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Transcript

Debout sur une table, le doyen des députés, Bailly, lève la main droite pour prêter serment au nom de l'assemblée que les députés ne se sépareront pas tant qu’ils n’obtiendront pas une constitution, c'est à dire un texte qui limitera les pouvoirs du roi. La main levée du président de l’Assemblée qui prononce le serment exprime la volonté collective et symbolise alors des députés unis et solidaires au-delà de leurs différences.

Au centre, un moine chartreux, un abbé et un pasteur protestant s’étreignent. En effet, quelques membres du clergé ont rejoint les députés du tiers état lors du serment du jeu de paume. Ils montrent la tolérance religieuse retrouvée. En 1791, au début de la réalisation de l’esquisse, ils symbolisent aussi la nouvelle Église constitutionnelle qui se forma à la suite de la Constitution civile du clergé en 1790, tandis que par la fenêtre, la chapelle de Versailles, symbolisant l’Eglise d’Ancien régime, est frappée par la foudre.

Par la fenêtre, la chapelle de Versailles, symbolisant l’Eglise d’Ancien régime, est frappée par la foudre.

Le vent qui souffle à travers les fenêtres et qui secouent les rideaux donne une atmosphère d’apocalypse et symbolise le souffle des évènements qui s'apprête à balayer la monarchie absolue.

Le peuple de Versailles regarde par la fenêtre et est donc témoin du serment des députés de ne pas se séparer tant qu’ils n’obtiendront pas une constitution.

Le journaliste Barrère rédige son journal « Le Point du Jour » et rend compte du serment des députés.

Les corps fusionnent et les gestes des participants convergent vers Bailly, maire de Paris et doyen du tiers état. La main levée du président de l’Assemblée qui prononce le serment exprime la volonté collective. L’œuvre symbolise alors des députés unis et solidaires au-delà de leurs différences.

C'est la question financière qui a justifié la convocation des États généraux, mais elle resta seule au centre des discussions. La réforme de l’État et la Constitution, souhaitées par une partie des députés, ne sont pas à l’ordre du jour. De plus, l’ouverture des États Généraux avait suscité une querelle de procédure : le tiers état souhaitait la réunion des trois ordres ainsi que le vote par tête, le vote par ordre donnant nécessairement la majorité au clergé et à la noblesse. Face au refus du roi, le tiers état se proclama Assemblée nationale le 17 juin 1789 et appela les deux autres ordres à le rejoindre. Le tiers état qui n'était rien devient la nation. Louis XVI fit fermer la salle de réunion des députés. Ces derniers se portent alors dans la salle du Jeu de paume. Le 20 juin 1789, ils prêtent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.

Le député Martin est le seul à avoir exprimé son désaccord avec le serment.

Mirabeau enflammé par l’éloquence rejette en arrière sa tête. La présence de ce modéré au côté de Robespierre qui occupe des positions bien plus radicales symbolise l'union des députés au-delà de leurs différences. Mais, en 1793, la vie politique française ne correspond plus du tout au contexte du tableau. Le fossé se creuse entre les modérés et les extrémistes ce qui rendit dépassée cette divinisation de l’unité nationale. Mirabeau, un des héros de l’année 1789, est devenu l’ennemi de la Révolution. Sa correspondance secrète avec le roi a été découverte. Aux yeux de l'opinion publique, il est devenu un traître. La toile ne fut jamais achevée.

Robespierre laissant exprimer son exaltation est placé en première ligne. Cela montre que l'esquisse n'est pas une représentation précise des évènements du 20 juin 1789. David met plutôt en scène les figures de l'Assemblée nationale constituante (1789-1791) au sein de laquelle Robespierre gagnera en popularité en devenant président du Club des Jacobins en 1790.

Le serment du Jeu de Paume, 20 juin 1789 (esquisse), Jacques Louis-David, 1791, Musée national du Château de Versailles.



Que réclament ces députés ? Comme le peintre met-il en valeur leur détermination ?