre sexe n’a pas été admis à discuter. Des deux individus lésés par notre Code, l’un des deux s’est levé pour conquérir ses droits ; c’est le prolétaire. Il s’est réuni en Congrès ; il a jeté au monde ce grand cri : « Je veux être libre ! ». Nous avons suivi ses travaux, et encore tout électrisés du feu de leur action, nous venons vous dire : Femmes de France, nous aussi, nous avons des droits à revendiquer ; il est temps de sortir de l’indifférence et de l’inertie, pour réclamer contre les préjugés et les lois qui nous humilient. Unissons nos efforts, associons-nous ; l’exemple des prolétaires nous sollicite ; sachons nous émanciper comme eux ! Que les femmes qui désirent sincèrement conquérir leur place dans la vie sociale et dans la vie politique, veuillent bien m’adresser leur adhésion. La porte est ouverte à toutes les initiatives, aux citoyennes, comme aux citoyens qui voudraient nous apporter leur concours. Quand nous aurons un certain nombre d’inscrits, nous verrons à nous réunir, afin de prendre les voies et les moyens les plus pratiques pour arriver à notre affranchissement.Hubertine Auclert, divers journaux français, 1877

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1914 L'appel de René Viviani

Au début du mois d'août 1914, le président du Conseil René Viviani lance un appel aux femmes françaises pour remplacer aux champs les hommes partis au combat.

Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille.

Appel de René Viviani aux femmes françaises le 6 août 1914.« Aux Femmes françaises, La guerre a été déchaînée par l'Allemagne, malgré les efforts de la France, de la Russie, de l'Angleterre pour maintenir la paix. A l'appel de la Patrie, vos pères, vos fils, vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l'armée de tous ceux qui peuvent porter les armes, laisse les travaux des champs interrompus : la moisson est inachevée le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la nation tout entière groupée derrière lui, je fais appel à votre vaillance, à celle des enfants que leur âge seul, et non leur courage, dérobe au combat. Je vous demande de maintenir l'activité des campagnes, de terminer les récoltes de l'année, de préparer celles de l'année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la patrie un plus grand service. Ce n'est pas pour vous, c'est pour elle que je m'adresse à votre cœur. Il faut sauvegarder votre subsistance, l'approvisionnement des populations urbaines et surtout l'approvisionnement de ceux qui défendent la frontière, avec l'indépendance du pays, la civilisation et le droit. Debout, donc, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie ! Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer, demain, la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n’y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime. Tout est grand qui sert le pays. Debout ! A l’action ! A l’œuvre ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde. »Article paru dans le Figaro du 7 août 1914

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1915 Marcelle Tinayre

Marcelle Tinayre grandit dans une famille bourgeoise où les femmes sont instruites et anticonformistes. Elle est l’une des premières collaboratrices du quotidien féministe La Fronde et une romancière qui connaît le succès dès son premier roman

Faisons confiance aux Françaises. Elles ont toujours su remplir leurs devoirs dans le passé, et nous n’avons pas à leur donner de leçons.

- Je plains les femmes … Mais Leclercq dit vrai : quand on va où nous devons aller, il ne faut pas tourner la tête. […] Leclercq dit que le rôle des femmes était simple - Qu’elles se taisent d’abord !… Je vous demande pardon madame, de cette franchise brutale… Pas de manifestations de suffragettes ! Le devoir des femmes, en temps de guerre, consiste à gouverner la maison, à élever les enfants, à soigner les blessés. Le reste nous regarde. - Vous êtes bien sévère pour nous, dit Simone. Il me semble que si tous les hommes partent, les femmes devront entretenir la vie du pays, sous des formes diverses que nous ne pouvons même pas prévoir. Très modestement, très dignement, elles seront, comme vous, au service de la France… Et soyez tranquilles ! Elles cacheront leurs larmes. Elle parlait sans regarder François mais elle ne s’adressait qu’à lui et elle attendait une approbation chaleureuse. Il dit seulement : - Faisons confiance aux Françaises. Elles ont toujours su remplir leurs devoirs dans le passé, et nous n’avons pas à leur donner de leçons. Ce débat est bien inutile. […] Alors, la jeune femme se tut. […] Dans la guerre, les femmes voient l’envers de la guerre. Depuis des millénaires, les hommes s’égorgent pour des causes justes ou injustes ; mais ces causes dépendent d’eux seuls, et jamais la menace de mort n’est venue des femmes qui soignent les blessés et refont les générations. […] Il n’en est pas une qui ne pense aux soldats abandonnés dans les sillons, à ceux qui agonisent sur un grabat d’hôpital, aux orphelins errants, et à toutes les mères, de toutes les nations, qui ont enfanté dans la douleur, allaité dans la fatigue, nourri, soigné, élevé pendant vingt ans les beaux jeunes hommes promis à la mort. « Le Départ », Marcelle Tinayre, La revue de Paris, mars 1915

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1916 Emile Faguet

Emile Faguet est un critique littéraire indépendant, il collabore à de nombreux périodiques dont le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes et la Revue latine. En 1900, il est élu membre de l'Académie française.

La vie féminine est devenue la vie héroïque, ou, tout au moins, la vie grave, la vie noble et la vie courageuse.

Lorsque, il y a un quart de siècle, les premiers mouvements féministes se firent sentir, on dit ça et là : « mais c’est une insurrection ! » Je répondis immédiatement : « Oui, bien, c’est une insurrection des femmes : mais c’est une insurrection des femmes contre elles-mêmes. C’est-à-dire contre les défauts où elles se sont complues, que les hommes ont activement cultivés en elles et qu’elles ne veulent plus avoir. Elles étaient coquettes, elles ne veulent plus l’être : elles veulent être droites et dignes. Elles étaient frivoles, elles ne veulent plus l’être, elles veulent être sérieuses et appliquées à la tâche. Elles étaient, ou plutôt, elles se faisaient craintives et timorées, elles veulent être courageuses et braves et pour ce qui est de cela, elles peuvent dire comme Nietzche « Nous voulons devenir ce que nous sommes ». Ainsi de suite. […] » Je crois que j’avais à peu près raison. En tout cas, la période historique que nous venons de traverser et que nous traversons encore semble bien vérifier mes propos de 1890. Depuis 18 mois bientôt, coquetterie, frivolité, pusillanimité, enfantillage, maniérisme semblent bien loin et tout à fait sortis des mœurs féminines. Du jour au lendemain, des femmes ont pris une place énorme et une place toute nouvelle et une place d’honneur dans la vie de la nation. La vie féminine est devenue la vie héroïque, ou, tout au moins, la vie grave, la vie noble et la vie courageuse. Les femmes sont devenues infirmières et souvent sont mortes des maladies contractées au chevet des blessés ; les femmes ont été ouvrières au service des combattants et se sont épuisées de labeur et de veille dans cet office. […] Se faisant, elles ont fait leurs preuves et ont donné leurs preuves. Elles ont prouvé qu’elles étaient les égales des meilleurs, des plus braves, des plus vaillants des hommes. Dans un autre ordre d’idées et de faits les femmes ont remplacé, au magasin, à la boutique, à l’atelier, dans les administrations, les hommes qui manquaient […]. Les femmes françaises depuis deux ans démontrent par le fait, l’égalité de la femme et de l’homme. […] La période 1914-1916 sera donc la date historique, pour la France du moins, de l’avènement de la femme, ou plutôt de son avatar. Elle s’élève et parait à la lumière sous une nouvelle forme et avec une nouvelle valeur. Elle n’était rien, elle devient quelque chose et quelque chose de très considérable, de très grand et de très haut.Emile Faguet, in La Vie féminine, journal dirigé par Valentine Thomson, 26 février 1916.

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1944 Lucie Aubrac

Lucie Aubrac a lutté toute sa vie contre les injustices. Pendant la seconde guerre mondiale, elle devient résistante. Elle se bat pour que la France, occupée par les Allemands, retrouve la liberté.

Nous savons, nous , femmes de France , nous qui connaissons le prix de la vie, qu’il faut nos pleurs , nos souffrances et notre sang pour que naisse le beau monde de demain .

20 avril 1944. 21 heures 25. Honneur et patrie. « Le Conseil National de la Résistance a lancé un appel à la conscience mondiale pour que soient connues les terribles conditions de vie et de mort que l’Allemagne fait subir aux patriotes français. Il signale dans son appel les 270 femmes françaises mortes au camp d’Auschwitz en Silésie ; 270 sur 347 qui y furent déportées en janvier 1943, 270 femmes françaises dont certaines paient le crime d’être veuves d’otages fusillés à Paris. A cette longue liste il faut ajouter toutes celles qui, en France même, dans les prisons de Vichy et dans les prisons allemandes, connaissent souvent le même sort. « La guerre est l’affaire des hommes ». Mais les Allemands, qui ont menacé des femmes et asphyxié des enfants, ont fait que cette guerre est aussi l’affaire des femmes. Mais les Allemands et la police de Vichy ne connaissent pas le droit international et cette guerre est aussi l’affaire des femmes. Nous, les femmes de France – je dis « nous » car il y a deux mois seulement que j’ai quitté mon pays, nous, les femmes de France, avons dès l’armistice pris notre place dans ce combat. Notre foyer disloqué, nos enfants mal chaussés, mal vêtus, mal nourris ont fait de notre vie depuis 1940 une bataille de chaque instant contre les Allemands. Bataille pour les nôtres, certes, mais aussi bataille de solidarité pour tous ceux qu’a durement touchés l’occupation nazie. La grande solidarité des femmes de France : ce sont les petits enfants juifs et les petits enfants de patriotes sauvés des trains qui emmènent leurs parents vers les grands cimetières d’Allemagne et de Pologne ; ce sont dans les prisons et les camps de concentration en France les colis de vivres, les cigarettes, le linge nettoyé et raccommodé , qui apportent aux patriotes entassés derrière les murs un peu d’air civilisé et d’espoir ; ce sont les collectes de vêtements et de vivres qui permettent aux jeunes hommes de gagner le maquis ; ce sont les soins données à un garçon blessé dans un engagement avec les Allemands . Et puis maintenant que tout le pays est un grand champ de bataille, les femmes de France assurent la relève des héros de la Résistance. Dans la Grande Armée sans uniforme du peuple français, la mobilisation des femmes les place à tous les échelons de la lutte : dactylos, messagères, agents de liaison, volontaires même dans les rangs de groupes francs et de Francs-Tireurs, patiemment, modestement, les femmes de France menèrent le dur combat quotidien. Vous n’êtes qu’un prénom, Jeannette ou Cécile, mais arrêtées, torturées, déportées, exécutées, vous restez dures et pures, sans confidence pour le bourreau. N’est-ce pas vous héroïne anonyme qui, arrêtée par la Gestapo, frappée au visage, défigurée, un œil perdu, vous évanouissant aux terribles coups de cravache sur le haut des cuisses, êtes restée silencieuse ? Ils vous ont enfermée avec les prostituées, sans soins pour vos plaies infectées. C’est peut-être dans la cellule voisine que mourut Thérèse Pierre, les reins brisés par la torture, que Mme Albrecht attendit la hache du bourreau … Battues , méprisées , toutes seules devant la souffrance et la mort , si notre martyrologue est long , nous savons , nous , femmes de France , nous qui connaissons le prix de la vie, qu’il faut nos pleurs , nos souffrances et notre sang pour que naisse le beau monde de demain . »Lucie Aubrac, Discours à la BBC du 20 Avril 1944

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1945 Le journal d'anne frank

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas, Anne Frank, qui est juive, se cache pour échapper aux nazis. Après deux ans elle est découverte. Anne décède en 1945 à Bergen-Belsen.

Pourquoi par le passé, et souvent aussi maintenant, la femme a-t-elle occupé une place beaucoup moins importante que l’homme dans la société ?

Le 15 juin 1944 A plusieurs reprises déjà, une des nombreuses questions que je me pose est venue tourmenter mes pensées, pourquoi par le passé, et souvent aussi maintenant, la femme a-t-elle occupé une place beaucoup moins importante que l’homme dans la société ? Tout le monde peut dire que c’est injuste mais cela ne me satisfait pas, j’aimerais tant connaître la cause de cette grande injustice ! On peut concevoir que l’homme, grâce à sa plus grande force physique, a depuis le départ exercé sa domination sur la femme ; l’homme gagne sa vie, l’homme engendre les enfants, l’homme a le droit de tout faire… Il faut dire que les femmes sont idiotes de s’être tranquillement laissé imposer cette règle jusqu’à récemment car plus celle-ci se perpétue à travers les siècles, plus elle s’enracine. Heureusement, les femmes ont quelque peu ouvert les yeux grâce à l’école, au travail et au développement. Dans beaucoup de pays, les femmes ont obtenu l’égalité des droits ; beaucoup de gens, des femmes surtout mais aussi des hommes, s’aperçoivent maintenant à quel point cette division du monde, en place depuis si longtemps, était injuste, et les femmes modernes exigent des droits pour parvenir à une indépendance totale ! Mais cela ne suffit pas, le respect de la femme, voilà ce qu’on attend encore ! De manière générale, dans toutes les parties du globe, l’homme suscite l’admiration ; pourquoi la femme n’a-t-elle pas le droit de bénéficier, en priorité, d’une part de cette admiration ? […] Je ne veux absolument pas dire que les femmes doivent s’opposer à mettre des enfants au monde […] je condamne simplement les hommes et tout le fonctionnement du monde, qui n’ont jamais voulu prendre conscience du rôle important, difficile mais en fin de compte magnifique, lui aussi, que joue la femme dans la société. […] Je pense que la conception selon laquelle la femme a le devoir de mettre les enfants au monde se modifiera au cours du prochain siècle et fera place à du respect et de l’admiration pour celle qui, sans renâcler et sans faire de grandes phrases, prend de tels fardeaux sur ses épaules.Le Journal D’Anne Frank

L'emancipation des femmes pendant la première guerre mondiale

Témoignage d'une femme résitante pendant la seconde guerre mondiale

Le mythe de cendrillon

Simone de Beauvoir

"Tout engage les femmes à vouloir ardemment plaire aux hommes. Elles sont encore dansl'ensemble en situation de vassalité. Il s'ensuit que la femme se connaît et se choisit non en tantqu'elle existe pour soi mais telle que l'homme la définit"

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Les antiféministes tirent de l'examen de l'histoire deux arguments contradictoires : 1) les femmes n'ont jamais créé de grand ; 2) la situation de la femme n'a jamais empêché l'épanouissement des grandes personnalités féminines. Il y a de la mauvaise foi dans ces deux affirmations ; les réussites de quelques privilégiées ne compensent ni n'excusent l'abaissement systématique du niveau collectif ; et que ces réussites soient rares et limitées prouve précisément que les circonstances leur sont défavorables. On ouvre aux femmes les usines, les facultés, les bureaux mais on continue à considérer que le mariage est pour elle une carrière des plus honorables qui la dispense de toute autre participation à la vie collective. Comme dans les civilisations primitives, l’acte amoureux est chez elle un service qu’elle a le droit de se faire plus ou moins directement payer… Et la femme mariée est autorisée à se faire entretenir par son mari ; elle est en outre revêtue d’une dignité sociale très supérieure à celle de la célibataire… Comment le mythe de Cendrillon ne garderait-il pas toute sa valeur ? Tout encourage encore la jeune fille à attendre du « prince charmant » fortune et bonheur plutôt qu’à en tenter seule la difficile et incertaine conquête. En particulier, elle peut espérer accéder grâce à lui à une caste supérieure à la sienne, miracle que ne récompensera pas le travail de toute sa vie. Mais un tel espoir est néfaste parce qu’il divise ses forces et ses intérêts ; c’est cette division qui est peut-être pour la femme le plus grave handicap. Les parents élèvent encore leur fille en vue du mariage plutôt qu’ils ne favorisent son développement personnel ; elle y voit tant d’avantages qu’elle le souhaite elle-même ; il en résulte qu’elle est souvent moins spécialisée, moins solidement formée que ses frères, elle s’engage moins totalement dans sa profession ; par-là elle se voue à y rester inférieure ; et le cercle vicieux se noue : cette infériorité renforce son désir de trouver un mari (…) Tant que subsistent les tentations de la facilité (…) elle aura besoin d’un effort moral plus grand que le mâle pour choisir le chemin de l’indépendance. On n’a pas assez compris que la tentation aussi est un obstacle et même un des plus dangereux. Ici elle se double d’une mystification puisque en fait il y aura une gagnante sur des milliers à la loterie du beau mariage (…) Tout engage les femmes à vouloir ardemment plaire aux hommes. Elles sont encore dans l’ensemble en situation de vassalité. Il s’ensuit que la femme se connaît et se choisit non en tant qu’elle existe pour soi mais telle que l’homme la définit. Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, 1949Le complexe de CendrillonEn cause : des idées implicites. Les managers considèrent qu'à l'âge de la maternité, une femme n'est pas assez motivée pour prétendre à une progression de carrière. Un préjugé que les femmes elles-mêmes ont parfois intégré au point de se mettre en retrait. S'ajoute à cela le fameux « complexe de Cendrillon », selon l'expression de Colette Dowling.Tapi quelque part dans l'inconscient des femmes, il trouve son origine dans l'éducation différenciée des filles et des garçons. Tandis que les jeux et les livres des petits garçons leur apprennent à conquérir le monde, les filles apprennent à attendre… Le prince, puis l'homme, puis le patron, puis la promotion. Adultes, les femmes attendent d'être reconnues tandis que les hommes mènent le combat de places. Par Isabelle Germain, Publié le 30 juin 2008 dans Le Figaro

BIBLIOGRAPHie

Les femmes et la science

Femmes et histoire

1

2

4

3

5

Classiques

Dystopies et uchronies

Autres

Ces femmes incroyables qui ont changé le monde Albumde Kate PankhurstHistoires du soir pour filles rebelles tome 1 Album –de Elena Favilli, Francesca Cavallo Culottéesde Pénélope BagieuJ'aimerais te parler d'ellesSophie Carquain, Pauline Duhamel, Albin MichelLa revanche des princessesRoman dès 6 ans (broché)

Ceux qui sauront, Pierre Bordage (littérature jeunesse)La servante écarlate, Atwood

Dans les yeux d'Anouch. Arménie, 1915parRoland Godel,Marcelino Truong· Gallimard JeunesseLa Révolution d'Aurore, 1713 aux côtés d’Olympe de GougesparCatherine Cuenca,Gigi Prince· NathanLes Conquérantes - tome 1 Les Chaînes (1890-1930)parAlain Leblanc· French PulpLes Conquérantes - tome 2 La Résistance (1930-1960)parAlain Leblanc· French PulpFemmes en résistance, Tome 1 : Amy JohnsonFemmes en résistance, Tome 3 : Berty AlbrechtFemmes en résistance, Tome 2 : Sophie SchollLa Résistance expliquée à mes petits-enfantsparLucie Aubrac· Le SeuilCelle qui voulait conduire le tramCatherine cuenca, Talents Hauts - les héroïques, 2017Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, Journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, juillet 1914 - novembre 1918Sophie HumannGallimard Jeunesse (dès 9 ans)Dans l'ourlet de nos jupesde Florence CADIER, Talents Hauts - les héroïques, 2017D'un combat à l'autre, les filles de Pierre et Marie Curiepar Béatrice Nicodème, Raphaël Gauthey · NathanLe choix d'Adélie, Brochéde Catherine CuencaJournal d'Eulalie - Amour de Guerre Brochéde Catherine Cuenca La marraine de guerreCatherine Cuenca, Arnauld Rouèche2014 Roman junior dès 9 ans (Poche)La Civilisation, ma Mère !...par Driss Chraïbi · Editions GallimardBasha PochCharlotte Erlih - ACTES SUD JUNIOREvelyn, May et Nell pour un monde plus juste,Sally Nicholls, Hatier, 2019Persepolis, Satrapi

Ada ou la beauté des nombresDeCatherineDufour,FAYARDMadame Einstein,parMarie BENEDICT,Valérie BOURGEOIS· Place des éditeursL'effet Mathilda,d'Ellie Irving, Editions Castelmore (dès 9 ans)Marie Curie, la scientifique aux deux prix Nobel,de Ceka et Yigaël, Editions FatonMarie et Bronia, le pacte des soeursde Natacha Henry, Editions Albin Michel (Conseillé dès 14 ans)D'un combat à l'autre, les filles de Pierre et Marie Curiepar Béatrice Nicodème, Raphaël Gauthey · Nathan

La femme gelée, Annie ErnauxLe deuxième sexe, de BeauvoirLa femme indépendante, De BeauvoirUne vie, VeilMes combats, Simone Veil«Femme, réveille-toi !»: Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et autres écrits