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Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l'affaire Dreyfus

Plan

IL’âge d’or de la presse, de l’affaire Dreyfus à la crise du 6 février 1934

IIL’État et les débuts de la révolution audiovisuelle (jusqu’en 1968)

IIILa libéralisation progressive et la multiplication des médias depuis 1968

Rue La Fayette devant le siège du Petit Journal : Un Kiosque de publicité et de vente du Petit Journal en 1888.

Diapo 3

A la Libération, l’épuration entraîne un immense transfert de propriété des journaux, dont le nombre explose grâce au rétablissement de la liberté de la presse. Pour rompre avec les dérives des précédents régimes, la presse obtient un statut garantissant son indépendance vis-à-vis des pouvoirs. Les nouveaux titres, souvent engagés, favorisent l’avènement de chroniqueurs et d’éditorialistes, journalistes d’avant-guerre tels Pierre Lazareff et Hubert Beuve-Méry, ou de nouveaux venus tels Françoise Giroud ou Raymond Aron. Le succès est là pour les titres associés aux conflits de l’époque: L’Express et l’Indochine, France Observateur et Témoignage chrétien et l’Algérie. Parallèlement à la presse d’information se développe une presse spécialisée illustrée alors que la télévision ne s’impose que lentement. Cette presse de loisirs, tels L’Équipe, Elle, ou la presse à destination des jeunes publics, accompagne les mutations sociales du pays.La qualité du journalisme permet alors d’endiguer une crise latente de la presse. Outre l’apport des éditorialistes et chroniqueurs, le succès des journaux d’information provient du reportage, surtout social et politique, au tournant des années 1960. La libéralisation progressive des moeurs, l’accélération des événements sur fond de guerre froide et de luttes sociales amènent la couverture de sujets plus diversifiés répondant aux nouvelles aspirations culturelles. Reflet de cette évolution, L’Express et Le Nouvel Observateur bien sûr, ou encore Le Point créé en 1972. Mai 1968 provoque la création de titres irrévérencieux (Hara-kiri hebdo) mais aussi d’une nouvelle presse militante et, quelques années après, de journaux issus de la contre-culture (Actuel, Libération).Ce renouveau éditorial ne saurait cacher la persistance de la crise : le tirage des quotidiens diminue dès 1969, et de grands titres disparaissent (Combat). Le renouveau attendu des mutations technologiques n’a pas lieu, et celles-ci sont un facteur supplémentaire de fragilisation. Pourtant, de nouveaux titres naissent encore : Politis, L’Événement du jeudi…Et aujourd’hui ?La fin du XXe siècle n’est guère propice à la presse généraliste qui s’installe petit à petit sur Internet et aligne insensiblement son format papier sur les pratiques en ligne : plus d’illustrations, articles plus courts, goût croissant pour les sujets anecdotiques. En 2002, le succès des journaux « gratuits » (Métro, 20 Minutes), entièrement financés par la publicité, ravive les inquiétudes des quotidiens payants dont le lectorat diminue. Afin d’enrayer ce mouvement, beaucoup développent des suppléments (Le Figaro magazine, Le Monde 2) qui se concentrent sur des sujets de société ou de loisirs, ce climat morose n’affectant pas toutefois la presse spécialisée. Dans ce paysage, certains tentent d’exister uniquement sur Internet (Rue 89, Bakchich, etc.) tandis que d’autres projets journalistiques se détournent du numériquepour s’intéresser aux reportages (XXI, Le Tigre, Six mois) ou miser sur la photographie (Polka), espérant ainsi redonner du sens à l’information.

Au cours du XIXe siècle, la presse se développe en France et devient un canal d’information de masse. De nouveaux dispositifs économiques et des formes éditoriales inédites bouleversent les modalités de la communication. Ainsi nomme-t-on « Civilisation du journal » la période qui court de la monarchie de Juillet à 1914. Concentrée sur les « grands boulevards » parisiens, la vie qui émane des journaux se répand dans les rues par le biais de crieurs, des brasseries où de célèbres chroniqueurs tels Alphonse Karr ou Aurélien Scholl animent des débats en prise directe avec l’actualité. D’abord oratoire, comme en témoigne la vogue des feuilletons, le métier de journaliste connaît une évolution vers 1885 avec l’émergence du modèle rédactionnel anglo-saxon et d’une professionnalisation de la transmission de l’information. Les figures du journaliste, puis du grand reporter, apparaissent, ainsi que des formes nouvelles, comme l’interview.Diverses innovations industrielles et économiques telles les rotatives ou la linotypie font du journal vers 1900 un produit rentable et de bonne facture. Mais c’est une loi, celle du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui permet aux journaux d’acquérir une place prépondérante dans la cité entre 1881 et 1914. […] Les principaux journaux se dotent d’un appareil complet incluant imprimerie, portage, transmission, correspondants. Le journal s’adresse désormais à toutes les classes sociales, propose jeux ou feuilletons et couvre les faits divers. La presse est devenue ce « quatrième pouvoir » redouté des politiques. La culture du journal est à son apogée : après le premier conflit mondial, la presse ne retrouvera jamais le même niveau de diffusion et d’influence.

La guerre de 1914-1918 marque une première césure. Les difficultés furent nombreuses :main-d’oeuvre mobilisée, pénurie de papier … Le ministère de la Guerre impose un contrôle préalable et prends des sanctions, voire interdit des titres. Le refus de l’accès au front aux agences et aux photographes amène enfin une pénurie d’images. Cette censure se double d’une participation de la presse à la propagande, le « bourrage de crâne », qui jette un discrédit durable sur la profession.Aussi, décriée pour son propagandisme, la presse voit-elle, entre-deux-guerres, stagner sa diffusion, et baisser le nombre de ses titres. Hausse du prix et crise du lectorat touchent les quotidiens politiques, mais épargnent quotidiens régionaux et hebdomadaires. Du nationaliste Je suis partout au communiste Regards, nombre de titres apparaissent exprimant des positions radicalement opposées dans un contexte de tensions politiques, sociales et internationales. […]La débâcle de juin 1940 plonge la presse dans une crise sans précédent. La quasi-totalité des grands titres disparaissent, par sabordage, par mesure de l’occupant ou du gouvernement de Vichy.Attentisme, collaboration, censure, propagande étatique et contrôle strict de l’opinion précipitent le déclin de la presse. Le public se détourne de journaux jugés pro-allemands. Il manifeste son intérêt pour toute information non officielle, faisant ainsi le succès de la presse résistante, pourtant illégale : Défense de la France, Combat, Libération ou Le Franc-Tireur, lus malgré la répression par plusieurs centaines de milliers de personne en 1944. C’est à ces titres, qui portent une exigence de rupture et de renouveau, que la presse doit son salut après-guerre.

Avant la Première Guerre mondiale environ 300 quotidiens sont publiés pour un total de 10 millions d'exemplaires, rédigés par près de 6 000 journalistes.Les quotidiens les plus populaires :Le petit journaletLe petit parisientirent ensemble à 2,5 millions d'exemplaires par jour.La presse devient donc unmédia de masse

L'affaire Dreyfus (1)

Condamnation

Dégradation

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L'affaire Dreyfus (2)

Diapo 5

Français, voilà huit années que je vous le répète chaque jour !!! Dessin de Chanteclair, La Libre Parole illustrée, n°70, 10 novembre 1894

"J'accuse", la célèbre une du journal l'Aurore du 13 janvier 1898

Deux intellectuels, deux choix !

L'affaire Dreyfus (3)

Emile Zola

Edouard Drumont

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Affiche publiée en 1898 dans le supplément gratuit du journal Le Siècle favorable à la révision du procès.

Affiche publiée en 1898

L'affaire Dreyfus (4)

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L'affaire Stavisky (1)

Le contexte des années "30" en France

Ouvriers attendant la soupe populaire, dans le 3è. arrondissement de Paris, vers 1930

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L'affaire Stavisky (2)

Le contexte des années "30" en France

Affiche électorale de 1936

Une solution expéditiveCaricature de Paul Iribe paru dans le Témoin, Hebdomadaire d'extême droite, 4 février 1934

Diapo 9

L'affaire Stavisky (3)

Les visages d'Alexandre Stavisky : à gauche, une photographie d'anthropométrie judiciaire où il a l'apparence sous laquelle il est le plus connu ; à droite, le visage composé pour se dissimuler et brouiller les pistes vers 1926.

L'affaire Stavisky est le pétexte à une manifesationdes ligues d'extrême droite à Paris le 6 février 1934

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9 janvier 1934 L'affaire Stavisky Le 9 janvier 1934, les Français apprennent la mort par balle du financier Alexandre Stavisky. * Une mort suspecteL'homme était recherché par la police suite à un détournement de fonds au Crédit municipal de Bayonne. Son cadavre est retrouvé dans un chalet de Chamonix. Il s'agit apparemment d'un suicide mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques d'avoir fait assassiner l'escroc pour l'empêcher de dénoncer ses complices. Le scandale Stavisky est peu de chose comparé à celui de Pananma ou à ceux des vingt dernières années (écoutes téléphoniques, Crédit Lyonnais, Elf...). Il ne met en cause ni un président de la République, ni même un quelconque ministre mais seulement une demi-douzaine de politiciens de second rang qui se sont compromis avec Stavisky dans le trafic d'influence. Son retentissement n'en est pas moins immense. * Désenchantement C'est qu'après les années d'espoir qui ont suivi l'hécatombe de 1914-1918, la France est affectée par une crise à la fois économique et politique. La mort de Stavisky met brutalement à jour toutes les rancoeurs. Les xénophobes s'en prennent à une politique de naturalisation trop laxiste (Stavisky est un juif d'origine russe). L'Action française royaliste, les ligues populistes de droite et les communistes dénoncent à l'envi la décadence de la IIIe République. L'indignation populaire entraîne la chute du gouvernement radical-socialiste. Édouard Daladier remplace Camille Chautemps à la présidence du Conseil. Il destitue aussitôt le préfet de police Chiappe, suspect de sympathie avec les ligues de droite. Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à l'Assemblée nationale le nouveau gouvernement. Dans le même temps, une grande manifestation est organisée à Paris, place de la Concorde, à l'appel des ligues, de l'association d'anciens combattants Les Croix de Feu ainsi que de mouvements communistes, sur le thème : «A bas les voleurs !» La manifestation dégénère. La police tire. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés. Trois jours plus tard, une contre-manifestation dégénère à son tour et fait 9 morts. Edouard Daladier doit céder la place à Gaston Doumergue à la tête du gouvernement. Non sans mauvaise foi, la gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d'État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes. Par ricochet, l'affaire Stavisky va ainsi contribuer à la victoire du Front Populaire de Léon Blum aux élections législatives de 1936.....

L'affaire Stavisky (4)

Deux façons de présenter l'information

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Plan

IL’âge d’or de la presse, de l’affaire Dreyfus à la crise du 6 février 1934

IIL’État et les débuts de la révolution audiovisuelle (jusqu’en 1968)

IIILa libéralisation progressive et la multiplication des médias depuis 1968

La guerre des ondes 1939-1945

De Gaulle à la BBC

BBC vs Radio-Paris

De Gaulle et les médias, 1940-1945 (1)

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Conférence de pressse du 19 mai 1958

De Gaulle et les médias, 1958 (2)

Le 13 mai 1958, les pieds noirs, aidés de l'armée, prennent le contrôle de tous les lieux de pouvoir à Alger. Ils ont peur que le gouvernement accepte l'indépendance de l'Algérie. C'est une grave crise qui va amener le retour de De Gaulle alors encore"en retraite."

JOURNAL FRANCE SOIR - 03/06/1958

JOURNAL FRANCE SOIR - 20/05/1958

Diapo 14

Plan

IL’âge d’or de la presse, de l’affaire Dreyfus à la crise du 6 février 1934

IIL’État et les débuts de la révolution audiovisuelle (jusqu’en 1968)

IIILa libéralisation progressive et la multiplication des médias depuis 1968

Mai 68

Le contexte des années "60"

De Gaulle et les médias, 1968 (3)

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«Quand la France s’ennuie»Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c’est l’ennui. Les Français s’ennuient. Ils ne participent ni de près, ni de loin aux grandes convulsions de ce monde […]. La guerre du Vietnam les émeut, certes mais elle ne les touche pas vraiment. La jeunesse s’ennuie. Les étudiants manifestent. Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n’en trouvent pas […]. Heureusement, la télévision est là pour détourner l’attention vers les vrais problèmes : […] l’encombrement des autoroutes, le tiercé qui continue d’avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France […]. La télévision est faite pour distraire : ainsi le calme règne-t-il.Pierre VIANSSON-PONTE, «Quand la France s’ennuie», Le Monde, 15 mars 1968

L'Office de radiodiffusion-télévision française créée en 1964

La révolution audiovisuelledes "30 glorieuses"

l'un des candidats à l'élection présidentielle de 1965

De Gaulle et les médias, 1968 (4)

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Des professionnels du spectacle manifestent "pour une information libre et l'autonomie de l'ORTF" devant la Maison ronde © AFP / Jacques Marie

Extraits de "68" de Patrick Rotman

De Gaulle et les médias, 1968 (5)

Diapo 18

Les médias depuis 1981 (1)

Diapo 19

Les médias depuis 1981 (2)

Diapo 20

Les médias depuis 1981 (3)

Diapo 21

Les médias depuis 1981 (4)

Diapo 22

Les médias depuis 1981 (4)

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Pour le plaisir

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Noam Chomsky

Un petit dernier pour la route !Patrick Le Lay ancien dirigeant de TF1